‹ La chronique de NestorChapitre 16 sur 43 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Bérolte des Drerliens. — Siméon , rordes Bolgarei. — Le fiiToriSTen* teld. *— Apparition des Petchenègaes en Russie. — Prise d^Andrinople par les Bulgares. — Irruption d'Igor en Grèce. ^ Cruautés des Russes. — Ils sont défaits. •— Le feu ailé. — Nouvelle expédition contre Tzaragrad. — Les Grecs demandent la paix. — Deuxième traité entre la Grèce et la Russie.— 'Les ambassadeurs deTempereur àKiew. -.-Formalités du serment. — » Ler Drevliens, surchargés d^impôts, se sonlèveiit, et massacrent Igor et sa suite.

L'an 6421 (gxî), après la mort d'Oleg, Igor commence à régner. C'est aussi à cette époque que le tzar Constantin, fils de Léon, monte sur le trône.

Les Di'evliens s'unissent contre Igor. Au commencement de Tannée suivante, le fils de Rurîk marche contre ces révoltés; il les soumet, étales oblige à lui payer un tribut plus fort que celui qu'ils payaient à Oleg. Cette année- là encore, Siméon,.à la tête des Bolgares, se dirige sur Tzaragrad; mais il ne tarda pas a faire la pait et a revenir sur ses pas.

Igor avait un voiévodenommé Sventeld, qui opprimait lesOugUtchis; Igor s'était contenté de lever sur

ces peuples un tribut dont il avait abandonne le profit à Sventeld. LesOuglitchis qui habitaient Pérësiecz^ ne se plièrent pas si facilement au joug. Oleg les assied gea duranj; trois années^ et ne se rendit msdtre de- leur ville qu'avec beaucoup de peine. Les Ouglîtchis quittèrent leur pays, et vinrent se rëfiigicr sur les côtes du Dnieper, où ils s'établirent. Outre ses premières largesses,. Igor abandonna encore à Sventeld le tribut qu'il leva sur les Drevliens : ce tribut consistait ei> une martre noire par cheminée. Cependant les troupes^ mécontentes , direnit à Igor : « Tu donnes tout à cet hommè-là(i}. » *

L'an 64^3 (915), les Petchenègues apparaissent pour la première fois en Russie ; ils font la paix avec Igor, et gagnent les rives du Danube. Dans le même temps^ Siméon parcourt^la Thrace et y fait le dégât; Les Grecs ont recours aux Petchenègues : ces peuples,, pour répondre à cet appel, arrivent, et veulent com* battre Siméon, mais les voiévodies grecques s'irri-* tent à la vue de ces nouveaux auxiliaires ; les Petchenègues, ne se souciant pas de se brouiller avec les^ habitans du pays, reviennent sur leurs pas (^) ^ Les Bolgares alors attaquent les Grecs, et les mettent en- pièces. Siméon s'empare de la ville d'Adrien, autrefois connue sous le Xkoux de ville d'Oreste (du nom du fils d'Agamenanon).. En voici l'histoire : a Ce prince, étant un jour malade, s'était baigné dans trois rivières des environs de cette contrée j il guérit, et par reconnaissance il bâtit cette ville et lui donnason nom. Mais depuis, l'empereur Adrien l'ayant res-

Digitizéd by

54 CHROKIQUE DE NESTOR.

taurëe^ elle ne fut plus désignée que sous le nom ée ce prince. Aussi l'appelons -nous Andrinople, ou ville d'Adrien (3).

De 6424 a 6428 ^9x6 à gao ) , Romun devint empereur des Grecs. Igor fait la guerre aux ÏPetchenègues.

De 64^9 a 6437 (9aoi9à9)^ Simcoii^ toujours çn guerre avec la Grèce, et à la tête d'une puissante aitnée ravage la Thrace , la Macédoine, et s'avanée plein d'orgueil sur Tzaragrad. Le tzar Roman le force enfin à k paix, et l'obKgea la retraite.

De 6438 à 644^ (929 i 934), les Ougres, pour la première fois s'approchent de Tzaragrad, et ravagent toute la Thrace. Paix de Pempire avec eux.

L'an 6438 (9*0), Olga donne à son éponx Igor un fils qui reçoit le nom de Sviatoslaw (4). ^

De 6443 à 6449 (94^ i 94i ) ? ^ë^^ ^ "^^^ ^^ mouvement pour aller attaquer les Grecs. Les Bblgares donnent au tzar l'avis que les Russes s'avancent avec dix mille vaisseaux. Geux-d arrivent en effet, et commencent par attaquer la Bythinîè, puis dévastent le Pont jusqu'à Heraclée et la Panphïagbtiie; ib ravagent la Nicomédie, et portent partout le fer et la flamme. Les prisonniers qu'ils font sont horriblement mutilés, les uns crucifiés, les autres coupés en moi^ceaux^ ils placent ceux-ci comme en faction, et se.plaisent à les percer de flèches. A ceux-là ils lient les mains derrière le dos, et leur entrent dans la tête de longues broches de fer. Ils pillent et incendient les saintes églises, les monastères, les bovirgs et

