‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 124 sur 198 · PROLÉGOMÈNES CLV · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES CLV

fort bien renseigné, du reste', n'eut donc pas besoin de réfléchir longtemps pour prendre un parti. Les procédés violents, d'ailleurs antipathiques à son tempérament, lui parurent n'avoir jamais été moins indiqués que dans la conjoncture actuelle. Celle-ci, au contraire, s'offrait avec une opportunité spéciale comme champ d'exercice pour les qualités de finesse et de rouerie dont Maxime était excellemment pourvu. En conséquence, lorsque Martin se présenta au palais, il y fut accueilli avec mille égards, et aussi une bonne dose de cette réserve qui rend plus difficile l'exposition de ce qu'on a à dire aux grands. Maxime l'écoutait comme s'il n'eût pas été bien au courant des motifs qui avaient conduit le vieil évêque à sa cour; il répondait évasivement aux questions posées, ou bien il se livrait à des considérations générales propres à obscurcir et à éloigner le sujet pratique et immédiat. Ce jeu de temporisation et de louvoiement dura deux jours, au bout desquels il ne lui restait plus rien à apprendre sur les plus intimes dispositions de son impulsif et peu retors interlocuteur. Le courageux vieillard, sans songer aux solidarités contractées par celui à qui il parlait, avait amplement laissé voir la méprisante appréciation portée par lui sur les ecclésiastiques dont la cohue encombrait le comitatus de Trêves; il avait exprimé son inébranlable résolution de ne rien faire qui pût l'associer, fût-ce de très loin, à de tels collègues; enfin, et surtout, il n'avait pas su cacher, — et, certes, bonne note en fut prise, — il

I. c Non erai nêscius Mariinum sanctUate cunctis prestare morlalium. >

Page 1