‹ La chronique de NestorChapitre 11 sur 43 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

monte au spmiiAet de 1» moutagne^ il fit le signç de Ja croix, et pria. Cçst en çffet au même endroit; que fut fondée et bâtiç la ville de Kiew* '

Saint Andréa continuant sa iKiYÎgation;, débarqua ensuite chez les Slaves de Novgorod, et séjourna quelque temps parmi eux. Il étudia leurs mçeurs, visita leurs bains ^ et vit avec surprise cet exercice, qui chez ces peuples consistait principalement à se fustiger avec de petites verges. Ensuite, il se rendit en Varégie et delà à Rome, où il parla des peuples qu'il avait endoctrinés; il raconta ce qu'il av^it observé dans ses voyages. i< J'ai vu, divil> l'admirable pays » des Slaves, et me suis plu à visiter leurs éiuves : » elles sont construites en bois ; ils ont ^in de Içs » chauffer le plus qu'il est possible ; puis ils jettent » . leurs vétemens , et se plongent tous nus dans une » eau savoneuse^ ils çmt des verges dont ils se fla- » gellent mutuellement, et jusqu'à s'oter la r^ira- » tion j après quoi ils se plongent dans l'eau firoide. » C'est un exercice qu'ils réitèrent plusieurs fois par » jour. Et voilà comme, à l'abri de la tyrannie., les » Slaves se tourmentent eux-mêmes, et font du bain » non point un plaisir, mais un véritable suppliqe (^) . » Ce récit surprit tout le monde. Aprèç son voyage à Rome, André revint à Sinope.

Les familles des Polaniens, réunies en corps, avaient leurs chefs respectifs, comme jusqu'à ce jour ont encore leurs descendans. Chacun vivait avec sa tribu dans sa propriété, et dirigeait sa maison. Or, parmi eux se trouvaient tij'ois frères, dont

Tun se nommait Kii, l'autre Schtchek; le troisième Chofiw ; ils avaient une sœur nommée Lubédie. Kîi demeurait sur la montagne oii^ est actuellement Sboritchew, Sçhtchek sur celle où se trouve Schtchekoviza , et Choriw, sur une troisième, appelée depuis de son nom^ Choriwitza. Ils bâtirent une petite ville qu^ils nonunèrent Kiew, du nom de leur aîné. Autour de cette ville se trouvaient une forêt et un grand bois de pins ; ils y allaient pour cliasser les bêtes sauvages, car ils étaient adroits et prudens. C'e^t d'eux que descendent les Polaniens de Kievi^ de nos jours. Quelques personnes qui ignoraient cette particularité, ont dit que Kii était un batelier, attendu qu'il y avait proche * Kiew un endroit dti Dnieper que l'on prenait pour se rendre à la ville, et à-propos duquel on a conservé ce dicton : « Qui veut aller à Kiew? voici le passage de Kii. )) Cependant si Kii n'eût été qu'un batelier, îl n'eût pu faire le voyage de Tzaragradj mais il était le chef de sa tribu, et il se rendit près du tzar, je ne sais pas lequel ; seulement, je tiens de la tradition qu'il fut reçu avec de grands honneurs par le tzar ; vous dire lequel, je ne le sais pas plus quelle nom de ceux avec qui il a voyagé; à son retour dans son pays, il suivît le Danube; arrivé à un certain endroit du rivage, il en admira le site, et il s'y plut tellement, qu'il y bâtit une petite ville, que les peuples des bords du Danube nomment encore de nos jours Kiewez; il voulut même l'habiter avec sa tribu ^ mais les peuples des environs ne le lui permirent pas*

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