PROLÉGOMÈNES CXXXI
Orient depuis Théodose, est-ce qu'ils pourraient résister aux coups d'un champion de l'orthodoxie aussi avéré que Magnus Maximus? Il est bien vrai que l'entreprise, à côté de tant d'aspects favorables, en avait un moins rassurant. Ainsi, le comitatus de l'active Justine était infiniment mieux composé, sa cour beaucoup mieux entourée et avertie que celle de Gratien. Il ne fallait pas compter que là-bas, au midi, en haute et basse Ligurie, on se laisserait prendre dans une simple embûche. Même des stratagèmes aussi savamment combinés qu'à Rutupis,aux Bouches du Rhin ou à Paris, n'y suffiraient point. Les troupes de Valentinien II, nombreuses et bien commandées étaient prêtes pour la lutte. Si elle s'engageait, elle deviendrait très sérieuse : ce serait une vraie guerre; et Maxime savait bien qu'il n'était pas, lui, un vrai général. En revanche, comme il s'entendait mieux que pas un à l'organisation et à l'intendance, les choses se compensaient. C'est pourquoi, toute autre affaire cessante, il songea à s'occuper de son armée pour la constituer ou la reconstituer, en raffermir les cadres, en ravitailler les magasins; autant de détails qui reviennent à dire que ses besoins d'argent étaient extrêmes.
Nous l'avons montré homme de ressource, nullement maladroit en finances, expert dans l'art des exactions et des extorsions. Mais ces moyens, supportables chez un chef de révolte, cessaient d'être de mise pour un «Auguste». Destituer des fonctionnaires, vendre leurs charges après avoir confisqué leurs biens; accabler d'amendes les adhérents du