‹ La chronique de NestorChapitre 29 sur 43 · HENRY · texte numérisé non relu

HENRY

(8} On Terra pitr quelques-unes des pièces originales que nous donnons ci-après que les troubles marnes dont parle Lévesqae furent une occasion pour les Tzars de Russie d'çntretenir des relations aveclegou-< Tennement français.

(9) Rien dans le rédtd'OIéarius n'est contre la vraisemblance, et l'incrédulité de Yoluire à ce sujet n'est point un motif suffisant pour ]ere< jeter. On connaît assez l'habitude dç Fauteur de la Henriade de nier, dès l'abord, tout fait dont il n'a pas connaissance : par exemple^ il affirme ici que Henri lY n'eut jamais d'ambassadeur à Moskou, tandis qu'il est suffisamment établi, par quelques-unes des pièces qui suivent ce Mémoire^ que lu cour de France avait des envoyés en Russie bieu gavant Henri lY.

Toiciles propres termes d'Oléarius :

« Le treizième de février, les ambassadeurs partirent de Riga, eu P en leur (Compagnie, partit aussi un certain ambassadeur de France lÊ qui s'appeloit Charles Talleyrand, et se qualifioit prince de Chslais, » marquis d'Exideuil, baron de Mareuil et Belleville, seigneur de » Grignols. Louis X|II, roy de France et de Navarre, l'avoit envoyé » avec Jacques Housse! en ambassade en Turquie etMoscovie. Mais » Roussel, son collègue, lui avoit rendu de si mauvais offices auprès du 9 patriarche, que le grand-duc l'envoya en Sibérie, où il demeura trois , » ans prisonnier, jusqu'à ce que les artifices et malices de Roussel, qui ne » travailloit qu'à mettre les princes en mauvaise intelligence , ay ans esté » reoognues, on le remit en liberté, après la mort du patriarche. H 9 s'fstoit diverty pendant sa détention à apprendre, par cœur, les quatre

» premier! liTres de FÉnéide de Virgile, qu^il sçaToit pftrfattefflenC. » G'estoit un seigneur d^environ trente-six ans, et de très-belle humeur. » Relation du uoyage de Moscovie, Tartane et de Perse, depuis: Van i633 fjusques en Pan i63g, trad, de F allemand d'après Oléarius,par £. R. D. B., p. 58 , Paris, i656 ).

(10) OléariusVaTait point été trompé par un imposteur qui aurait pris une fausse qualité et de faux noms. Nous ne sommes point surpris ^ que Voltaire ait formellement nié un fait qu^il n'a-vait su approfondir : on sait que c^est assez volontiers sa manière d^écrire l'histoire; mais ce qui nous surprend davantage , c'est le sérieux avec iequel Lé- ▼esque discute un point sur lequel lui-même il n'a aucun renseignement. II n^était pourtant pas difficile d^éclaircir la question. Ce Charles de Talleyrand était le frère a)nè de cet infortuné comte de Chalais (Henry de Talleyrand) , ai connu par ses liaisons avec la duchesse de Chevreuse, par ses intrigues sous le règne de Louis XIII et surtout par la cruelle mort que lui fit subir l'implacable Richelieu. La seigneurie d'Exideuil, située en Guyenne^ fut érigée en marquisat par lettres du mois de septembre i6i3y en faveur de Daniel de Talleyrand, prince de Chalais, issu en ligne directe des. anciens comtes de Férigord, chevalier.de Tordre du Saint-Esprit , et père par Françoise de Monluc , sa femme , du Talleyrand dont parle Oléarius. Ce fut cette Françoise de Monhic qui, par. son mariage,. apporta dans la maison de Talleyrand les terres d'£xideuil, de Mareuil et de Belleville. Charles de Talleyrand, prinae dé Chalais, marquis ^Eçcid^uil, comte de Grignols , baron de BeUet^ille elde Mareuil ÇtiteeB que lui donne le grand dictionnaire généalogique), naquit vers iSgG,, et épousa, en 16^7^ après son retour de Sibérie, Charlotte de Poinpadour, dont il eut trois fils : Adrien- Biaise, qui épousa la princesse des Ursins, et mourut sans enfans; le second, Pierre, mort jeune également; et Jean de Talleyrand, qui continua la postérité de cette célèbre maison.

(11) Avant de donner les précieux documens que nous ont fournis les cartons de la Bibliothèque royale, je ferai remarquer combien il est surprenant que le judicieux Lévesque n^ait pas eu l'idée que la France pouvait avoir eu des relations avec la Russie , au moins sous le règne de Henri III. On sait que ce prince avait été roi de Pologne, et l'on peut croire qu'en cette qualité il eut plus d'une fois des démêlés avec le tzar de Moscovie. La correspondance de Danzay^ . dont nous donnons ci'i^ Après un extrait, nous fournit à ce sujet de curieux renseigneipeoau

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