XIII. A B D E F
[Et, du roy Herispogius, dit l'acteur des Chronicques de l'église de Nantes que,] quand Nemenoius, son père, fut mort, il s'esleva et fut faulx roy comme luy ; toutesfois qu'il n'ensuivit pas sa tirannie, mais fut homme très débonnaire et vaillant restaurateur des églises. Et, faisant paix avecques Charles le Chauve, laissa à l'évesque Actardus le siège de la cité de Nantes : mais qu'il retint tousjours en sa puissance la marche et toute la comté.
Après laquelle paix faite, Gislard, crue le roy Nemenoius avoit institué évesque de Nantes, s'enfuit de ladite cité, et par la violence des Bretons se logea à la salle
a) urbem B. — b) Guerrandia A D.
1. Nominoc mourut à Vendôme le 7 mars 851. Cf. Guerres d'indépendance de ta Bretagne, livre cité, appendice, note G.
2. Le traité de paix entre Erispoé et Charles le Chauve fut signé à Angers dans les derniers mois de Tannée 851. Aux termes de ce traité, Erispoé conserva la possession du comté de Nantes et dîme partie de l'Herbauge, connue sous le nom de pays de Retz (Ann. Berlin., ad ami. 851).
Guérande, Loire-Inférieure, arr. Saint-Nazaire, chef- lieu de canton.
[c. xiii, an. 851-857] NAMjS
usurpative sedem suam, arripuit omnem parochiam Namnetieam1 a flumine Hereclaecusque ad Vicenoniamd et Semenonem6, et usque ad finem vitae suae a Romanis episcopis, videlicet Nicolao, Benedicto, ceterisque totius Galliae episcopis excommunicatus, sic eam violenter tentât2. Actardus vero, .volenti animo Tarvanensem ecclesiam dimittens, sedem Namneticam, cni fuerat ordinatus, recuperavit 3 ; alii autem episcopif7 qui ejecti fuerant, minime sedes suas recuperare potuerunt. Nam rex Karolus, adhuc a bellis fratris sui Hlotarii, ut praedicitur valde oppressus 4, et illas se-
ETENSE 43
Quiriacque, qui par lesdits Bretons hàbitans le lieu est maintenant appellée Guerrande, laquelle au temps de paravant estoit du droict des évesques de Nantes. Et là faisant Gislard usurpativement son siège fortrahit toute la parroesse de Nantes depuis le fleuve d'Erde jusques à celuy de Villaigne, et la tint yiolentement jusques à la fin de sa vie, excommunié par les évesques romains Nicolas et Benoist, et mesmement par tous les autres évesques de Gaule. Et adonc Actardus laissa de bon gré l'église de Chartres et recouvra le siège de Nantes, où il avoit premier esté ordonné : mais les
XIII. — c) Herdae B. — d) Yicenonam AD. — e) Selvenonem B. f) deest B.
1. Cette partie du diocèse de Nantes, comprise entre la Loire, l'Erdre, le Samnon et la Vilaine, constitua plus tard l'archidiaconé de la Mée.
2. H y a lieu, je crois, d'ajouter foi à ce récit des derniers actes de la vie de Gislard. Ce prélat, bien qu'il eût été condamné, dans un concile d'évêques francs, à être enfermé dans le monastère de Saint-Martin de Tours, put se soustraire à sa condamnation et se constituer, grâce à l'appui du duc des Bretons, un évêché indépendant, avec Guérande pour chef-lieu, au détriment du diocèse de Nantes. Après la mort de Gislard, le duc des Bretons réunit ce territoire à F évêché de Vannes, et ce fut seulement dans les premières années du xe siècle que les évêques de Nantes recouvrèrent le droit d'exercer leur juridiction dans cette contrée.
3. Ce fut en effet à cette époque, vers la fin de l'année 851, qu'Actard fut réinstallé dans son évêché de Nantes, mais il n'eut point à abandonner pour cela le diocèse de Thérouanne, dont il n'entra en possession que vingt ans plus tard. Cf. p. 41, note 1.