‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 99 sur 198 · CXXVI PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

CXXVI PROLÉGOMÈNES

ment de prélats importuns et querelleurs. Ils Taccablaient de suppliques et lui demandaient de trancher leurs disputes. En ce temps-là, les évêques ne criaient pas contre la Césaropapie; c'est eux qui Font fondée. Constantin écarte donc de lui le guêpier en leur disant : « Je ne saurais vous juger; puisque c'est vous qui êtes mes juges. » Cest de Teau bénite de cour. En 325, pourquoi le chef du pouvoir politique se préoccuperait-il des prétentions du pouvoir spirituel ? Il Texerce à peu près seul et sans entrave. Au contraire, quelques centaines d'années plus tard, la phrase de Rufin, habilement maniée par les évêques du temps des fils de Charlemagne, devient une quintessence de théocratie. Elle était pourtant conçue en termes identiques aux deux époques. Ce qu'on lui fait dire au VIII* siècle, elle le disait au iv*. Seulement, nul alors ne s'en souciait: en cela consiste la différence. Lorsque les princes carlovingiens s'humilieront devant les évêques, ce sera parce qu'ils les considéreront comme les redoutables représentants sur terre de Dieu et de ses Saints. Constantin, au contraire, se serait médiocrement préoccupé des épiscopes de VOrbis Romanus s'il n'avait vu en eux que les ministres de la divinité. Évêque, il Tétait autant qu'eux, plus même qu'eux, puisqu'il dirigeait spirituellement, non pas les chrétiens seuls, mais aussi les polythéistes. En revanche, ce qui le touchait de plus près, c'est qu'il considérait en eux les chefs de cette armée triomphante qui avait vaincu l'empire païen avec ses martyrs; et qu'il les savait appuyés sur la fraction la plus énergique et la plus remuante des populations de l'empire. Or, ceci

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