PIÈCES DIPLOMATIQUES
iOe Charles Danzaj^ ambassadeur de Henry III ^^ roi de France et de Pologne^ près Frédéric II ^ roi de pannemark. {^)
Du aSmart 1576.
AU aaY.
Sire, Votre Majesté sait que je ne luy donnai oncNf ques plus d^espérance du roy de Dannemarck que je ne debvoiâ. Il a souvent déclaré et prcMuîs par ses let«t très à Votre Majesté qu^illuy estoit et voulbit demèti;^ rer vrai et syncère amy; mais veu Testât préseiit, je supplieray très humblement Votre MajesléiDe pardo&n ner, si pour fidèlement satisfaire a la charge qu'il ïuy a plue me donner, je luy écris ap^tement ce que j'estime estre pour l'avancement et seûreté de son service. Je puis vérltablenàent affirmer ( Sire ) que j'ay toujours trouvé le roy de Dannemarck très afiectiponé amy des roy s de France, et ne me suis apperçu qu'il variast .ni en fust aliéné devant ceste contention,, qui a esté entre Votre Majesté et là mabon d'Aur triche pour le royaume de Polongne. Lors ung chacun sait les détractions, calomnies, artifices des quels quelques ungs ont usé pour rendre Votre Majesté ^ ses actions odieuses et suspectes à tous les potentats; chrétiens et mesmement a ceux d'AUemaigne, tant pour le respect du Turc que par aultres invention»
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desquelles ils usoient (^). Aussi le dict roy de Dannemarck se pleignit par ses lettres au feu n^ monseigneur, votre frère (de sainte mémoire) y et à Votre Majesté de ce que vos ministres avoyent dict et promis aux estais de Polongne^ à son préjudice et désavantage. Semblablement il fut diligemment sollicite du dict empereur et de plusieurs princes d^AIlemai- ^e de s'opposer avecques eux a vos desseings^ depuis^ il sembloit que votre heureux pissage par TAllemaigne, d'ung commun consentement du dict empereur et de tons les estats d'AUemaigne, eust mis fin aux précédentes practiques et menées et faict perdre les légières et inconsidérées opinions que quelques ungs en avoient auparavant conceu, dont je ne feray à présent aultre mention; seulement je sopplieray très humblement Votre Majesté (Sire) <pi*il luy plaise se souvenir les bonis offices que je feis, selon la fidélité que je hiy doy, pour la seureté de son service*
Depuis Votre Majesté sait bien que le dict empe-* reur a^ saiwent ens^oyé dessers le Moscomte et semrblablement le dict Moscovite a Sa Majesté ^ et que les ministres du dict Moscovite sont premièrement venus devers le roy de Daniiemarck et depuis allés trcmver le dict empereur et après retournes par Da»nemarok en Moscovie : dont je his mention (Sire) pour ramentevoir à Vostre Majesté ce que je luydiicls en Pologne des desseings du dict roy deDannemai^ sur la ville de fievel et aultres place» que le roy de Suède tient en Livonie. Depuis^ j'ay plusieurs fois
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escrit a Votre Majesté que je ne penseroîs faillir d^ l'asseurer qiie le dict roy de Dannemarck^ du consentement de l'empereur^ vouloit avoir ce que le roy de- Suède tient en pays de Lâvonie ou par compositioi^ ou par surprise ou par foree^ et que pour ceste cause qu'il faisoit diligentement préparer et équiper une très grande armée de mer pour Favoir preste à ce mois de may.
Quant à la ligue qui est entre les princes protestants d'ÂUemaigne, si le dict roy de Dannemarck n'y est comprins, il est certain qu'il y sera receu quand il luy plaira : qui est peut-être cause avecques l'intdligence qu'il a avecque l'empereur qu'il se tient à présent tant asseuré.
