‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 121 sur 198 · PROLÉGOMÈNES CLI · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES CLI

muniquer avec nous. S'il réalise son projet, nous sommes perdus; et vous, vous ne valez guère mieux. Qu'aura-t-il servi de tuer Priscillien pour que Martin venge les morts, les réhabilite et sauve les survivants? » Pas un mot de ce discours, pas une des allégations qu'il renferme qu'on ne puisse aisément étayer, justifier d'un texte. L'indignation que ces plaintes exprimaient était si vive, quun plan, naguère vaguement insinué par l'impudent Ithacius et dont tous s'étaient scandalisés, — il s'agissait de poursuivre Martin comme hérétique, — fut repris, non plus timidement et indirectement, mais au grand jour et avec audace par ces évêques qu'agitaient toutes les folies de la peur. Ils osèrent sommer le prince « d'user de sa force contre cet homme », et, détail caractéristique, il s'en fallut de peu que le conseil ne fût suivi'. C'est qu'en effet, les appréhensions des prélats étaient trop visiblement fondées pour ne pas frapper Maxime. Seulement, toucher à Martin, quelle redoutable entreprise ! Un moyen moins aventureux s'offrit à l'esprit du rusé empereur. Au moment où l'évêque de Tours arrivait dans une localité, que Sulpice ne désigne pas nominativement, mais qui était très proche de Trêves, il y fut abordé par les agents du « maître des offices » chargés de l'empêcher d'accomplir sa dernière étape, s'il n'acceptait d'abord un certain compromis, lequel pivotait sur la question de la « communion » . Là effectivement était le nœud principal du conflit. On a vu plus haut l'opiniâtre

I. < Utaiur advêrsum unum hominen vi sua, Nec multum abe^cU quin eogeretur impêraior. » {Dial, III, 1 1, 2.)

Goo^^

Page 1