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régime renversé; arracher des taxes extraordinaires aux villes et aux régions soupçonnées de loyalisme envers Tancien empereur : rien de plus normal au lendemain d'une émeute; rien de moins admissible, au contraire, pour un pouvoir régularisé bien que jeune et visant à s'asseoir définitivement. C'était le cas de Magnus Maximus. Ses statues venaient d'être officiellement érigées sur les places publiques ^ Il touchait à cette considération qu'obtiennent toujours les gouvernants en la durée de qui on a foi. Les pratiques du purpuratus latro de 383 lui étaient donc interdites désormais; et il se mit à chercher autre chose.
La fortune propice qui l'avait jusque-là remarquablement favorisé, ne l'abandonna pas en cette conjoncture. Avant même qu'il eût le temps de mettre en activité sa féconde cervelle, des moyens lui furent fournis de remplir son fisc sans bruit, sans scandale, sans risque de décri ni de compromission; propres plutôt à consolider le nouveau pouvoir en ajoutant au renom de piété et d'orthodoxie de celui qui l'occupait. Voici comment Tafifaire se passa.
Nous avons laissé la crise espagnole au moment où le parti des évêques venait d'être sinon tout à fait abattu, du moins accablé d'humiliations par un décret, ô dérision amère, qu'avait signé le « christianissime ». L'homme de main de la troupe, Ithacius, en dépit de
I . Voir le rescrit ordonnant à Cynes^ius, préfet d'Orient, de faire dresser sur les places publiques d'Alexandrie les statues de Maxime. Cette mission est explicitement constatée par Zosime, qui parle d'une c proclamation au peuple » où il étail ordonné : Ht imaginem Maximi conspiciendam AUm$ndrini9 publiée PoHêret (p. 762).
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son habituelle audace, avait pris peur et s'était enfui. Les ascètes remportaient. Très probablement ils allaient prendre la direction du mouvement religieux, quand survint la foudroyante catastrophe qui mettait inopinément fin au règne de Gratien. Cet adverbe « inopinément » ne s'applique pas à tout le monde. Nous avons vu que le désastre avait été longuement et savamment préparé. S'il était besoin de nouveaux indices pour faire toucher du doigt la collusion entre épiscopes et militaires, on n'aurait qu'à signaler cette singularité d'une évolution politique dont le premier acte consista en la convocation d'un concile chargé de juger les Priscillianistes. Évidemment, Magnus Maximus était par -dessus tout préoccupé de prévenir les souhaits de ses compatriotes, les prélats d'outre- Pyrénées', L'assemblée prit siège à Bordeaux, lieu
I. Je considère qae l'ensemble de ma narration contient tout ce qu'il faut ponr réfuter sans débat les interprétations qui ont eu cours sur l'épisode de Maxime. Je ne les ai donc pas discutées, mais simplement constatées (cf. p. XXXVII et 646, ce qui est dit d'Henri Martin et de Michelet.) J'en fais autant ponr le comte Beug^ot qui, dans un livre, d'ailleurs très bien conçu, étudié et exécuté, représente le succès de l'usurpation de Magnus Maximus comme ayant été obtenu par un accord avec les partisans du culte polythéiste. C'est aussi de la même façon que M. Beugnot explique l'entreprise de Maxime contre Valentinien II : c Quand j'ai vu, dit-il, Maxime quitter les Gaules et descendre en » Italie pour y braver la puissance si redoutée de Théodose, j'ai supposé qu'il >y était appelé par l'aristocratie païenne. Je vais rechercher s'il est permis » d'admettre cette interprétation d'une tentative trop audacieuse pour avoir eu 9 quelques chances de snccès *. > Cet étonnant paradoxe s'appuie uniquement sur la surexcitation qui, à la mort de Gratien, se produisit parmi les membres du haut personnel polythéiste de Rome, surtout lorsque la famine s'abattit sur l'Italie. Ils y virent un fléau vengeur, qui s'adjoignait au meurtre de Lyon pour punir les mesures prises contre le service des temples par le jeune c christianissime. > (Cf. Otto Seck, p. uv et lXXXVii, où les faits sont remarquablement décrits.) < Mais cette émotion, limitée à c la Ville, > n'amena rien autre chose que la nomination de quelques grands bureaucrates païens aux postes qui s'exerçaient dans Rome
* Dtttrmetion dm papintsfite, t. 1, p. 397.