CHAPITRE V
Les Drerliens, apris le mdurtre d'Igor, t«alent contraindre m reure i épouser leur prince.— • Réception qne fait Olga anz députés. — Ruses et vengeance de celle princesse. — SejS voyages et ses fondations. — Elle part ponr la Grèce. — Le tzar veut Tépouser. — Olga se lait cbréttenne. <-*-• Le patriarche. — Retonr de la princesse en Russie. -— Comment elle j aceoeille les doutés du ttar. -— Elle vent convertir son fils. •— R^onse de Sristoslaw. •— Mépris de ce dernier pour la religion chrétienne.
A la mort du prmce Igor, Olga se trouvait à Kiev avec son fils Svîatoslavir , lasmund, gouverneur du jeune prince, et le voiévode Sventeld, père de Mstsislaw.
Les Drevliens se dirent entre eux : « Maintenant » que nous avons tue le prince russe, envoyons cher- » cher sa veuve Olga, et qu'elle devienne Tepouse » de notre prince Mail : nous ferons ensuite de Svia- » toslaw tout ce que nous voudrons. »
Et ils envoyèrent les principaux d'entre eux , au nombre de vingt. Ceux-ci s'embarquèrent, et vinrent,
par le JBoiysthèae, fleuve qui baigne les montagnes de Kiew. A cette époque, la vallée de Podol n'était pas ^encore, l3abitée;;€»i se tenait, sur les montagnes. . La. ville de Kieny; venait seulement jusqu!au lieu où se trouve actuellement la maison de Goirdiatsch et^de Nikiforsch (Nicéphore). Le palais du prince occupait l'enceinte où sont aujourd'hui les maiisons de Yrotislaw et de Tschudich. 11 y ^vait cependant. un faubourg hors de la ville, et méme< un autre palais du prince à la place de la ferme de Demestnikôw^ Derrière l'église de la Sainte-Vierge, sur la montagne, se trouvait la citadelle, château bâti en pieiTes..<
On avertit la princesse Olga que les députés drevliens étaient arrivés; elle les fit appeler (i), et leur dit : . « Soyez les bien-venus , chers hôtes 1 » - Les Drevliens prir^it la parole :
« Nous venons, dirent-ils, vers 1^ princes^. .
— » Eh bien! rdprend Olga, dites-nous le motif de » votre visite.
' — » Les Drevliens nous députent pour te parler » ainsi: Princesse, nous avons tué ton. époux, car » c'était un loup ravisseur et cruel. Nos knès sont » bons et rendent notre patrie heureuse : viens au » milieu de nous, et choisis notre prince Mali pour » époux. » Olga répondit :
— ce Amis^ votre proposition me sourit, car je ne » puis rendre la vie a celui que j'ai perdu. Mais avant » tout, je veux,, en présence de mes gens, vous trai- » ter avec honneur et selon votre mérite. Retouruez- » vous-en donc à vos navires, et restez-y jusqu'à
')^ CHROlïIQTJE DE KEStOR.
» demain^ confians et tranquilles. Je vous enverrai >i mes gens; ayez soin de leur dire : Nous ne nousf » rendrons au pdais ni à pied ni a cheval, ni en Voi- )i ture; nous exigeons que vous nous transportiez » avec notre navire sur vos épaules : et mes gens vous n obéiront. >i
Gela dit, Olga les congédie, ettls reviennent abord.
Cependant, à la nuit, la princesse fit creuser une fossé profonde dans la cour du château qui était à l'entrée de la viUe, et, dès le matin, elle se plaça en haut de la tour^ après avoir donné l'ordre à ses gens d'aller inviter ses hôtes; Ceux-ci donc y allèrent, et dirent t a La princesse Olga vous attend pour vous » rendt^ de grands honneurs. '
— » C'est bien, répondirent les DrevKens; mais » nous vous prévenons que nous n'irons ni à pied, ni » à chêvai, ni en voiture. Nous exigeons que vous » nous portiez avec notre navire.
— » Nous ne sommes plus Kbres, dirent les gens » d'Olga; notre prince est mort, et sa veuve va épqu- » ser le vôtre. »
îh les prirent donc et chargèrent sur leurs dos, et les Drevliens se glorifiaient entre eux.
