‹ La chronique de NestorChapitre 10 sur 43 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Partage de la terre après le déluge. — Pordon de Sem, de Cham et de Japhet. — La grande colonne. — Confusion des langues. — Orîgîne de la langue slaronne. — Peuples issus des Slares. -^ Fondation de de Novgorod.— Chemin de la Yarégie en Grèce. -— Yoyage de Pa» pôtre saint André, — Prophétie sur Kiew. — • Bains des Slaves. — «' Les trois frères. — Fondation de Kiew. — Peuples tributaires de la Russie. — Mœurs des Polaniens , des Dtevliens, des Radimitches, des Yiatitches, des Sévériens, des Krivitches. -—Usages des différens peuples du Nord. — Les Polovtzi , les Khozares.

Commençons notre récit («). Après le déluge, les trois enfans de INoé, Sem, Cham et Japhet^ partagèrent la terre entre eux. Sem occupa TOrient, la Perse, le Vater jusqu'au-x Indes, dans toute sa

a ^ CHRONItJtJÊ DE NESTOR.

longueur et sa largeur, et juscju'à Nîrokurie : et pour en bien fixer les limités, j'ajouterai que sa domination s^^eiïdait de f Orient juAfa'au Midi, et comprenait les pays suivans : la Syrie, la Mëdie, le fleuve Euphrate , Babyioae, Xorduna, l'Assyrie, la Mésopotamie , la plus ancienne Arabie, Fllumaîs et les Indes; la puissante Arabie, le Chili, la Kolginié et la Phenicie.

Cham posséda la partie méridionale, savoir : l'Egypte, l'Ethiopie, qui confinait aux Indes^ avec l'autre partie de l'Ethiopie, d'où découle le fleuve Tscherman (le Ni^er), qui court vers l'Orient, et rencontre la Phibulie, jusqu'à la Cyrinie, la'Marmarie, la Suritoulibie, la Numidie, la Masirie, la Mauritanie, qui est située vis-a-vis de Gadira. A l'Orient, il possédait là Cilicie, la Pamphilie, la Pisidie, la Maesie, la likaonie, laPhrygie, la Makalie, la Ligie, la Carie, la Lydie ; Amasie, Troye, Soliude, la Bythinte « Fawcienne Kirygie. Les îles qui eti outre lui appartenaient,, étaient celles de Sardaigne, de Crète., de Chypre proche le fleuve Hion, que Ton nomme actuellement le Nîl.

Quant à Japhet, il reçut le nord avec le midi occideBtal : l'Albanie, la petlhe et ki grande Arinénie , la Cappadoce, la Pànphiagonie , laGalatie, la Colchide, la Vespérie, la Méolidie, la Drebie, la Sarmaitie, la Tabrianie., ia Scnphie et la Thraceg la Macédoine, la Dalmatie, le .pays des Molosses, la Tbes^ salie, la Locrie, la Pélénie, qui fut aussi appelée Pék^fièse : l'Arcadie, TEpire, l'iilyrie, la Slobé-

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nie, la Luchorie, FAdriatié, avec la mer Adriatique. Il eut en outre lés îles Britanniques j la Sicile, FEubëe, Rhodes, Ghiôs, Lesbos, Cythère, la Céphalonie, Sagunte, Ithaque, Corcyre, avec une partie du pays qui fiit appelle lonie, et le fleuve du Tigre, qui coule entre la M^ie et Babylone, jusqu'au Pont. Au iiord, le Daâube, le Dnieper et lès monts Caucasiens, Ou monts des Ougres. En outre, jusqu'au Dniéperj les autres fleuves, tels que la Desna, 1^ Pripette, la Dvina, le Volchov^, le Volga jusqu'à l'est, tombèrent dans le partage de Sem.

Dans la portion de Japhet demeuraient le* îlus-> ses, les Tchoudes et beaucoup df autres pëiidles ^ tôls <iue les Mériens, lesf Muromiens, les Veâses-, les Mordvicns, les Transvolocaniens, les Permieri/, les Petchères, les Jamiens, les Litvâns, les Zemgalliens, les Korses^ les Létgalliens et les Libés : davantage les Leckes, les Prusses et les Tchoudes, qui demeuraient sur les côtes de la mer dite des Varègues, ainsi appelée, attendu que près dé cette mei', a l'est, en-deçà des limites de Sem, et à l'ouest de cette même mer du c6té des Anglicans, s'clendait jusqu'en Volodiie le pays des peuples Varègues. A la race de Japhet appartenaient les Varègues, les Suèdes, les Urmaniens (les Normands), les Anglais, les Gaulois, lesl^Qrlagiens, lesVènèdes, les Phrégoviens. Les autres peuples qui hai)itent pliis au midi, sont les voisins de la postérité de Gham.

