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auteurs du moyen^ge. D'ailleurs il s'arrête peu sur les. siècles incertains, et se hâte d'arriver au commencement de Rurik : dès lors la plus grande méthode règne dans son récit et tout ce qu'il rapporte est clairement établi suivant l'ordre chronologique. A mesure qu'il se rapproche de son siècle^ et dès 879, il s'habitue a raconter tous les faits qui. spécialement concernent les Russes, avec plus de détails et de développemens. Il conduit son récit avec tant d'ordre et d'assurance, il le continue avec tant de zèle et de bonne foi qu'il transcrit mot pour mot difFérens traités de paix avec les Grecs. Ce qui fait voir que, pour la véracité des faits qui lui sont anté^ rieurs, il n'a pas seulement consulté les bruits populaires, mais aussi qu'il a du s'appuyer sur les historiens de Byzance, ou du moins sur des traditions constantes et bien établies.
Je sais qu'outre ce que nous appellerons la puérilité de son début , on pourra reprocher encore à Nestor quelques fables absurdes, des faits évidemment falsifiés, des préjugés nombreux et quelque partialité pour des princes vicieux , mais dévots. Quel est l'auteur un peu ancien à qui pareils reproches ne*puissent être adressés , et surtout quel est l'auteur contemporain qui n'en mérite de plus graves ? Ce qu'il y a de certain, c'est que dans nul auteur on ne trouve plus de bonne foi, plus de justice , plus d'amour de l'humanité. D'ailleurs il y a dans l'histoire des peuples autre chose que des événemens : ces préjugés nationaux, ces traditions populaires , cette crédulité^sans
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borne 9 cette aveugle soumission a la volonté du maître, tout cela doit intéresser un lecteur judicieux, puisque ce sont autant de couleurs qui servent k peindre Tétat des esprits, le caractère et les mœurs d'une nation.
Nous avons établi que la Chronique de Nestor proprement dite, au moyen du court supplément qu'a fourni Tatischeff, conduit jusqu'en 1 1 16, époque où le travail du premier continuateur est formellement indiqué. Cette première partie de Fhistoire russe forme aussi le premier volume de notre publication.
U nous reste à dire quelques mots des annalistes qui continuèrent la Chronique, et dont le travail £iit la matière de notre deuxième volume. Le premier > qui a le moins écrit, est celui sur qui nous avons le plus de lumières, parce qu'il a pris soin lui-même de se faire connaître. « Moi, Sylvestre ( dit-il à la date » de II 16), ai commencé à écrire ces annales sous » le règne de Vladimir, grand prince de Kiew, tan- » dis que j'étais abbé du cloître Saint-Michel ( de » Kiew). Puisse la grâce de Dieu me soutenir, et » veuille le lecteur prier pour moi ! »
On sait en outre que, dès 1 1 19, Sylvestre fut fait évêque de Péréiaslaw et qu'il ne put continuer longtemps la réc^tion de sa Chronique, puisque, suivant la légende, il mourut le 23 aVril i laS. La coopération de Sylvesfre n'est donc r.emarquable que parce qu'elle établit d'une manière invariable et la fin de la tâche de Nestor et le commencement de celle du troisième annaliste*
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Le nom de celui-ci est complètement ignoré. Suivant quelques copies que cite Tatischeff , ce continuateur raconte lui-même qu'en n46 il chantait les psaumes avec le prince IgÔr dans une église de Vladimir. Il est toutefois probable qu'il restait en Volhynie, car il décrit avec beaucoup plus dcf complaisance et de développemens les évériemens de cette province et du pays qui Tavoisine que cetii du reste de la Russie. Son style est plus travaillé, plus nombreux que celui de son devancier. Le morceau leplus curieux de son travail est le récit de Fémeute des Kiéviens et de l'assassinat du malheureux Igor, ^us le règne d'Isîaslaw II. Il rappelle le style et la manière de Nestor, etsurtout l'épisode si touchant de Vassilko.
Le dernier annaliste dont l'ouvrage soît compris sous le titre de Chronique de Nestor est également resté inconnu. On suppose généralement qu'il commença à écrire en 1157 et qu'il continua jusqu'en i2o3. Ce qu'on trouvera dans notre traduction audelà de cette époque , ainsi que ce qu'on lit entre les années 11 55 et il 57, est pris des Chroniques dé Novgorod, coUigées, ainsi que nous l'avons dit, par le laborieux TatischéfF.
Telles sont les quatre chroiiiques q^ forment la première classe des annales russes. Elles furent continuées par des contemporains jusqu'au xvii^ siècle. Le célèbre patriarche Nikon employa les loisirs de sa retraite k comparer toutes les copies qu'il put se procurer de ces diverses chroniques : corrigeant , sup-
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plëant par l'une 4^ qui manquait à Fnutre ^ il forma du tout^ en langue slavonne^ un corps d'histoire qui va jusqu'en l'an i63o.
Cependant à cette époque-là même, et bien longrr temps encore après, les manuscrits de Nestor, cachés dans les archives des monastères de Russie, étaient restés si peu connus, qu'çn général on attribuait à ce patriarche la première collection qu'il avait faite des chroniques nisses, collection encore aujourd'hui citée sous le titre de Chronique de Nikon. Le baron Herberstein, envoyé comme ambassadeur par l'empereur Maximilien vers le grand prince Vassiliévitch, après un long séjour à I^Ioskou^ publia le premier, en i556, une histoire passablement suivie delà Russie. Cependant il est fort douteux qu'il ait lu la Chroni^ (}Ue deJYestor^ ou, s'il l'a connue, ce n'est que par fragmens, d'une manière fort peu sûre, et seulement jusqu'au règne de Vladimir h^. Et c'est toutefois le seul livre que durant long-temps les étrangers aient eu sur la Russie. Le pasteur suédois Pétréj us n'en connut pas davantage, et se borna à répéter ce qu'avait dit Herberstein. C'est cette ignorance des véritables sources historiques qui produisit les fables ridicules publiées sur la Russie dans les livres étrangers, fables si long-te^nps accréditées. Uestà remarquer cependant, âiasi qu'il fut constaté depuis,. que des copies de Nestor se trouvaient autre part qu'en Russie : les bibUoT thèques d'Abo, de Ko^igsberg, de Volfenbuttel et de Paris en possédaient chacune un exemplaire, et, ainsi que nous l'avons dit, l'une d'elles se trouvait être