SUR NESTOR. V
de Prague, avait commencé vers la même époque une histoire de son pays. Mais tous deux, ccMitemporains de Nestor, écrivirent en latin et donnèreril peu d'étendue a leur travail, qu'on ne peut sous aucun rapport comparer a celui du moine de Kievf. Ce n'est, qu'un siècle après lui que l'évêque Vicentius Kadlubeck, à l'instigation de Casimir-le-Juste, écrivit la première Chronique de la Pologne. Dans l'ancienne Scandinavie, deux sa vans Islandais dont on à conservé les noms, Semund et Ave, qui vivaient à quelque distance de Nestor, ont, dit-on, composé de volumineux mémoires sur l'histoire du Nord- Il faut amèrement regretter la perte de ces travaux, qui vraisemblablement eussent jeté beaucoup de jour sur les premiers temps de la Scandinavie. Jomandès, l'écrivain auquel nous sommes, sans contredit, le plus redevables pour les précieux détails qu'il nous a donnés sur les peuples du Nord, est loin de valoir Nestor : son ouvrage, antérieur de plus de quatre cents ans, appartient à un autre genre de composition et d'esprit. Goth d'origine, évêque de Ravène, Jornandès florissait au vi® siècle sous l'empereur Justinien, c'est-a-dire à une époque lettrée comparativenient a celle de notre chroniqueur. D'ailleurs, tout en s'occupant des faits de sa nation, Jornandès dédaigna sa langue maternelle, et, suivant l'usage du temps, écrivit en latin. Son livre est donc loin d'avoir pour les descendans des Scandinaves le mérite et le prix que doit avoir pour les Russes la Chronique nar tionale de Nestor, composée en langue slave à une