Sem, Gham et Japhet se partagèrent donc la terre, et tirèrent au sort, afin que personne d'entre

eux ne put empiéter sur la portion de son frère. Ils vécurent alors chacun dans leur héritage^ et il n'y eut qu'une langue. Mais les homn^s s'étant multipliés sur la terre, ils résolurent d'édifier une colonne qui montât jusqu'au ciel, et de construire une ville à l'entoùr, dii nom de Babylone. Et ils travaillèrent à cette colonne durant quarante ans, sans toutefois pouvoir l'achever. Et le Seigneur ,Dieu vint du Ciel pour voir la ville et la ^colonne , et dit : et Voici des gens qui ne forment qu'un peuple, et qui n'ont qu'une langue, w Puis le Seigneur confondit les mois <le cette langue, et les divisa en soixante-douze, dialectes qu'il dissémina sur la surface de la terre. Après que Dieu en eut ainsi disposé, il ordonna aux v^nts de renverser la colonne, et oe sont ces débris qui, en long et en large, montèrent a cinq mille quatre cent trente-trois aunes, qui furent conservés entre l'Assyrie et Babylone, pendant plusieurs siècles.

Après la chute de la colonne et la confusion des langues, les fils deSem occupèrent les contrées orien* taies; ceux de Japhet, les contrées de l'occident et du septentrion. De ees soixante-douze langues est venue la langue slavonne , par les descendans de Japhet, que l'on appela Noriciens, et qui ne sont autres que des 51aves, qui ne prirent, il est vrai, qu'après de longues amièes, ce nom de Slaves. Us s'établirent près du Danube, dans le pays des Ougres et des Bolgares. Quelques-uns de ces Slaves se sont dispersés sur la terre, et ont pris les noms des lieux où ils s'établirent;

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par exemple , ceux qui peuplèrent les bords de la Morava, se nommèrent Moraves, et d'autres Tchèques, Les Corvates blancs^ les Sèrbes^ et les Chrovates sont également des Slaves. Mais bientôt les Vôloches attaquèrent les Slaves qui demeuraient près du Danube, et les expulsèrent. Quelques-uns de ceux-ci s'établirent proche de la Vîlsâ, et furent appelés Leckes; partie des Leckes se nommait Polaniais^ d'autres Loutitches^ Masoviens etPoméranîens. C'est d'eux que vinrent aussi les Slaves qui habitèrent le long du Dnieper^ quelques-uns conservèrent le nom de Polaniensj d^autres prirent celui de Drevliens, parcequ'^s restaient dans les forêts j d'autres celui de Drégovitches ; et s'établirent entre la Pripette et la Dvina ^- d'autres^ proche de la Dvina, furent appelés Polotaniens, à cause d'une petite rivière qui coule dans la Dvina, et qui porte le nom de Pelota; enfin, les Slaves qui s'établirent près du lac Ilmen, conservèrent leur propre dénomination , et y élevèrent une ville, qu'ils appelèrent la Ville- Neuve, (Novgorod); d'autreç, enfin, se retirèrent aux environs du fleuve de la Desna, a Semi et a Sul, et prirent le nom de Sévériens. C'est ainsi que la langue slavonne fut dispersée : quant à ses lettres (son alphabel), elles prirent naissance plus tard.

Il existait un chemin pour aller de la Varégie en Grèce, et un autre pour aller de la Grèce chez les Lovotes; et l'on revenait de chez les Lovotes par un passage sur la grande mer d'Ilmen. De cette mer jaillit le Volçhow , qui coule dans le grand lac de la Neva ^

doût l'embouchure est dans la mer dés Yarègues. Or^ de cette mer on pouvait aller jusqu'à Bome^ et de Rome^ par la mer également^ jusqu'à Tzaragrad (^). De Tzaragrad on peut aller sur la mer du Pont^ dans laquelle se jette le Dnieper.

Le Dnieper prend sa source dans les forêts du Yolko'Vf, et coule au midi; tandis que la Dvina ^ qui prend sa source dans les mêmes forêts, coule au nord, et se jette dans la mer des VarègUes; de ces mêmes forêts, coule à l'ouest le Volga, dont les soiiante-dix bras se jettent dans la mer Ga^ienne; de cette mer, par le Volga,' on peut venir de Russie en Bolgarie et en Chvalisie, et atteindre^ du côte de Fouest, les possessions de Sem ; aller par la Dvina jusqu'en Varëgie^ par la Varëgie jusqu'à Rome , et de Rome jusqu'aux possessions de la postérité de Gham. Le Dnieper, avec ses trois emljouchures, tombe dans la mer du Pont, appelée aussi mer des Russes. G'est par cette mer, à ce qu'on dit, que vmt endoctriner saint André, frère de saint Pierre. Après avoir prêché la parole de Dieu k Sinope,. André vint en Khersonèse, où il apprit que le cours du Dnieper n'était pas loin de Kherson. Il résolut de se rendre à Rome ; il gagna donc l'embouchure du fleuve, s'embarqua, et prit terre une première fois au pied d'une montagne. G'est de là qu'il dit à ceux de ses disciples qui l'accompagnaient : « Regardez cette » montagne, car c'est ici qu'éclatera la grâce de % Dieu; ici brillera bientôt une immense cité où le )) Seigneur aura de nombreux autels. » Puis étant

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