16 on. ' §S

villages^ et. font de tous côtés un licàq b«vim (^), Maïs arrivent les troupes d'Orient : le général Pànthir esta k tête dequatorzemille hommes; il est suivi du praticien Pl^E>cas, qin conduitïes Macédoniens^ dû stratilat Théodore, que suivent les Thraces, et d'une foule d'autres illustres boyards. L'armée grecque approche et cerne les Russes. CeBXrci se consultent et décident qu'il faut s'armer et nuircber contre l'ennemi. Aussitôt un combat des plus vifs s'engage, à/ la sciite duquel l'avantage, long^temps disputé , reste aux Grecs. Cependant les Russes, k la cbute du jour, réussissent à opérer leur retraite avec le reste de leur armée ^ puis à la faveur de là nuit s'embarquent en toute hâte et gagnent le large. Théophanes (^) se met à leur poursuite avec quelques vaisseaux : c'est alors qu'armé d'uneespèee de feu ailé (7), et au nw>yen d'un certain tuyau il lance la flanune sm* les navires russes : specjucle aussi ef&ayant qu'extraordinaire! Les Russes^ à l's^ect de ce feu magique, se précipitent à la mer pour échapper à son atteinte, et parviennent en très^ petit noçibre à regagner leur pays. A leur retour, voici ce qu^ils. dirent k leurs compatriotes : «c Les Grées ont un feu qui parcourt l'air aussi promptement que Té^ ekir ^ ils l'ont kncé sur nous et ont brûlé nos vaisseaux : voila pourquoi nous m'avons pu les vaincre (^). i> Mais à peine remré à Kiew, Igor ne s'occupe plus qu'a rassembler de nouvelles troupes; i^ envoie 'au-delà des mer^^, chez lesî Varègues, et les sollicite k venir se joindre à lui pour aUer se venger des Grecs.

L'année 645o (94»), Siméon fait la guerre aux

Ghrovates; mais il est yaîncu, et meurt, laissant son fils Pierre, prince des Polgares. ^

L'année suivante, les Ougres se portent de nouveau sur Tsaragrad ; îis font la paix avec Roman , et reviennent sur leurs pas.

En Fan 6^5^ (944)> Igor rassemble un foule de Varègues, de Russes, de Polaniens, de Slaves, de Krivitches (les Smcdenskois ) ^ il prend à sa solde les Tivertses et les Petchenegues, en exigeant d'eux des otages, et marche sur Ja Grèce par terre et par eau , dans le dessein de venger l'outrage qu'ont reçu ses armes. Les Khersoniens , à la nouvelle de cette irruption, en instiniisent Roman, et lui font dire : ecUile » foule innombrable de vaisseaux russes apparaît; la » mer en est couvarle. » D'un autre côté les Bolgares lui annonçaient la même nouvelle et lui disaient : <i Les Russes reviennent; ils ont cette fois les Pet- » çhenègues à leur solde. » A ce récit le tzar envoie ses principaux boyards à Igor, avec cette prière : « N'allez pas plus loin, et levez le tribut qu'Oleg » avait exigé : j'y ajouterai même quelque chose en- » core. » En même temp il envoyait aux Petchenegues des étoffes précieuses, des habits et beaucoup d'or* Lorsqu'Igor fut arrivé près du Danube, il fit appeler ses lieutenans principaux , et se mit a délibérer avec eux en leur faisant part du message du tzar. L'assemblée dit a Igor : ce Si telles sont les in- » tentions du tzar, que pourrions- nous désirer de » plus, puisque sans tirer le sabre nous pouvons re- » ceyoir de l'or , de l'argent , des .^offes précieuses

}) et autres objets semUabks? Qui peut savoir de » quel côté se déclairera la victoire , du nôtre, ou du » sien? Peut-on dëlîbërer avec, la mer? Notre retour y> ne doit point se faire parterre^ mais sur le gouffre » des ondes^ où tous nous pouvons rencontrer lamort.D

Igor se laissa persuader; il ordonna aux Petchenègues d'aller porter la guerre sur le pays des Bôlgarès. Puis ayant reçu des Grecs de For et des étoffes précieuses pour lui et pour toute son armée^ il revint versKiew. ,

En Tannée 6455 (94^) > les empereurs Roman ^ Constantin et Stéphane envoyèrent des députés à Igor pour renouveler le traité de paix. Igor s'entendit avec eux a ce sujet; et envoya de son côté des députés à Roman. Celui-ci réunit les boyards et ses principaux officiers ; on amena en sa présence les envoyés ru^s j et il leur ordonna de parler j puis, après en a voir délibéré, il fit prendre sur deux feuilles de paçaer de foraie et de dimension semblabFes, copie des articles du traité, qui fut dressé ainsi qu'il ^uit :

« Nous, Ivan, de nation russe, député mandataire du grand prince Igor, assisté, de Phuévast, fils de Sviatoslaw^-Igor, serviteur de la princesse Olga, domestique d'Igor et son parent; Uleb, fils de Volodislowj Kannazar.de Predslava (fille d'Igor), Schigobern, Sphanidr, épouse d'UlebjPrasten, fils de Tudurodow> et Abiar-Phastove : Grim-Sphirko-w, Prasten , Iakun, parens , d'Igor ; Kari , Studekow , Karschew,Tudorow, Igriermiskow, Vûskow, Ikow,