Cependant les Kiéviens les transportèrent dans la cour du palais, et, arrivés devant la fosse , les y précipitèrent avec leur navire. Alors Olga, qui du haut de la tour voyait ce qui se passait, leur criait :
a Eh bien! chers hôtes, tant d'honneur ne vous » flatte-t-il pas? i-- Hélas! dirent-ils en gémissant, » nous expions le meurtre d'Igor! w
OLGA^ RÉGBNTE. '^5
Olga donna Fondre qu'on 1^ coutrît de terre, et iisfurententerrés tout vifs; •
Apr^ quoi lof prinoeiï^ envoya un message aux Drevliens, pot*tant ce» mots : « Si réellement vous » dësirefc In'avoir parmi vous,» envoyez-moi les prin^ » cipaui de votre pays, avec lesquels je piiîsse hono- » rablement me rendre ehes vous. Les' Kiëviens ne » voudraient pas sans cdia mé laissisr partir. »
Les Dretliens ayan^ entendu ces paroles, firent un choix dès plus considérables d'entre eux qu*ib députèrent vers 01^. A leur arrivée, cette, princesse fit préparer des baignoires, et leur fit dite:<t'ftetiè« » d'abord le bain, et puis venez me trouver. » L'eati du bain étant chaude et prête, lesDrevliens s'y pion-* gent et commencent a s'y baigner. Mais soudain oh tenue les portes, le feu du bain redouble, et ils périssent tous suffoqués où brûlés (^). •
Immédiatement elle renvoie ses gens aux Drevliens, et leur fait dire : « Actuellement je vais me rendre » parmi vous. Apprêtez une grande quantité dTby- » drbxnel à l'entrée de la ville, à l'endroit même oà » vous avez tué mcm époux, afin qu'après y avoir «pleuré sur son tombeau et prié pour son ame^ » nous nous livrions a la joie (^). »
Les DrevUens aussitôt recueillent tout le miel pos^ sible, et composent l'hydromel. Cependant arrive Olga, suivie d'un petit nombre des siens. Son premier soin est d'aller pleurer sur le tombeau de son époux j ' puis elle ordonne a ses gens de creuser une vaste fosse et fait commencer les cérémonies funéraires.
76 CHJIONIQITE .DE NESTOR.
Cependant les Drevliens s'asseyent et se mettent à boire; Olga commande a ses gens de les servir. Tout« à*<oup ils disent : « Mais où sont donc ceux de nos ». frères que nous t'avons envoyés? — Ils viennent^ » rëpondla princesse^ avec les gardes de mon mari. »
Les Drevliens se remettent à boire et commencent à s'enivrer (4) . Olga fait signe à ses gens de leur verser encore çt de le$ emter, puis elle sort^ et va donner l'ordre a ses troupes^ qu'elle a laissées à quelque distance^ de s'avancer et de tomber $ur eux. U en fut massacré cinqmille (^) j après quoi Olga revint;àKiew^ et ne s'occupa plus qu'à lever des troupes pour mar^ cher de rechef contre eux.
. En Fan 64^4 (94^)^ la princesse et son Gis ayant armé une forte et vaillante troupe ^^ ils se mirent en marche contre le pays des Drevliens. Ceux-ci vinrent à leur rencontre y et les deux partis ne tardèrent pas à s'attaquer. Ce fut Sviatoslaw qui lança le premier javelot; mais le trait ne blessa que les oreilles du cheval, et tomba aux pieds du cavalier auquel il s'adressait (le prince était encore jeune ). Ce que voyant les voiévpdes Sventeld et lasmund, ils s'écrièrent: « Frères, votre prince vous a donné l'exemple : en D avant!... » Les Drevliens^ incapables de soutenir le choc, prirent la fuite et s'enfermèrent dans leur ville.
Olga et son fils marchèrent aussitôt faire le siège de Korosthène... (c'était parles habitaiisde cette ville que le prince Igor avait été tué). Mais les Drevliens s'y étant fortifiés, se défendirent courageusement, car ils savaient bien qu'ayant massacré le prince Igor, ils
n avaient nvAle merci k è^rer de sa véwve, nul avatih tage a se rendre. Amst Olga fut^elle une- année en-* tière deyaint cette ville, et encore le siëge avançàil^S fort peu.- • « " ' '
Olga s^y prît idors- ainsi: elle fitdire aux asstëgâ : u Pourquoi voudrsei-voii9.rdn8ler> plus\lo^-4«nips? » Toutes ¥as villes me sont sounnsès;^ me paient tri-» » but, et leurs habitans peuvent actneUementseli-' )),vrer aui^ travaux de. la: cânipf^[tie; IVéférezhïvous » donc mourir de faim, plistot que de Suivre ieiir » exemple? » . ?
