XIV NOTICE
nay , mais il faut dire qu'il ne nous est parvenu qu'en partie, et que les éditions publiées à Kiew en 1661 et 1702 ne sont que les extraits qu'en avait faits au xiïi« siècle Siméon, évéque de Vladimir et deSouz^ dal. Cette biographie, commencéç par notre auteur et connue sous le nom de Paterikon de Kiew^ fut après sa mort continuée par les moines du monastère de Petcherski, qui y insérèrent la vie de saint Nestor lui-même.
C'est uniquement dans Fouvrage de Nestor qu'il faut chercher ce que fut jusqu'au xii<» siècle cet empire de Russie aujourd'hui si colossal. On peut voir dans ce pays le berceau des peuples qui ont renversé la puissante monarchie des tlomains^ et sur ses ruines fondé de noilveaux empires, dont quelques-uns de nos jours subsistent encore. Dès les temps les plus reculés, les Slaves habitaient le sol de la Russie et les pays circonvoisins : peuple immense, devant qui souvent tremblèrent les empe-: reurs de Byzance, et qui subjugua plus de la moitié de l'Europe. En effet, de la petite Russie d'aujoui*d'hui sortirent les Goths, qui, en Italie, en France et en Espagne, vinrent fonder des états long-temps célèbres. Les Ougres sont arrivés des rives du Volga, du Jaïk et du Kouma. De ces contrées ont également surgi .les Huns et différons autres peuples qui, dès le commencement du yi^ siècle, lors de la grande émigration des barbares, ébranlèrent l'Europe et lui donnèrent la formé qu'elle a conservée de nos jours. Aussi l'histoire de la plupart des royaumes
SUR N-PSTOR. XV
européens remonle-t-elle à celle de l'ancienne Russie^ . et beaucoup de peuplas sontr-ils contraints de chercher leurs premiers ancêtres dans la patrie des anti- <jues Slavons, Cependant les rapports sociaux des Rosses avec les étrangers n ont été indiqués d'une manière certaine qu'à dater de l'époque ou Rurik s'empara de l'autorité, et de celle surtout où Vladimir emprunta à la Grçce la religion chrétienne , et avec elle les arts et les sciences. Bientôt après on voit non-seulement les peuples Voisins comme lés Polonais, les Suédois et les Hongrois, mais aussi les peuples les plus éloignés, comme ceux de France et d'Italie, contracter avec les grands princes de Russie des liens de lamille et des traités de commerce.
Nestor peint l'éclat de ce pays avant l'établissement de la .monarchie : son récit, .qui commence avec l'année 858, et qui renferme une espace àe deux cent cinquante ans, est entremêlé de parti- <mlarités curieuses sur différens peuples alors complètement inconnus. Il est vrai qu'avant de fixer les dates, il essaie d'analyser toute l'antiquité, et fait descendre en ligne directe sa nation d'un des enfans de Noé. La confiance avec laquelle il raconte des faits arrivés plus de mille ans avant lui, prive le commencement de *son histoire de cette gravité qui distingue en général le reste de l'ouvrage. Cependant l'on ne peut raisonnablement reprocher à l'auteur ce besoin d'expliquer tout , et ce penchant à accueillir des fables ou des idées vulgaires. Ce défaut, si c'en est un^ lui e^t comn^un avec la plupart des