58 CHRONIQUf: DE NESTOR.

Istitùumnckyw; iejatuiague Gûnarew; Schibrin, ÂIdaun^ Kol-nKlekow/Steggietonow^ Spbirka^ Alvad- Sndoir^ Phrudi-^Ttdboir^ Mntor^ Utin, marchand; Adun^ Adolp^ Antivald^ Uleb^ Phratan^ Gomol^ Kuziéad^y Turobrid^ Fursten^ Brumuald^ Gunasti'^ Frasten, Iiigeid^ Turiben, Moâi^ Ruald^ Svenstir^ Aiden^ Tileî, Apubkar^ Sven^ Buselew et Sikon le héraut; loos députes par Igor^ le grand prince et les autres knès de Russie^ ainsi que par tous les ,faa* bitans dudît pays^ et charges par eux de renouveler 1 ancien traité de paix et d'en <;onclure un nouveau^ qui y triomjpbaKit des piëges et artifices du diable ^ retabUsse pour un grand nombre d^annëes la paix entre les Grecs et les Russes ;

£t en vertu de cette mission de notre gi*and prince Igor^ de ses knès et boyards^ et de tous les peuples de Russie^ vers vous, Rcmian , Constantin et JStéphatie, grands princes de la Grèce, afin de conclure avec vous comme avec les boyards et les peuples de la Grèce un traité de paix qui dure aussi long-temps que peuvent le soleil briller et le monde exister, nous députés susdits, déclarons ce qui suit :

ARTiciiE i.^^ Puisse, td des Russes qui cliercherait à rompre l'alUance ici résolue, s'il est chrétien, encoiiirir la vengeance du Dieu tout-puissant, et se voir maudit, dans cette vie et dans Fautpe, Si l'infraction viept de Russes non baptisés, puissent-ils implorer toujours en vain le nom de Péroune, n'être plus k l'abri sous leurs boucU^rs, tomber percés de leur propre glaive, de leurs propres flèches, ou de toute

attire ayme^ et se voir à jàmak esclaves en cette vie comnie en l'autre !

Art. ïi. Le grand prince de Riissie et ses boyards pemrront envoyer en Grèce, vers vous, tasars, autant de vaisseaux et charges d^autant de députes et d'hôtes qu'ik voudront. Les députés cependant devront être porteurs d'un sceau d'or , et les hôtes ow marchands d'un sceau d'argent (d). Notre grand prince ordonne en outre que ceux qui seront envoyés comme ambas^ sadeurs ou comme hôtes devront emporter avec eux an passeport. Ce passeport, qu'ils remettront, désignera le nombre de leurs vaisseaux, et l'assurance par l'autorité de leurs intentions pacîiSques. Quiconque viendra sans passeport sera livré aux t«irs grecs, pour être retenu et gardé à vue jusc[a'à ce que le prince rifâse en soit averti. Si le contrevenant ne se rend point et fiiit résîistance, on pourra le tuer, et il ne sera pas tiré vengeance de sa mort. S'il s'échappe et qu'il fuie en Russie, fious, taar^ en informerons par lettre le grand prince, qui alors en agira avec lui comme bon lui semblera.

Les Russes qui ne viendront point pour des affaires de commerce (^®) ne recevront pas leur traitement mensuel. Le prince russe devra &ire ses recommandations expresses a ceux de ses sujets qui viendront ici ^ de ne commettre aucun désordre dans nos vil^ lages et autres lieux de notre domination. Ceux qui viendront devront s'arrêter à Saint- Marnée; notre tzar y «oiverra des emjdoyés qui prendront leurs noms ; les députés alors recevront leurs vivres, et les mar-

6o CHRONIQUE O» NESTOR.

chauds ee.qui leur aura été accorde pour le moi»^, en commençant par les habitans de la ville de Kiew^ puis ceux de Tchamigow^ de Përëiaslaw et ensuite ceux des autres villes. Devront entrer^ et par la même ^ porte de la ville ^ accompagnés d'un officier du tzary cinquante honunes seulement, et sans armes, et alors acheter ce qui leur conviendra.

Puis lorsqu'ils sortircmt , les gens de notre -tzar auront à les protéger. Si quelque Russe ou Grec commet une mauvaise action a l'égard l'un de l'autre, il en sera immédiatement puni. Les Russes qui entreront dans la ville n'y devront occasionner aucun désordre. Us ne pourront acheter aucune étoffe valant fhis de 5o zolotniks. Quiconque en en achètera à plus haut prix devra les montrer aux employés du prince, qui les lui rendront scellées (douanées). Ceux des Russes qui s'en iront d'ici recevront de nous ce dont ils auront besoin pour leur entretien durant le voyage et pour le service de leurs vaisseaux , ainsi que cela a déjà été fixé, et de manière a ce qu'ils puissent retourner en sûreté dans leur pays. Dans aucun cas ils n'auront le droit de passer l'hiver a Saint-Mamée.