Mais pour résolution^ je ne craindray de dire librement à Votre Majesté que je ne puis voir que le roy de Dannemarck soit pour rompre la générale amytié et intelligence qu'il a avecque Votre Majesté^ ne la négociation et commerce qui est entre vos communs subjects : aussi je seray bien marry de vous, donner espérance d'aultres particuliers plaisirs, ne faveur ne adsistance que princes aaijs reçoivent les ungs des aultres. Au demeurant (Sire) je serai tousjours prest de vous aller humblement rendre raison des charges qu'il vous a pieu me donner, et me sentiray heureux de pouvoir partir avecque l'honneur et ré* putation que }e me suis acquis, par ma vertu et inté* grité envers tous les Foys et princes où }'ay esté em-^ ployé, car je suis bien mérité d'eux et de leurs royau:^
mes et ne leur suis aulcunement tenu ne obligé^ que d'une honneste affection : et pour vray (Sire) fay communanenl receu<l'eulx mal pour Ijten»
Aussy (Sire) parceque je suis réduict à telle nécessité que je ne puis contenter ceux auxquels je suis redevable, pour avoir le moyen de accomplir ce qui m'a esté commandé de Votre Majesté, qu'il luy plaise commander que ce qui luy a pieu, de sa grâce cydevant Wordonner, me soit payé. Aultrement (Sire) 3e vous promets qu'il ne m'est possible de partir d'icy sans une perpétuelle honte et ignominie, que je couvre^ attendant ce moyen^ le mieux que je puis : et ne le vous escrirois (Sire) s'iln'estoit vérité, qui me sera occasion en telle extrémité de supplyer très humblement Votre Majesté se souvenir de l'honneur qu'il luy pleust me faire, sur son partement de Polongne.
Et par ce (Sire) que j'ay entendu. que Votre Ma^ jesté a esté faschée de ce que j'en suis party , je la supplieray très humblement en entendre les urgentes causes*
Premièrement, Disome fit la grâce de apaiser ceste fureur où estoient les Polonnais pour votre partement, et les contentois par. honnestés et considérées remonstrances.
Aussi je moyennois que les François qui y estoient, reçussent tout ce qui leur appai*tenoit et partissent sans aulcun empeschement: tellement que je demeurayseul de tous vos serviteurs et fus contraint, à mon grand regret, d'en partir ayant une très griefve maladie, et peu de moyens, et passer d'une des extrémités de
Pologne à Fautre en danger, en tel tumulte, d'avoir tous les jours la gorge coupée. Les causes de cette contraincte estoient que, en plein conseil, il me fut dict que ma charge n'estoit que particulière parceque Votre Majesté n'avoit faict mention de moy sur ses lettres au sénat, ains seulement aux sieurs particuliers. Davantage (Sire) Votre Majesté par les lettres qu'elle envoya de Vienne au sénat, par La Barre, {^) rejectoit toute la coulpe du dict tumulte sur celuy auquel elle avoit baillé ses lettres, à son parlement^ ce qui fut bien considéré de ceulx qui estoient offensés^ du fidèle et diligent debvoir que je faisois, pour la seurelë «te votre service. Je demanday souvent au dict La Barre si Votre Majesté ou quelcun de^on con^ seil ne luy avoit donné des lettres pour moy, ne charge de me dire ce que je debvois fiûre : il me respondit que non. Ung chacun ^avoit pour quelles causes j'estois venu de Dannemarck devers Votre Majesté. Aussy (Sii:e).Vostre dicte Majesté, par le Mémoire qui estoit escrit de sa main propre, ne donnoit ladiarge de ses affaires à moy seul, ains aussi au sieur Ahmani (^) et nous commandoit que ensemble nous pourveussions à vos affaires.
Pourtant ( Sire ) puisque Votre Majesté révocquoit le sieur Alamani et ne me faisoit entendre en sorte quelconque sa volonté, je ne me pouvois seul mesler de vos.affaires, sans faire apparoir de la charge que j'enavoisj pour ceste cause, il me fut conseillé pour ne estre tenu pour espie, et obvier a toute suspicion, que ce seroit pour le mieux que je ne demeuI^asse seul
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en P^^ong^e. Et par ce (Sire) que je prëvoyoîs bien ce qui m'est adveau je priay l'ainbassadéur de Va:iise et le vice chancelier de Polongne^ que je irouvay estre très alEeplÎQniiës à votjrc service, que si vous me envoyez quelq^ealeures^ ils me les feissent diligenuuent tenir «urle chctoin de Dant^ick ou à Ûantsick ou je dçmeuray expressément jusques au troisième jour d'aoust : et vous promets (Sire) que si vos lettres me y eussent •été rendues que je n eusse failly d'y obéyr très volontiers et sy noèrement : pour le syngulier désyY qiiie j'ay d'avoir cest honneur d'employer ma per-^ sonne et ma vi^^ qui sont vostî?es^ pour vous faire très humble et très agréable service : qui «st (Sire) ce que ji» puis à présent escrire a Yostre Majesté.
SlKE,
Jç supplye ti^ès humblement le Créateur vous donner^ etc.