‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 14 sur 198 · XX PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

XX PROLÉGOMÈNES

sçs faces. Présentement, afin de dégager la promesse de mon prolégomène premier (t. I, p* lxi), il faut raconter les événements qui jetèrent Martin parmi les drames d'une révolution théologico -militaire et le mêlèrent à des intrigues de palais. C'est une aventure aussi curieuse que mal connue : je souhaite qu'on me pardonne les explications parfois bien lourdes à l'aide desquelles j'ai cru devoir l'éclairer. Les résultats complexes et contradictoires de la reconstruction suprême tentée par Dioclétien et Constantin s'y reflètent, je Tai déjà remarqué, sous un singulier relief. Cependant, de tous les aspects qu'offrit alors le régime impérial renouvelé par les deux fortes têtes du début du siècle, le plus instructif à étudier dans cet épisode de l'usurpation de Maxime est certainement celui qui concerne la transmission de l'autorité souveraine. Que pouvait bien être, en effet, un usurpateur — le mot du temps est « tyran » — dans un régime qui excluait tout à la fois l'hérédité et l'élection ?

La réponse n'est pas aisée. Le iv* siècle ne serait pas le IV* siècle s'il était possible de définir avec brièveté et netteté les choses qui s'y passent. Les portions du vieux monde, mortes ou près de mourir, se confondent avec les germes promis à une maturation prochaine. On ne distingue pas bien ce qui finit de ce qui commence, les choses finissantes ayant de

Page 1