‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 117 sur 198 · CXLVI PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

CXLVI PROLÉGOMÈNES

tous les autres évêques qu'appuyait l'autorité impériale; et c'était l'esprit de persécution, à vue d'oeil grandissant depuis quelques années, qui venait d'être contraint de quitter la place. Sur ce succès définitif ou simplement apparent, Martin pouvait donc, cette fois encore, rentrer chez lui l'âme joyeuse. 11 avait infligé un échec complet, du moins le crut-il ainsi, aux prélats politiciens de l' Hispano-Gaule. Seulement, il faut voir la fin.

A mesure que le vieil évêque s'éloignait de Trêves, les dispositions qui, durant sa présence à la cour, avaient semblé inadmissibles, revêtaient peu à peu un tout autre aspect. Sur examen nouveau, d'abord elles cessèrent de paraître aussi impraticables qu'on l'avait cru; ensuite, on les considéra comme d'une réalisation non seulement possible, mais utile; finalement, elles furent proclamées nécessaires. L'ordre moral compromis, la vérité orthodoxe outragée exigeaient une expiation; et ce n'était pas un gouvernement, suscité tout exprès par le Ciel pour restaurer les pieuses idées et les bonnes règles dans l'empire, qui pouvait se refuser à cette œuvre de salut public. Ainsi raisonnaient les évêques : Maxime se laissa prouver par ces sophistes qu'il ne devait pas tenir une promesse radicalement contraire à son devoir le plus sacré. C'est du moins ce que Sulpice redit à plusieurs reprises \per episcopos depravatus. Je me permets pourtant de croire que la difficulté qu'éprouva

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