Voir plus loin, p. 28, 40, 49, 50, 57 et
6. Rex Britannorum principi mandavit per [Actardum] ut si [Lam-
SOURCES DE LA CHRONIQUE lix
répond pas tantôt au contraire ses efforts sont couronnés de succès2. Notre chroniqueur avoue qu'il n'a pu retrouver aucune des lettres confiées à Actard par les souverains pontifes ; mais il connaît les suppliques envoyées au Saint-Siège par l'évêque de Nantes3. — Il semble, en un mot, que notre auteur ait eu entre les mains une partie de la correspondance privée d'Actard. Seule cette hypothèse peut fait comprendre d'une part pourquoi ses informations sur ce prélat sont conformes à ce que nous savons de source certaine, et d'autre part pourquoi l'ordre chronologique des événements est présenté d'une façon aussi défectueuse. Au moyen âge l'usage était de ne pas dater les lettres, et il est souvent impossible, même aujourd'hui, d'établir la véritable classification des anciens recueils épistolaires ; aussi n'y a-t-il rien d'étonnant à ce qu'un historien du xi° siècle ait complètement échoué dans une tentative de ce genre.
Je pense donc que le chroniqueur de Nantes a dû extraire de la correspondance d'Actard ce qu'il dit des démarches faites par cet évêque pour rentrer en possession de son siège, lorsqu'il en eut été chassé par Nominoé en 850 4, ce qu'il dit aussi de Gislard, ce prêtre vannetais, illégalement installé à la place d'Actard et qui, un peu plus tard, forcé de s'enfuir de Nantes, s'empara par violence du territoire de Guérande, s'y constitua avec l'appui des Bretons un diocèse indépendant et s'y maintint jusqu'à la fin de sa vie, en dépit des excommunications lancées contre lui par les papes et tous les évèques de Gaule 5. Le court séjour d'Actard à Thérouanne, bien qu'il soit cité à contre-temps G, la consécration du doyen Hermengaire comme évêque de Nantes, et l'élévation d'Actard au siège métropolitain de Tours7, sont autant d'événe-
bertum] a se expelleret, offensas sibi ab Mo factas dimitteret. Ad haec quoque episcopus ex parte sua addidit quod, etc., p. 28.