‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 116 sur 198 · PROLÉGOMÈNES CXLV · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES CXLV

Tascendant qu'il avait exercé ou cru exercer sur Maxime. Néanmoins^ il était bien évident qui ni Tune ni l'autre des espérances contenues dans le plan qu'il s'était fixé, ne se réaliserait sans de vives luttes. La victoire ne serait pas l'œuvre d'un jour, mais une bataille qui durerait longtemps. Aussi le vieil évêque semble-t-il s'être alors établi à Trêves, constitutus^ dit Sulpice, avec le ferme dessein de n'en sortir qu'après avoir obtenu gain de cause. Pour gage de début, il put s'apercevoir tout de suite que, lui présent, les poursuites ne seraient pas entamées. Son action était si ardente, sa popularité si étendue et si redoutée, qu'on n'aimait guère à le heurter de front ! En fin de compte, il semble à peu près certain qu'Ydacius de Mérida recula décidément, alors qu'lthacius, resté seul à assumer les responsabilités, feignit des hésitations et fit mine comme s'il pensait à se désister. D'autre part, Maxime, et ce fait est indubitable, s'engagea à ramener l'affaire dans les limites purement ecclésiastiques d'où Martin avait toujours souhaité les voir ne pas sortir. Sulpice l'afl&rme en termes ' où je crois reconnaître la parole, volontiers un peu hautaine, de son maître dans les circonstances de ce genre. Cette concession, il ne sera pas inutile de le constater, fut une preuve de prépotence morale auprès de laquelle nombre de faits analogues et très prônés sembleraient petits. Elle avait été imposée non pas tant à un empereur par un évêque, qu'enlevée de haute lutte par un évêque, seul contre

I. « Egregia auciorUate.., sponêionem eticuii... » (C/ir. II, 3o, 6, 21.)

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