Art. III. -Tout esclave russe fugitif et réfugié dans les possessions de notre tzar ou à Saint-Mamée^ pourra, s'il est découvert, être repris par son maître. S'il reste caché , les Russes , chrétiens où autres , jureront selon leur croyance qu'il s'est évadé. Le maître alors recevra de nous le prix d'un esclave , c'est-à-dire deux pièces d'étoffe par homme, ainsi

IGOR. 6t

que cela a prëcédemment été fixé. Mais si quelque esdiave de notre prince^ de notre nation ou de l'une de nos villes se réfugie chez vous^ Russes^ et qu'il emporte quelque chose , l'objet enlevé sera restitué s'il existe encore en entier : en cas contraire nous recevrons, deux zolotniks.

Art. IV. Si. un Russe esisaie de voler quelqu'un de notre empire, il sera sévènement puni pour cette action 5 et s'il a exécuté le vol, il paiera le double de la valeur de l'objet dérobé, il en sera de même pour le Qrec envers le Russe : le coupable, en outre, sera puni suivant les lois de son pays.

Art. V. Si un chrétien de notre pays ramène des prisonniers russes, il devra recevoir rançon, savoir : si c'est un jeune homme ou une jolie fille, dix zolotniks; si c'est une personne de moyen âge^ on lui en comptera huit, et si c'est un vieillard ou un enfant, il en recevra cinq. .S'il se trouve en ce moment un Russe prisonnier ou esclave chez les Grecs, on > pourra le racheter pour dix zcdotniks; si le Grec l'a acheté, il en fera le serment, et il recevra en échange le prix qu'il lui aura coûté.

Art. VI. Pour ce qui concerne le pays de Kherson, les princes russes n'y pourront désormais laisser au* cune troupe ni dans les villes qui en dépendent; encore, moins faire la guerre à ce pays et cherchera l'assujétir. Mais si le prince russe nous demande des secours, nous,.tzar, promettons de lui en fournir autant qu'il en aura besoin, pour remettre sous son autorité ceux des pays environnans qui s'en seraient affranchis.

Art.. VII. Si les Russes trouvent un vaisseau grec échoué sur le rivage^ ils ne lui causeroM aucun dom-» mage ; quiconque en distraira quelque chose y fera prisonnier ou tuera Tun des hommes de l'équipage , sera châtié suivant les lois de son pays.

Art. viii. Siles Russes rencontrent a Fembouchure du Dni^r des khersoniens pécheurs^ ils ne leur feront aucun mal^ ils n'auront pas le droit d'hiverner à l'embouchure du Dnieper^ non plus qu'à Biélo-B^ie et à Saint-EUeuthériç (> i) ; mais à l'approche de l'av^ tonme ils devront s'en retourner chez eux, en Russie.

Art. IX. Dans le cas où les Bolgares noirs viendraient apporter la guerre dans le pays de Kherson^ nous recommandons au prince russe de ne pas le souf*frir^ et de les empêcher de troubler la tranquillité de ces contrées.

Art. X. Si les Grecs qiii sont sous notre domination commettent quelque crime, le grand prince roese n'en devra point tirer raison,* mais il attendra les or^ dres de notre tzar, pour leur infliger la peine que leur crime aura méritée. ,

Art. xi. Si un chrétien tue un Russe ou un Russe un chrétien, les parens du mort auront le droit de saisir le meurtrier et de le faire mourir; si le coupable s'échappe et qu'il ait quelques biens, lea parent de la victime pourront s'en eniparer ; mais si le meurtrier fugitif ne possède rien, on le recherchera jusqu'à ce qu'on le retrouve; et, aussitôt retrouvé, il sera mis à mort.

Art. XIX. Si un Grec frappe un Russe ou un Russe

un Grec avec une ëpée, uae flèche ou tou^ autre aime^ il devra payer pour ce crimq^ suivant la loi russe ^ dix livres d'argent. Si le coupable, n'a pas de fortune y il donnera tout ce qu'il pourra donner^ et il lui sera pris tout ce qu'il a^ jusqu'auxhabits qu'il porte; ensuite il devra faire le serment^ suivant sa croyance religieuse^ qu'il ne possède rien autre chose, et on le laissera libre.

Art. XIII. Si notre tzar à nous, Grecs, vous de-, mande des troupes pour marcher contre nos ennemis, et qu'il en écrive à votre grand prince, celui-ci devi*a nous en envoyer autant qu'il voudra, de manière a prouver à tous les autres pays la bonne et grande amitié qui existe entre les Grecs et les Russes,.