Les. BsevJiens répondirent; « Noos - paierons vo^ » lontiers tribut; inais ne veusttu pas. encore venger » la mont de. ton époux? » Olga répoiidit: ce Je Foi )) suffisamment veng^.^.d'abord à:Kiefwi8«r vos <d^ )) pûtes ^; ensuite l0FS.de laicarémonîerdes funéraifies. }) Âctpellement je suis.^aftttsfaitè^'etfne^^iûL'pKis )) qu'iin léget^ tribut'pouit ¥OUfiacoo»der,Ia jeix. » '
Les Drevliens reprirent* : h Que i<^eu^^Ai ifeiiotis^ du miti et dès fourrures? " ' . « i
— » Je ne veux, x^spon^tOlgay ni taîel ni four- » ruresj j^ne ;dédyre;queifort. pai dé ckdsey et le siège )) seralevéj. Que chaquefemlâe d!eiitte vousme donne jKriî^uletu^nttrpis pigopns et troisim^neaux ^ je'ne vesn » p<>int,^ comme moar:^poux^ levier air vons\auc»n » pe^n^^but^^t. n'<i?ige/ que cette tiagatelle. »
Les Dre^vliqns;^ pleiàs de joie y levèrent sui* diàqué maison de la ville: trois. t>igeons et trois. nicHneaui^ et les enypyèrent à Olga en l'asmrant de leur recemnaissanqe. Çelte-ci lemr.fitrépon<be: «Vous voyez,
78 ^ CHROfîIQUE— DE. NESTOR.
nOMs ilous. contentons de-ceci; mon fiki'et itioi sommes apaisés :: reto'umèzdbilc chez vous; demain je quitte votre pàysy et regagne le mien. )> LesDreHiens, enchantés^ portèrent cette nouvelle à leurs cotnpatraotes, et/k: joie fut dans toute la ^Ue. ^ . jUocs 01^ fait distribuera cfaaicun de ses gens ua pigeon et un .moineau; «Ile leur ordonne«de joindre ensemble cek demc ûîseannt^ ^ lrâr> àttadier sous la queue une atBumette enflammé^ garnie d'un morceau d'écofie^ et db les laisser ensuite s'envoler vers leurs demeures. L'ordre s'exécute : aussitôt qu'ils ^ voient libresry les! pigeons se pf eraient k voler vers leuf co^ kunbier, et les mointis^ux sous les toits qui leur servent dé retraite; Bevsorte que cette volée d'oiseaux pohe «ni un elÎBNd'iBÎIJ'ihoendie partout, dans les granges^ daiKS léS'gi'eDiisrs^.et.vers'les principaux bâtim^is« Il n'y^eut pas une seuie liiaison qui ne fàt atteinte dû feu', et il nTy eût pas^ moyen de' l'éteindre, car ce n'était partiout^que flammes (^}. -
Les habitans, contraints de sorttirde leui* vi&è, s'ënfnieiiit de loiites: pan^s ; 'mais Olga ifenne atiS^tôta ses iroûpe^ l'ordne de les attaquer; les vieillards' et un grand nombre d'individus ^ût massacrés;' quelqviesmsssont pris etdesrinés à l'esclavtigé; le surplus, cfn^ ûa, soumis à l'inqpÀi, estobli^ de pAyëruri tribut excessif,' dont CMga réserva, les deù^^tiers h Klë^ , et l'autre tiers a Vouitçhgorod , le lieu de sa haissiànce. i- Après s'être ainsi' vengée ,'îarprincéssie parcourut le pays des Dfevlielis, accompagnée de sbh fils et suivie dc/ses troupes^ publiantsur sa route des ordonnances
en[|iyeur des p9y^ qu'elle visitait, et fondant des-éiablîssemens dp^ft cpielqu^uns existent encore de tim f&m&. Eng^yjÂly avait un.an qii'elle était derelôur à Kievfy lorsqu'elle partit pou? Novgorod. ESleleva des impôts s^ur les bords de 1a Mista et de la hugjàa, et exigea 4^3 babitans une c^ita^on* A Pskaw^ en mémoire, du voyage de cett^, prinôessef^ se conserve en-core le traiûe£|u sur lequel 01^ visita ces contrées. ^e çtablit un entrepôt sur les riv«$ du Dnieper et SUT ceUes de la Pesnâ^fit élever des villages^ dont Tun porte ^npof^ son joanni*. Ces div)àrsea fi^ndàtîbns faites y eIle'reviiçfct.À.Kiei?r,y pub vécut avec ^n fils dans k
p}i^ tqucjbante intimitév .:
. De 6456 k 6463 (965), Olgft 6t le voyage de la Qr^cîeet viQt àTzar^rad, oii régnait ConstaùUn, fils de Léon (7). KUe se, reo^tit près de lui» Cduin^ad^ mira la beauté de sa figure,, la fiiiesse de ses trait», et fMtcbapné de. ^n. esprit, , ,= >
u Tu es digne, iuî dit-il , de partager wm oouâ le » g([{uten)iQnpi^t de nosJEit4M»;»01ga compnt foirtbien » le sens de ces paroles, et répondit au jUar : u Je isuis » païdape. $i tu veux m'avoir pour épou^^ il m&fiiut » jbap^is^rj et si tu ne le fais toi-niémie, je ne. changerai » point de fidigion,^ Le mry eonsentiii, et^ avec Tassistance, du poitri«arcb€i> . il ïa, tiat sur, les fonts.. . .
