‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 111 sur 198 · CXL PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

CXL PROLÉGOMÈNES

tout incomplète qu'elle soit. Cette incrimination possédait, en outre, le privilège qu'aussitôt lancée, l'individu ou le groupe d'individus qu'elle frappait, se voyait, sans autre délai, tenu pour coupable a priori, chacun sachant bien que Fattrait des pratiques de cet ordre était universel et que la conviction de leur efficacité hantait toutes les cervelles. Il y a pourtant un cas plus fréquent que les autres, c'est celui où l'imputation de magie est dirigée par des chrétiens, partisans de certains points de dogme, contre des chrétiens en qui ce même dogme trouvait des adversaires. Je raconte ailleurs le cas prodigieux d'Athanase (p. 523 sqq.), auteur principal des déclarations de foi connues sous le nom de symbole de Nicée, simple diacre lorsque cette œuvre capitale fut accomplie, en réalité tête, cœur et bras de l'assemblée qui la formula. On le vit néanmoins, quelques années plus tard, poursuivi et condamné comme magicien. C'est le type par excellence de l'accusation de sorcellerie, employée par des membres du sacerdoce pour perdre leurs collègues attachés à des persuasions différentes. On dirait d'une préfiguration voulue et réfléchie du procès de Priscillien. Au surplus, en dehors de toute classification spéciale, il y avait eu, au cours du siècle, plusieurs grandes épidémies de procès pour sorcellerie : la première, sous Constance, alors que le jeune César Gallus, frère indigne de Julien, gouvernait l'Orient; la dernière n'étant autre que celle qui épouvanta la Gaule au moment même qui nous occupe. Par épidémie, j'entends des poursuites initialement engagées contre une ou quelques personnes seulement; puis.

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