Art. XIV, De la présent convention transcrite en double , il nous restera a nous, Russes^ im exemplaire revêtu du signe de h croix et du nom (signature) de vos tzars; sur l'autre exemplaire sera le nom de nos députés, hôtes oumarchaqds. Ceux des députés grecs qui seront choisis partiront pour se rendre près du grand prince Igor et de ses gens^ qui prendront le présent traité, et jureront qu'ik veulent réellement observer ce que nous avons arrêté, et, qu'ils y souscrivent entièrement. Auquel dit traité nous tousavoQ& appose nos noms. Nous, Russesbaptisés,nou« ferons le serment, dans la cathédrale du saint prophète Élie,, d'observer scrupuleusement et de ne jamais violer en rien ledit traité ^ et quiconque, de notre côté, y manquer», prince, ou autre, baptisé ou non, qu'il soit abafei*dpnné de Dieu, qu'il devienne qsclave dans cette vie

et dans l'autre, et qii'il périsse par ses propres armes. Ceux des Russes qui ne sont pas baptisés jureront en déposant à terre leur bouclier^ leur épée nue, leur anneau et leurs autres armes, qu'Igor, ses boyard et tous les sujets de l'empiré russe observeront ce qui est écrit audit traité, durant leur vie et à toujours. Et si quelqu'un en viole le texte, prince ou sujet, chrétien ou non, qu'il devienne esclave, qu'il meure sous ses propres coups, qu'il soit maudit de Dieu et de Péroune comme parjure et forfaîteur. Mais il est certain que le grand prince Igor, loin de violer l'amitié et l'attachement qu'il contracte en ce moment, l'observera tant que brillera le soleil et que subsistera' le monde, dans cette vie comme dans l'autre i("), »

Les députés d'Igor revinrent a Kiew, accompagnés des députés grecs, et rapportèrent a ce prince toutes les paroles du tzar Roman. Igor fit alors appeler les députés grecs, et leur dit :« Racontez-moi vous-mêmes ce que votre tzar a dit.» Et ceux-ci répondirent! a Tu vois en nous ceux que le tzar a députés : notre prince se félicite de la conclusion de la paix avec le grand Knès de Russie, et désire rester en amitié avec les autres knès de ce pays.Tes ambassadeurs ont juré devant notre tzar, et il nous a envoyés pour que nous fassions le même serment devant toi et les tiens. »

Igorj à ces mots, leur permit de prononcer ledit serment. Et le lendemain Igor fit approcher les députés grecs, et se rendit avec eux sur la montagne où était l'autel de Péroune. Le prince et les siens dé-

posèiietit à *terre leurs* iarrae»^ leurs boucliers et leurs oréemens^ et toos les Russes païens firent le serment. Quant aux Ruisses chrétiens, ils allèrent le prêter dans l'église dé Sainit-Élie • c^étaitlacathéàrale, car alors déjàf beaucoup de Varègues étaient chrétiens;

Igor ayant ainsi ratifié le -traité de paix, congédia les envoyés gréds, aptes leur avoir offert' en présent des fourrures, dé la cire, des esclave iet d'dutres objets; et les députés revinrent vers leur tiar, auquel ils rapportèreht tous 'les- discours d'Igor, et son dévoument aux Grecs. Igor continua à régner daîns ÏLiew en j^aix avec tous ses voisins. Cependant, a l'entrée de lautômne, il songea au* Drevlîens, et voulut lever sur eux un tribut plus fort que celui auquel il les avait précédemment soumis.

En l'année 6453 (94^)» ses boyards et ses soldats lui dirent : « Les troupes de Sventeld sont richement » pourvues d'armes et d'habits, tandis que nous, nous » allons tout nus.Yiens avec nous, prince, exiger de » nouveaux impôts, afin que toi et nous soyons dans » l'abondance. » Et Igor leur céda ; il qiarcha contre les Drevliens, dont il augmenta les charges en employant la violence ; après quoi lui et les siens revinrent à Kiew chargés de butin. Et comme il s'en revenait, il s'avisa de dire à ses troupes : «Retournez- » Yous-en au pays avec ces dépouilles ; quant à moi, » je vais avec un petit nombre d'entre vous retrouver » nos gens, et chercher à augmenternosrichesses(*^). »

Mais les Drevliens, apprenant qu'Igor revenait vers eux, tinrent aussitôt conseil avec leur piTuice,

AfaU i « Quand/ dineot-jls^ ppi; 14che le Ipup foontre »> le$ brebis^ il égorge tout le troupew ; îL çn est de » même d'Igor ;.si nous ne le tupns pas^ il< npy s dépouii- ; » lera entièrement. » Ils luidëputèrent cependant quelques-uns d'entre eux, qui lui dirent ; «.Pourquoi rcr- »; viens* tu parmi nous? Tu as déjà levé sur nous de >} lourds impôts, » Mais il ne voulut point les épouter. Les Drevliens alors ^ pleins de fureur^ sortent de le^ur ville de Korosthène, et massacrent Igor et ceux de jses gens qui l'accompagnaient;, car^ ainsi que nous l'avons dif > ils étaient en petit nombre. Ils enterrèrent son corps, et son tombfiau se voit encore de nos jours sur lampnt^gne ypi^ne de Korosthène, au pays des,DreTçUf5ns('4). ., . . • , .

. r&OK. 67

MOTES

(i) Comme on voity les favoris Ont ëtëde tout temps odieux au peuple russe. Syenteld est le premier contre lequel il ait manifeste sa haine.

