‹ La chronique de Nantes (570 environ-1049)Chapitre 25 sur 117 · Histoire de Bretagne, p · texte numérisé non relu

Histoire de Bretagne, p

2. Interea Britlones, qui remanserant Nordmannis in Cornu Galliae subditi, consurgentes adversus eos qui se obtinuerani, in ipsis sollemniis Sancti Micliaelis omnes inter émisse dicuntur, qui inter eos morabantur, Nordmannos, caeso primum duce illorum nomine Felecan (Flodoard, Annales ad ann. 931).

3. Voici, d'après la Chronique de Saint-Brieuc (ms. lat. delà bibl. nationale, n° 6003, f° 85 r°, col. 1), le texte de ce fragment: Istevero Conanus primo patrem suum et matrem cum exigua familiola eorum a mensa et tutela Wichoeni Dolensis archiepiscopi relraxit, deinde patrimonia eorum et sua sibi viriiiter vindicans , eumdem archiepiscopum ad sedem

SOURCES DE LA CHRONIQUE xlv

Ces quelques récits, indépendants de la Chronique de Nantes, suffisent, je crois, à prouver que celle-ci n'est point le premier essai historique qui ait été tenté en Bretagne, et que le chanoine de Nantes du xi° siècle put mettre à profit plus d'une relation écrite par des devanciers. Nous ne possédons plus que des fragments épars de ces relations, qui, à l'époque où fut rédigée la Chronique de Nantes, devaient être nombreuses encore, et, suivant toute vraisemblance, notre auteur se réfère à ces œuvres disparues, lorsqu'il dit au chapitre xxvn, sicut in pluribus relationibus didicimus.

Il me reste à passer rapidement en revue dans la Chronique de Nantes les principaux passages qui me semblent ne pouvoir dériver que de ces annales bretonnes, dont je me suis efforcé de saisir la trace. En première ligne, je noterai l'invasion des Normands dans la Loire en 919, la prise et la dévastation des villes de Nantes, d'Angers et de Tours, le siège d'Orléans, tous événements, qui, au dire de l'auteur lui-même, se trouvaient relatés de son temps dans plusieurs écrits (ch. xxvni, p. 84-86). Je citerai encore les divers combats qui forcèrent les Normands à évacuer la Bretagne (ch. xxix, p. 89), la prise de possession et la restauration de la ville de Nantes par le duc Alain Barbetorte (ch. xxxi, p. 92), le traité de paix entre Alain et le comte de Poitiers, Guillaume Tête d'Etoupes (ch. xxxn, p. 96), le mariage du duc de Bretagne avec la sœur de Thibaut le Tricheur, comte de Blois (ch. xxxiv, p. 102 et 103), les derniers instants d'Alain Barbetorte (ch. xxxvi, p. 105), la régence de Bretagne, confiée à Thibaut le Tricheur et à Foulques d'Angers pendant la minorité de Drogon, fils du duc Alain (ch. xxxvn, p. 107-109), le siège de Nantes par les Normands en 960 (ch. xxxvin, p. 111), les guerres des comtes de Nantes, Hoël et Guérech, contre Gonan, comte de Rennes (ch. xxxix et xl, p. 113, 118 et 119), et enfin la lutte

propriam remisit. Nec his contentas, omnes alios consules, tune propter divisionem procerum regionis quasdam portiones seu partes Britanniae occupantes, debellavit, patriamque suae ditioni posuit, excepto comitatu Namnetensi, quem GedecaeLus cornes post Guerech contra ipsum Conanumet contra Gaufridum, filium dicti Conanî, défendit. Ce même texte est transcrit dans la compilation du xve siècle, dont M. de La Borderie possède le manuscrit. Il a été déjà édité par dom Morice dans les Preuves de son Histoire de Bretagne, I, 33.

xlvi INTRODUCTION

entre Conan, Foulques Nerra et Judicaël de Nantes, lutte qui se termina par la bataille de Conquereuil en 992 (ch. xlv, p. 127- 132). Tous ces épisodes sont racontés d'une façon trop précise et trop circonstanciée pour qu'il soit possible d'admettre que le chroniqueur de Nantes en ait eu seulement connaissance par des traditions orales. Il vivait plus d'un siècle après la plupart de ces événements, à une époque où la légende s'était déjà emparée de la vie d'Alain Barbetorte et de ses descendants, et la mémoire des faits authentiques que je viens d'énumérer aurait été alors très affaiblie ou même se serait tout à fait évanouie, si elle n'eût été fixée en quelque sorte dans des documents écrits par de plus anciens annalistes,

Je ne conclurai pas néanmoins de ce qui précède que tout dans la Chronique de Nantes doive être accepté comme vérité historique. Vers le milieu du xie siècle, il circulait à Nantes, comme ailleurs, une foule de traditions populaires et religieuses. Notre auteur n'a eu garde de négliger cette source de renseignements, particulièrement appréciés par ses contemporains. Les récits, recueillis par lui soit dans le peuple soit dans le clergé, se distinguent en général aisément du reste de l'ouvrage grâce aux détails imaginaires, aux prodiges ou aux miracles qu'ils contiennent.

Il en est ainsi du combat singulier entre Alain Barbetorte et un guerrier saxon sous les murs de Paris, combat dont Alain sortit vainqueur et dont l'heureuse issue aurait motivé la retraite de toute une armée allemande (ch. xxxiv, p. 99-102). Gomme Ta montré M. F. Lot, on récitait au xie siècle, dans l'ouest de la France, des poèmes épiques où ce combat occupait une grande place : toutefois, les Français attribuaient au comte d'Anjou, Geoffroy Grisegonelle, l'honneur d'une victoire que les Bretons reportaient à leur duc Alain Barbetorte l.

Ces sortes de contes dramatiques et peu vraisemblables se rencontrent dans quelques autres chapitres ; 1° le chapitre xxxvn (p. 109-111), où Foulques d'Anjou, tuteur de l'héritier du duché de Bretagne, enseigne à la nourrice du jeune Drogon le moyen de faire périr l'enfant en lui versant sur la tête, tandis qu'il serait

Page 1