‹ La chronique de Nantes (570 environ-1049)Chapitre 88 sur 117 · XXIX. A DE F · texte numérisé non relu

XXIX. A DE F

1. L ile de Biesse est aujourd'hui comprise dans la ville même de Nantes. Il existe encore à Nantes une prairie qui porte ce nom, et deux rues appelées rue de Petite et de Grande-Biesse. — Gomme je l'ai dit plus haut, le récit de ce comhat, livré entre deux bandes de pirates sous les murs de Nantes, a dû être emprunté par notre chroniqueur à la vie de saint Gonvoion. Mais cet événement eut lieu en 856, au temps du duc Erispoé. C'est par erreur qu'il est rattaché ici à l'invasion de 919.

omnino longo tempore déserta remansit1; nain isti Normanni et alii, sperantes eam in potes ta te sua retiuere, ita déserta m consulte faciebanty ut cultores prae pavore eorum nunquam ad eam possidendam redirent. Sic que cintas Namnetica per plures annos derelicta, vastata et vepribus spinisque occupata remansit*, donec Alanus Barbatorta, Alani Magni nepos, surrexit et hos Normannos ab omni regione Britannica et a fluvio Ligeris, qui illis erat nutrimentum magnum, omnino depulsos dejecit. Iste vero Alanus cum rege Anglorum Adelstanno ab infantia fuit nutritus, corpore validus et fortiter audax, apros et ursos in silva minime curans eos cum ferro occidere nisi cum lignis silvaeb. Congregata navium parvitate, cum his Britannis, qui ibidem adhuc superstites erant, venit per licentiam régis revisere

[c. xxix, an. 919-937]

temps déserte sans aucuns habitans. Car ces Normans et les autres espérans la tenir en leur puissance de leur bon gré la faisoient déserte, affin que les cultiveurs pour la peur d'eulx jamais ne retournassent à la possider. Ainsi deraoura la cité de Nantes délaissée en gast par pluseurs ans et plaine de ronces, d'espines et de grans buissons {F, f° 129 v° et 130 r°), jusqu'à ce qu'Allain, surnommé Barbetorte, neveu d'Allain le Grand, s'esleva, qui débouta lesdits Normans de toute la région de Bretagne et du fleuve de Loire, qui leur estoit grand nourissement.

[Duquel Allain, dit outre ledit acteur de la Chronicque de l'église de Nantes, qu']il fut fort de corps, puissant et hardy, en tant qu'il ne claignoit occire les sangliers ne les ours par fer ne par glaive, mais avecques un baston seulement. Si assembla en An-

XXIX. — a) nam isti Normanni etc. usque ad occupata remansit desunt AD; addenda et sic restituenda esse videntur ex E et F. — b) apros et ursos etc. usque ad lignis silvae desunt D. *

1. L'occupation de Nantes par les Normands dura dix-huit ans, de 919 à 937. En 921 et 927, la possession du comté de Nantes, que les pirates avaient en fait depuis plusieurs années déjà, leur fut officiellement reconnue par les Francs (cf. Annales de Flodoard, dom Bouquet, VIII, 177 et 184).

[c. xxix, an. 919-937] NAM NE

Britanniam \ Quum autem primum applicuisset Dolo monasterio, reperit ibidem turbam Normannorum nuptias celebrantem, quani ex improviso aggrediens detruncavit omnem c. Deinde, audiens quod apnd Sanctum Briocum alia habebatur, navigavit illuc et quoscumque invenit Normannos gladio interfecit. Hoc ru more audito, qui erant per totam Britanniae regionem dispersi, totam terrain dimiserunt. Britanni vero, Norman nis fugatis, ex totis partibus venientes ad Alanum, illum super se ducem erexerunt et constitue ru ni 2. Interea, dum haec agerentur, auditum est quod a pue! urbem Namneticam magna Normannorum phalanga habebatur, qui ipsam urbem volebant habitare.

rENSE 89

gleterre petit nombre de nefs, et, après ce qu'il eut prins congé du roy Adelstane, repassa en Bretagne avecques les Bretons, qui encores luy estoient demourez : et, comme il arrivast premièrement au monastère de Dol, il y trouva une tourbe de Norman s qui célébroient festes, nopees et esbatemens, laquelle il assaillit en despourveu, et la détrancha et mist en pièces. Et de là en après pour ce qu'il entendit qu'à Sainct-Brieuc y en a voit une autre multitude, il nagea celle part, et occist tout ce qu'il en trouva.

Et, quand les autres qui estoient dispersez par toute la région oïrent celle rumeur, ils délaissèrent la terre. Et les Bretons, qui ainsi les eurent chassez, convindrent de toutes parts à Allain, lequel

Page 1