(a) On lit, à Tappui de ce récit de Nestor, le passage suivant dans les Annales deByzance:

' A. 915. « Simeone Bulgarorum principe T%raciam iterum dévastante^ Jugusta (Zoë) et imperii proceres de ejus jactantia réprimanda et pl0canda étant solliciti* Ris oognitié, Joannes Bagas èxpètiit patricH dignitaUm, et wi p^siulata consei/ueretur , patzinacôs aâduetiurum se poUicekatur^ éetatisffue seeum muneribus in patxmaoam regionem profeetusest. Oèsidiffus inde tfkductis, eUmillis in urèem mpp'ÀUtyPatûna" eis \x9\Uit!teJ4un poilmUs, 0g Sim^tm^m ->t

, A. 91 7, ^ JPq4crn t^mpfire { ^ùo RomaiU a Bulgarisittâ-jé/àtùyunhncti si^ni) Komanai. péariçius'^ «I itai*ali9 dmngafiusjGia»iomni classe ad Panubium^/2m»iiEiin> Leoni pboeœ suppeUas Jaturus^ e£<c>Bo|a adductos ad oppm Momonisfet^ndam patainacoêUrt^eciurus, misâujt est, Bomano > vero et Joann^ Bogœ flUo in contentiones e^vtrhorum ,pugnms iapsis, Patzinaci ab-mvicem divisos et inter se disceptantes etmspicaii, iulpro' prifi redierunt beUt^in^ue efusmodi fiaent èonsécutuM est,, Romano vero et Baga in urhem reverùs, d€eoTUm^à\asàAho<pi€siio motaest : et in Hlud pencuU drungam^m Romaoum adduxerunty ut advenant privaUotUfoeui^mmsenientiam in eum itUerint, quasi ^us incaria, magis autemi^imi prmvitaie, M>n txmîeàaaent Patzinaci ^ ac iiaei fuga non fiissent usi , sensim Uuaen suhduMssenl^e, jptod om'nipk eos non re^ cipisset. » {Stritter, Mém* iiif BoOë,q.)

(3) NWtor c6iltiniie> ksi k Vappuyer sttV les historiêniB Bysàntins. Voici CB eSbî Popinion de plusieurs sut' Porigioe d'Ândrinoplé c-

« Onstes posteaiptam se apud iria flnmtna ^rèa heèmm eôe responso purificavit, efo'âm Orestam condidit ciuitàtetn, quàtn' Scept cruentari hoaUnum sanguine necesse est Et Orestam quidem urbem Hadrianus f90 nomine vindiearijussU to tempart, kpOi/Urore cœperittiabotaré

ut ex retponto eum ei dietum esset, ut in furiosi àUçujuêdomum vel

nomen irreperet : nam ex eo emoUitam inêaniam Juerunt..»,

(Lamprid. in Heliogabalo , cap* 7.)

» Tornidus Orestiadem hahiU^at; ùe.enim oUm Adrianopolb appellata est àb Oreste , Agamemnoms JUio, ( Zonaras , n , p. a5i . )

» Cumpostea oraoulum sciscitatus est Orestes, quo pacio posset ab eofurore Uberariy responsum tulit, Uludjftèri non posscy nisi in tauricam regionem Scyiharum profecius.... et in fluYÎo abhieretur, qui confunderetur ciim septem flaminibus (f». 967. ) Imbitaidt Orestes Arcadix urbem Oreitiam , ubi a serpente ictus extremam vitœ suœ diem conclusit. » (Natal., Coro. mythol. — Hanau , 1619, p. 9^3.)

(4) Gettç mention est restituée et intercalée ainsi hQrs de place, par Schlœzer, dans son Commentaire. Je ne sais de quel manuscrit il Ta extraite.

(5) Cedrenc fait, des cruautés des Russes, alMoIument le même récit que Nestor. . . .. ^

(6) Le patrice Théopfanne était protoyestiaSre de Temperevr, titre- qai désignait T^^cier .chargé de la |;ar4e des hab|t« du pcince»

(7) GeCea a été déconrert par m» ceruio Callinlk, d^éIiop<^ ou de Baalbcc,- en'^Syrie, sons le règne deConstftntin Pagonat : «

• <f L'effet de ce feu vraiment extraordinaire , était de prendre de non- V rëSes fovcet dans Teauf on ponyâit Téteindre avec du yitaaigre, du » sable, de l'urine ou même de l'huile. Il était ëoignetjsenient conserfé » dans des bouteille» de Terre ota de» pots de terre. Aussitôt qu'an moyen » d'nne machine ces yase» étaient lancés , il» se brisaient >, et te fètfd'v- » riuit etcnflammiit «nsgitôt ce qu'il approchiût, jus(^\itox pte^es, » disent les historiens de ce temp»", assez disposés au mervetUeox.- » * ' ( Histoire du sukan Saladin, par Martin , toîn. ii, i^tfg. 6x. )

