‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 100 sur 198 · PROLÉGOMÈNES CXXVII · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES CXXVII

n'a rien de commun avec l'effroi respectueux que les gouvernants du moyen âge éprouveront plus tard pour les mystères de l'Église et pour un clergé détenteur des clefs du ciel. Cette peur courbera un jour la tête du Sicambre devant la tombe de saint Martin; mais c'est un sentiment ultérieur, une idée de barbares; je veux plutôt dire une idée qui ne sera concevable que lorsque les barbares auront tout brouillé et obscurci. Elle n'entre pour rien dans la conduite de Théodose subissant avec humilité les réprimandes, tantôt justes, tantôt iniques d'Ambroise. Très probablement, si l'évêque de Milan ne lui avait paru à craindre qu'en ce qui concerne le salut éternel, l'astucieux empereur se serait montré un peu moins souple. Mais il avait la notion très précise que ce pieux prélat était un adroit manieur d'hommes, habile à fomenter l'agitation, expert en émeutes. Faisons la part aussi grande qu'on voudra aux autres considérations; seulement, ne perdons pas celle-là de vue. On a dit emphatiquement que la monarchie française avait été fondée par les évêques. Assurément; et aussi toutes les autres monarchies; et aussi presque toutes les institutions du moyen âge. Comment eût- il pu en être autrement? Les institutions ne prennent vie que parce que les peuples les agréent, et l'épiscopat était alors l'unique organe de la volonté générale. Quand donc, en 383, il remplit cette fonction à Trêves en l'appliquant pour la première fois et très directement à la politique proprement dite^ le fait mérite d'être noté avec soin. Il est d'autant plus important, que la sanction donnée à l'usurpation de

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