CXLII PROLÉGOMÈNES
On a vu qu'à son premier voyage à Trêves (cf. supra p. c), Martin s'était préoccupé des affaires d'Espagne uniquement pour empêcher que la répression contre les priscillianistes dépassât une juste mesure, soit par la trop grande rigueur des peines, soit par l'extension abusive qu'on pourrait lui donner ; le nombre de coupables, si coupables il y avait, étant, selon lui, fort petit. Les griefs de magie et de manichéisme ne s'étaient pas encore produits; du moins Ithace les avait-il exposés, ou, plus exactement, insinués, sous forme d'assez vagues allusions, visant à â corser et colorer son réquisitoire. Or, ils allaient ; prendre inévitablement le premier rang : impossible î d'en douter pour qui sait comment le terrain juridi- ' que était constitué. A vrai dire, la déclaration de I Priscillien peut très exactement se traduire : « J'ai refusé d'être jugé ecclésiastiquement comme dissident dogmatique, voulant être jugé, séculièrement, comme sorcier. » L'empereur, en effet, dans une question de foi ou de discipline, n'avait aucun droit d'intervenir ; c'était une doctrine affirmée dès le début et décisivement réglée, en dernier lieu, par Valentinien premier » . Si donc le prince, en tant que magistrat judiciaire, laissait les « priscillianistes » venir à son tribunal, ce ne pouvait être que pour statuer sur ceux des griefs allégués contre eux qui tombaient sous sa compétence de juge au criminel. Voilà pourquoi j'ai remarqué que, de Tobscurité relative où on les avait tenus, ils entraient en pleine lumière. On en comptait
I. Voir infra le petit estai sur la aituation du /or épiscopal au point de vue de l'ac^to criminalU,
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