M. Martin ajoute . qu'il faudrait mj^riaer tonte Phistbire; si Pon s'imaginait, aTec ^quelques chimistes,- qne ce'ftru n'est 'q^ude Dtblè.' Son opinion est d'àutaptoiimix fondée que oe feu grec était Xsobd^ de» Chinois. Deguignes- écrit dan» son 'Histoire'dés Huns, tôm. 1 ,'p.' 6x t '

« Les KitanieiDs faisaient usage , en 91 7^ d'ime matière iriflamoaàble » qui leur ihrait été enseignée par le roi de Qa. C'était une matière grasse ». qui s'allumait et .brûlait au milieu de l'eaii ^ ce n'était autre: dH^e' «que » ce que nous app^ons le feU grégeois, que Callinik ayait trompé ^ et » que les Ghîuoi», en rapport depuis long-temps avec les peuples oeci- » dentaux, avaient appris à connaître. »

On a dit quhm physicien avait retrouvé et vendu à Liouis XIV le secret du fe^ grégeois, et que ce pri«ce. après lui eo aroir.pâyé le prix ,

IGOft. (Jg'

(Iféfeodit, soué peine de mort, dW propager ni f^véler iamai» rexis-' tence : « Sachez bien, MoDÛeiu', ajouta le moBat^que, que ce n'est ia- » «MÛ par le «rime , mais toujours avec la juMijoe et les moyens qu'elle » permet , qu'un roi djC France attaque ses ennemis on se défend. ^

(S) Cette expédition mallîeifireuse d'Igor est racontée, non-senlement parles Kistoriens defiyzance, mais par d'autres encore. Elmakin ou iiaukinf écrÎTain arabe; qui en i3oa avait été secréuire du calife d'Egypte, dit, dans son Sistoria saraeeniea, p. aiS : « ffoe annosâlicet 3)9 (M. £. 94^} oppugndrunt Mussœ CofUUtntinopplin'y sed retiêUrunt iUIhmani, qui perseeuti wssunt et in regionetn suamse recipere coe--

liontprand, évéque de Crémone, répète dans son HiÉtoire (lii^: r, cap. 6), ce qu'il ayait entendu dire à son beau-pire^ qui^ se trouYStit à Coostantinople en qualité d'ambassadeur, avait tu de ses propres yeux le iàppUce de beaucoup de Busses faits prisonnifra par les. Grecs. Ce r«cit est curieux par sa grande co^foroûté ar«c celui de notre annaliste:

« La flotte grecque était absente lors de l-inrasion d'Igor. L'empereur > resta plusieurs jours sans dormir, afin de songer aux moyens de re- » pousser Tennemi. Enfin^ ayant «ppifis qu'il y araitidans le 'port quinze 9 faisseaux bots de serric», U -ordonna de les' répai^r, et les envoya » contre Igor avec du feu grégeois. Le vent, qui avait ITabord empécbé , » ractioa de ce feu, s'apaisa, et les Grecs embrasèrent les barques en- M Demies. Les Busses.,' afin de se SJauver des flammes, se jetaient dans » l'eau ^ beaucoup se noyèrent, cédant au poids de leurs .casques et de «leurs cuirasses; d'autres périrent également ajirès avoir lutté contre » les vagues. Les grands bateaux grecs ne purent poursuivre les barques » légères des Russes, qui traversaient les endroits les mi>in6 profonds. »

(9) On voit que, dès le commencement de la monarcbie^ les princes russes avaient leurs sceaux. "C'était ordinairement une bagtie sur laquelle était gravé le chiflre ou emblème adopté par le souverain. Chaque grand prince eut le sien, et le nombre de ces sceaux, montés en or, en argent, garais de pierreries, devint ti'ès-grand. L'impératrice Elisabeth les fit tons briser, pour en retirer l'or et les pierres. Ces sceaux étaient confiés à cenvque le prince revêtait d'importantes commissions, et servaient à {aire reconnaître leur qualité. On trouve encore dans' le pays d'anciens ^pecàs sur lesquels se voient le chiffre ou les ar^es du sottverain,^rec cet exergae : Sceau du grand prince^ mais ces monnaies sont Ibrt rares. Suivant Strafatember^g {Description de ¥ Empire russe, Amsterd. , 17^7) tom, ], p. ^o), les andeuff souverains delà Russie, après avoir embrassé la religion chrétienne , prirent pour armes trois cercles ren-

fermés àùota un triangle, axas laû desquels ^tàit écrit : « Nbire Dieu, Et j» Trinité, qai « existé atant le tem{»9, note pas ti^ois Dieux , mais un seul » Dieu Miyant son essence. » Dans Pautre ils écriTaient les tiUes du prince k qui la lettre s'adressait, et le troisième réanimait les titl«s du grand prince. Ce sceau fut, depuis l'érection de Moikou en eapittle^ remplacé par un cavalier blanc sur un écu rouge , ^i ^aimU les oriact du prinoe qui régnait « Moskou» Quant au dragon tenrassé» il devint les armes proprement «dites .de la Russie en i38o, après k vietoire de. Rulikow, gagnée parle grand prince Demtrî, aur l'armée des Tatarl. Ivan Yassiiiévitlk., en adt^iant, en 1&80, Paigle à deux têtes des Grecs, n'a point pour cela renoncé au cavalier terrassant le dragon : l'aigle russe est encore clwrgée en conir d0 l'écusion de Rutikow. <

