CLX PROLÉGOMÈNES
nier quart du iv* siècle; tourmentant les âmes de sa dure poussée vers la violence contre les erreurs d'opinion; poussée toujours plus âpre et plus entière selon que les âmes sur lesquelles elle s'exerçait étaient plus élevées en lumières et en intelligence. Ce détail précise notre problème. L'infériorité spéculative et politique de Martin était aussi évidente que sa supériorité sentimentale et affective était incontestable : le contraste qu'on en vit découler fut frappant. A l'aspect du péril dont la furieuse ardeur de disputer et de remanier menaçait l'édifice religieux fraîchement construit, les observateurs intéressés et attentifs demandent qu'il y soit mis un frein coûte que coûte, et ils ont raison. C'est de vie ou de mort qu il s'agissait, rhérésie risquant d'obstruer indéfiniment les portes de l'avenir. Or, Martin, à la même heure, reste étranger au juste effroi qui gagne tout le monde; bien que le même spectacle frappe ses yeux, il les tient fermés au danger universel. Cette difficulté de vivre au milieu de continuels et épuisants débats, tant de fois examinée par les docteurs sur le terrain théorique, elle a beau se présenter maintenant sous la forme précise d'une pressante réalité, il continue à ne pas la voir. L'instinct conservateur qui partout avec tant de force s'éveille, le laisse indifférent; ou plutôt ses regards se tournent vers ceux qui sciemment ou insciemment ont suscité ces alarmes, car peut-être vont -ils, à cause de cela, souffrir et mourir. Il n'a d'oreilles que pour leurs plaintes ; elles déchirent ses entrailles; sa sensibilité surexcitée lui crie qu'il est affreux de tuer des êtres humains parce qu'ils n'ont