Lo^u!eUe fut éclairée^ elle «^ .réjouit de oùvps et d'âme. liC patriarcbe luiesâeîgna. la^octt^iae diretienne, ^et lui dit ; « Tu ,ès bénie exAtei touies les .femmes russes,' car %n a» ch^x^hé la lumièi^, et^quitté la voie des ténèbres. Les enfans de .la Russie, jusqu'au
» dernier de tes descendans^ serotiibéms. » Puis ilf lui fitoonnaifire la discipline ecclësiasdque^ lui apprit à implorer la Divinité, lui etiseigna oe qi/on entendait par jeûne et prière^ et lui¥e<^niinânda la chasteté du corps. Cependant 01ga\ la tiâte baissée^ écoutait l'instruction et semblait avide de la sainte nourriture : telle une pkute desséchée atte^ inipaii^nin!ietit Ffeau qun doitiarainiiner. Elle s^humilia devaiitleftttiiar<ellé; et dit: «Par «es prières, vénérablé^igneur, me » voilà donc à Tabri <ies embûches du démon !»
£t : eUe ' lût bbptisée sous le • nom • âHtêlèHei qui avait été celui de la ihère du grand Constantin/ Le patriarche ensuite lui dônna^bénédictiôn^ pais la congédia. Apfès la c^monié du baptême, te tzar la fit appeler de nouveau et lui 4it v « ActuéHebieat je » désire que tu deviennes- m»# épouse^ : -^ » Comment peux-tu songer a ' tn^ëpousier , ré^ » pondit Olga, quand tu m'as toi-'mêtne tenue sur les » fonts baptismatix^ et que tu m-as dcAtxné \t noni'de » fille? Cêk; we s'accorde pas avec les lois du îehristia- >inisme, comme tu sais. ■ • *> -î ^\"
— ^i» Àh! dit le tzar, Olga^ tum'aisti^onaqpé! »
Cepehdantîl lui fit :dé gratîds ptîésens eti ory eii argent, en étôiSSss préciéusâs et< atUres- objets,' ^ùiiâ il la laissa partir après Favoir nbmmée sa fille:
Avant de ^retourner 'dans sa patrie, Olga lilla vers lé patriarche i>our lui deuttinder sa bénédicticm. '^Mes » gens sont pàiens, Im dîielle, et mon filsi'e^t égi- » lement: Bénissez^moi mon père, afin que -je ii^sfé » aux atteintes de l'esprit walin. ^
OLGA^ RÉGEIfTE.' 8l
**- » Enfant plein de ftÂylnidit le patiriardie^ tu ^ » as été Baptisés au nom du Ghnst> *et Ir Christ t'a ap- » pelée à lui. Le Christ te sauvera donc^ comme dans » les premiei^ siècles il àsaûvié Éi^od^ puis Noé dans »rai:Ghé;,€dniriie;iI a sauvé Abrphwi^d'Abixielech; )) Lpth des Sodomites, Aloise de Phai^on^ ' David de »&aijl, le^ trois enlans de lia fouiifiiaiâct^ I)ftQ4e^ de la )) fosse aux lions. Ainsi te sauvevaH>iliâu maJin esprit » et de ses embucheîs. n Etley&pmr^héH bdnit^ puis elle reprit le chemin deson.pays>e&fi<Bvial;ài£iew (^).
