‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 110 sur 198 · PROLÉGOMÈNES CXXXIX · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES CXXXIX

instrument de persécution retourné par les chrétiens, maîtres du pouvoir, contre les philosophes restés fidèles au polythéisme. La profession de foi religieuse joua toujours un rôle insignifiant dans la question. J'ai dressé une liste des hommes illustres par le rang, la fortune ou le mérite, que le soupçon de magie vint menacer ou accabler en ce temps-là. Elle débute par le nom de Sopater, ministre favori de Constantin, dévoué aux opinions et à la politique de son maître, et que celui-ci laissa néanmoins condamner comme coupable « d'avoir enchaîné les vents par la vertu extraordinaire de sa science», en vue d'empêcher un arrivage de blés qui aurait diminué ses secrets bénéfices. J'y rencontre ensuite des empereurs, Maxence, Julien; des philosophes, Edesius, Maxime, Ghrysante; des rhéteurs éminents, Libanius; des évêques, Athanase, Ambroise; des savants et des écrivains, Jérôme et un peu Augustin; à qui on pourrait adjoindre, en guise de tête de liste, Origène, dénoncé rétrospectivement comme magicien insigne par Théophile, patriarche d'Alexandrie*. Le crime de magie s'applique à tout; il est bon à tout lorsqu'il s'agit de déconsidérer et de détruire; il sert contre tous, indépendamment des questions d'origine, de famille, de situation, d'opinion et de culte, ainsi que le montre la précédente liste, si riche en nuances,

1. Pour Sopater, cf. Viiae Philosophorum, V, Eunape; — pour Maxence, VUa Cotuianiini, I, 36, Eutèbe; — pour Julien, Historia Ecclesiaaiica, VII, Théodoret; — pour Athanase, infra, p. 533; — pour Ambroise, voir dans Baronius l'histoire de l'onoscélide; — pour Jérdme, EpMula ad EustocMum Qt cite le tszte ailleurs) ; — pour Augustin, C<mfeM9ion», IV, 2, et X, 25;— pour Origène, Bpittuia PaâchalU, de Théophile, g I, i6, commençant ainsi: Confundaiur Origtnn, etc.

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