CXXXIV PROLÉGOMÈNES
très bien choisi, l'Aquitaine seconde ayant constamment participé à l'agitation dont le foyer principal était en Espagne. Dans les circonstances nouvellement surgies, aucun doute ne pouvait se produire quant au sort réservé aux « accusés d. C'est le terme qu'emploie Sulpice; nullement exact à ce moment-là, il ne tardera guère à le devenir. Les auteurs probables de la combinaison, Ydacius et Ithacius, eussent sans doute préféré quelque mesure plus décisive. Une assemblée ecclésiastique ne pouvait atteindre qu'assez faiblement ces ascètes détestés, qu'on aurait voulu mettre à néant. Mais enfin ils seraient frappés de blâme; probablement destitués de leurs fonctions; en tout cas,
même. Cela suffit pour calmer des gens dont le conservatisme était trop timide pour leur permettre de tremper dans une révolution. Ils pouvaient former des vœux, pousser des acclamations pour le vainqueur une fois le conflit vidé ; mais jes actes compromettants n'étaient point leur affaire. M. Beugnot, je crois, avait négligé d'examiner les deux lettres de Maxime (citées p. 56 1) : Tune où l'usurpateur expose au pape Sirice comme quoi sa mission consistait à protéger l'Église orthodoxe; l'autre, où il signifie, en termes onctueusement comminatoires, à Valentinien II que si le gouvernement de Milan tarde trop à réprimer les semiariens, il se verra à son grand regret obligé de s'en charger lui*m6me. Ce dernier document, — vrai programme de l'expédition d'Italie, dont je n'expose ici que les préparatifs et qui eut lieu quelques mois plus tard, — permet d'apprécier à sa juste valeur le prétendu appel adressé par Maxime à c l'aristocratie romaine >. Je ne vois pas non plus pourquoi M. Beugnot a mis en vedette c la puissance si redoutée > de Théodose. Étant données les circonstances, on dirait une moquerie. A quel point Maxime éprouvait de l'effroi vis-à-vis de l'Auguste d'Orient, on l'a pu juger plus haut (cf. p. Lxzxvi). L'attitude du chambellan-légat chargé de négocier avec la cour de Constantinople, vers la fin de 383, loin d'irriter Théodose, le trouva souple comme un gant. Zosime l'atteste et le Code théodosien en fait foi. Quoique le championnat orthodoxe de Magnus Maximus exerçât sur le clergé italien un bien moindre prestige qu'il ne l'avait fait quatre annéeg plus tôt sur le clergé hispano-gaulois. Théodose laissa pourtant percer de grandes hésitations. Zosime, qui les a notées, affirme qu'elles prirent fin uniquement par l'influence amoureuse de la gentille Galla, demi-sœur du petit Valentinien. En tout cas et ce point est plus sûr, le plan de résistance à la nouvelle usurpation ne fut arrêté qu'après que des précautions suffisamment solides eurent été prises contre un retour possible de Justine à ses amitiés semi- ariennes. Là était le vrai nœud de cet incident. Même lorsque les obstacles d'ordre religieux