(10) Constantin Pori^jrogeDète parle 'du commerce des Russes avec beaucoup de détails. Il parle de leurs barques, qu*il nomme jMvofvXa ( faites d'un- seul arbr^), et raconte leurft pénibles traversées du Dnieper, n cite les c^eis dE^exportttion , et ceux qu^ils importaient en écbaiige. Au surplus , le cemniecoer de Russie est depuis longtemps connu en France^fPens-notve ffom«B ^AUxandr^y poème du xui^ siècle, dont l?émdit •M.'Fisatteisqne Michel prépai» «» c« moment une édition , il est questbn dies- fourruresr de Russie. Alexandre de Bernay dit, en^ pariant de Pbilippe det.Macédoine :

« Cil iert privéa de. li ( Olympies ) si ne si eeleit mie u Qui par axmvz queroit pris de chevalerie, ■ » £1 U donnoit biaxdons dont bien estoit garnie , % £t biax chevaus d^Arrabe et mules de Surie, » »£t riches palefrois et destriers de Hongrie, M Et siglatOQS d'Espaigne et soie d^Aumarie, » Et cendaus de T^res et le vair de Roussie ^ M Dy après d'Anthyoche, samis de Romenie, }i Les chainltes d'AIemaigne que le avoit en baillie. »

[Roman <f^/ejr.« cangé 11 hiSyioi. %, v.col. i,.v. 8.)

]>aas sa Sarmatie européenne, Guagmoi parle en ces termes du commerce de la MoscDVM :

« Omnes merces efumisumque ab extnmeis in Moscoviam qfferuntur continuo apud'thelonei prefeetps profiun ae indicare coguntur, yue horaconstituiacopspioiunturet msUmantur^ œstimatas veto nemo nec emere nec vendere audet, nisi prius/uerint magno Duci ostensm. Quo fii, ut mercatores interdum diutius, tfuam convenit, cum sito datnno

iooR. ) 71

^ietineantur. Quanâo veto ex LUvania in Moseouiam legati a rege Pohniœ profieiseuntw, tum onmes cujuscunu^ue nationis mercAtorea, in legatorum fidem et clienteiam mscepU, in Moscoviam une theloneis ire possuntf et Tictum sufficientem ex thesauro magni Moscoviœ duciê habenU » ( Sarmat. europ. Descriptto. — Spire, 1 58 1 , p. 79. )

(11) Saint EJenthérie, martyr, antreCoU éwéqae en Grèce. I^E^lûe rusiecâèbre sa fête le iS^dëcftiabre. ■

(la) II est rare de trouver, dans les annales du x« siècle, des traités aussi détaillés que ceux d^Oleg et d'Igor avec les Grecs. Ils sont de i^atare & pi<{uer la curiosité de tout lecteur intelligent qui, en lisant Thistoire, veut avoir une idée juste des mcMirs •odales' des premiers temps :

<c Et quoique les historiens de Bjzance, dit Karamsin, ne fassent au> » cûne mention de ce traité ni du précédent^ leur "contenu nous pré* » sente cependant les rapports mutuels des Grecs et des Busses sous un » point de vue si oonlbvme aux caractères et auil i^rconstancçs de ce » temps, que nous ne saurions douter de leur authenticité. »

(i3) Pour le lecteur «ttentif, il sera évident que, dans «et |ipemiers temps de la. monarchie russe, le souverain ne pouvait prétendre qu'à une portion du butin et ^e» imp6ts. Le reste appartenait de droit aux boyards et aux guerriers. C'est pour ne partager avec personne les dépouilles qu'il e^érait ravir- aux Drevliens, qu'Igor vottl«t retourner chez ces peuples avec un petit nombre des siens.

(i4) A défaut d'autres événemens rapportés et rectifiés par Nestor, nous compléterons le récit du règne d'Igor en citant un fait assez curieux rapporté par Massoudi, historien arabe contemporain. Il nous apprend qae des idoîâtres. Russes et Slaves, habitaient dans Atel, ci^itale des Kbozares, et qn'ib y servaient le Kagan; que vers Pan 913 , et avec Hi permission de ce prince, leur armée parut dans des barques sur la mer Caspienne ^ qu'elle ravagea le Daghestan et le Schirvan , et qu'enfin elle fut détruite par les mahométans.

Un autre historien] arabe, Abutfed , dk qu?en 944 ^^ Russes ]{»rirent la ville de Barda, capitale d'Arao ( à soixante-dix verstes de Gradja. ] ( Âbutfed, jinnal moslem,, pag. 365, anno 333 ( 74^ ^^ 944 ) * ^ Ikissorum ûliqua naiio , domo eff^ta ntmbu» pêr mare Caspium et fluvium Corz subi*ecta, uaque ad urbem Bardaahpenelrabat, eam oceupaSat, cœdibus et rapinis oomplebat, et tandem domum eadem qua vuierat via redibau » Abutfed vivait au xiv* siècle.

Page 1