SemblàUe a la reine d'Éthiopia^iqpise (rendit près de Salomôn. et «idmini la sagesaetdeicë prinèe^ dcmt eUa fféeueiUit de grandes instruotiohsy sainte Olga voyagea pour se faire instruireytct se" mît à la re- (jbiçrche de la véritéi Mai» l'une chci^ehaîi 1» sagesse liumaine/êiràiÀre:lai9a^esse.divinel) .': '
Or il est écrit : u Ceux'quijche^xilMdtla mérité la trou- » venoixt^ la vérité aéra préohéè'daiis itous les carre- }) fdurs^ ùms elle le sera vainenirat ^siir les grands cbe* M mins^ près -des lisières et des haies; Ilisçrâtéméitairé » de rannonoer aut portes des villes; Ce n'est pas. en >>. reprenait de justice les èoupablesqu'on les ramène » à la vertu; au contraire^ il^ s'endurcissent alors dans » le crime. ») Samte Olga^ dès soh enfimée, avait désiré connaître la vérité j aussi trouva-t-eJle cette pré* cieuse perle^ qui est le Christ. Salomèn a dit : « L'a- M mouç de la vérité réjouit l'âme, élève le cœur et )) l'esprit; » puisaill^irs: ce J'aime ceux qui m'aiment ; » ceun^quime cherchent me ti^uveronu DDieaavaitdit aussi: « Quiconque vient amoi ne frappera pas eii vain.» I. 6
Olgâ étant de retour àKiew, le tzar grec lui envoya des députes qui lut dirent : « Quand tu étais avec )) nous et que je te comblais de prësens^ ne m'as-tu pas » dit : Aussi tôf que* je ^serai aKiew je veux aussi t'en- » voyerdes càdeauT, des esclaves, de la cire, des foup- » rures etdes^tro»pes pcmr l'aider dans te» expëdi lions?» CHga repondit au'x députés : « Sont-ce bien les parofes » dont votre tibr^vous a chargés pour moi 7 En ce cas, » répondez-lài^ema part : Viens faire une station dans » la Poczaïna, comme celle que j'ai faite en ta présence » sur les fontsixiptismauT, et je te ferai les présens dont » tu parles; n Aces mots elle congédia les députés.
CependantOlga continuait de vivre près de)9on fils^ dont elle désirait ardemment la conversion; mais celui-ci, plein di^ niépris pour le baptême, ne voulût rien entendre. En effet, quand on parle du Seigneur aux gens non éclairés, on est accueilli par des moqueries: La' foi chrétienne est une Stupidité pour les incrédules,: il^ iie<;omprennentpas, et marchent dans les ténèbres; ils ne voient pas la majesté de Dieti, et leurs cœurs sont si endurcis qu'ils ont des oreilles pourne point entendre et des yeux pouriie point voir. Mais Salomon a dit : a Ceux qui se conduisent ainsi » sont des fous : je les ai appelés, ils n'ont point en- » tendu; je leur ai parlé, ils ne m'ont point écouté; » ik ont dédaigné mes conseils, et n'ont point ac- » cueilli mes raisons ; ils sont donc les ennemis de la » sagesse, car ils méprisent la parole de Dieu ; ils re- » poussent mes avis, et foulent aux pieds les preuves » que je voulais leur donner de la vérité. »
Olga disait souvent a Sviatosla'w : « O mon fils ! » j'ai appris à connaître Dieu, et je m'en rejouis! Si tu M voulais comme moi chercha la vérité, tune tarderais » pas à t'en réjouir également. » Mais Sviatoslaw ne voulait rien entendre, et répondait : a Gomment pour- » rais-je embrasser une religion étrangère? Mes gens se » moqueraient de moi. — Si tu voulais te faire baptiser, )) répliquait Olga, tous, tes sujets feraient bientôt de » même. >) SviatoalajW^ résista au^ conseils de sa mère, et continua k vivre comme un païen. Il ne savait pas que celui qui reste sourd aux vœux de ses parens tombe dans le péché, et qu'il est dit : crQue celui qui » désobéit à son père ou k sa ndère, périsse! » Sviatoslaw, ^u contraire, s'emportait contre sa mère.Salo> mon n'î^t-il paâ:dit :<i Celui qui instruit les méchans » en est traité ignominieifôemeiit, et celtti qui reprend » rifnpie en reçoit iine tachfe? La persuasion est inu- » tile avec les .impjes.JNe reprenez donc point les » raiUeurs, de peut* qu'il ne vous soit fait injure. »
Olga n'en aimait pas moins son fils; elle lui dk dooc : ce Que la volonté de Dieu soit faite! Quand il » voudra recevoir en grâce ma famille et mon pays de » Russie, il touchera le cœur de tous et leur iiiâfiirera »;Sa crainte, ainsi qu'il m'en a fait la grâce.» Après quoi Olga se mit k prier nuit et jour pour la conversion de son fils et de ses compatriotes, et elle continua'k veiller sur l'éducation de Sviatoslaw jusqu'à ce qu'il fût tbut-k-fait homme.
84 CHRONIQir.E DE NESTOR.