XL INTRODUCTION
est bon de faire observer qu'au temps où il vivait, les hommes doués d'une réelle instruction littéraire n'étaient pas nombreux. En dehors du voisinage des églises cathédrales, il n'existait alors que peu d'endroits où Ton professât les lettres et les sciences. Les Universités n'étaient pas encore constituées, et seules les écoles capitulaires fonctionnaient régulièrement dans les cités épiscopales. On sait que la direction de ces écoles était toujours confiée à un dignitaire du chapitre, habituellement au chancelier, qui avait sous ses ordres un certain nombre de maîtres des études. C'est, suivant toute vraisemblance, parmi les chanoines, chargés à la fois des soins de la chancellerie et des enseignements de l'école, qu'on peut espérer distinguer celui qui a rédigé la Chronique de Nantes. Malheureusement, sous l'épiscopat d'Airard, aucun d'entre eux ne s'est signalé d'une façon particulière à l'attention des érudits, et c'est à peine si de cette époque les noms de quelques-uns des membres du chapitre sont parvenus jusqu'à nous1. Une découverte ultérieure permettra peut-être d'élucider ce problème, qui ne me paraît pas comporter actuellement de solution plus précise.