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LE CHRONIQUEUR DE NANTES xxxix
Cet Indiculus, œuvre de polémique dont le but évident était de créer un courant d'opinions contraire aux prétentions de l'archevêque de Dol, a été extrait presque mot pour mot de la Chronique de Nantes l. Il y a là une preuve certaine de l'autorité dont jouissait à Tours l'œuvre du chanoine nantais.
Lorsque la domination des comtes de Gornouaille se fut solidement établie à Nantes, et que, en face du nouvel état de choses, l'évêque Airard eut été forcé de quitter la cité, abandonnant au breton Quiriac l'administration du diocèse, ceux des prêtres nantais, qui étaient restés attachés à la cause de l'église de Tours, furent réduits au silence. D'ailleurs, à dater du concile qui se tint à Tours en 1060 2, le procès intenté à l'archevêque de Dol traîna quelque temps en longueur. Condamnés par les pères du concile de Saintes au mois de janvier 1081 3, plusieurs évêques bretons refusèrent de se soumettre aux décisions du concile, et ce procès ne fut terminé que cent ans plus tard par une sentence du pape Innocent III, qui obligeait l'évêque de Dol et ses sufïragants à reconnaître la suprématie de la métropole de Tours 4.
La conclusion, qui ressort des discussions précédentes, est que l'auteur de la Chronique de Nantes composa son œuvre entre les années 1050 et 1059. Chanoine de la cathédrale de Nantes, il semble avoir entrepris ce travail à l'instigation de l'évêque Airard. Sur toutes les questions religieuses, qui divisaient alors le clergé nantais, il avait adopté la manière de voir de la papauté, et, fidèle à l'église de Tours, il s'était rangé dans le parti hostile aux Bretons. Mais, en raison même des passions dont il subissait l'influence, ses opinions ne pouvaient être exemptes de partialité, et par conséquent il ne faut pas admettre sans contrôle tout ce qu'il a écrit relativement aux origines du différend entre l'église de Bretagne et celle de Tours.
Si l'on veut pousser plus loin la recherche de son identité, il