PROLÉGOMÈNES XXI
soudains retours propres à faire illusion, et les commençantes subissant des langueurs comparables à Tagonie. Mais ne parlons que de l'hérédité et de l'élection. L'ancien principat à base sénatoriale et populaire avait été, on le sait, définitivement condamné et enterré dès la fin du précédent siècle. Voici pour Télection. D'autre part, Dioclétien, le véritable créateur du nouveau régime, était absolument hostile à la succession de famille. Il en avait senti les dangers dans un système politique où tout roulait sur la responsabilité du chef de l'État. Il la jugeait tellement lourde, cette responsabilité, qu'il inventa sa Tétrarchie afin de la diviser en quatre parts, en donnant à ce régime la cooptation pour ressort essentiel. Seulement, les Augustes, qui pouvaient se choisir tel successeur qui leur plairait, n'avaient pas le droit de désigner leurs fils. Voilà pour l'hérédité. De ces deux principes, l'héréditaire et l'électif, ce n'est pas celui qu'on voyait s'agiter le plus bruyamment qui avait devant lui un plus long avenir. C'est bien à tort qu'on a dit que la légitimité avait besoin du principe de la « fidélité » germanique pour se fonder. Le germanisme n'a réellement rien à faire ici, pas plus qu'en beaucoup d'autres places où on l'introduit sans motifs valables. Cf. infra, p. 235-202, le fumier barbare.) La fidélité au chef ethnique et religieux, loin d'être étrangère à Rome, représente au contraire le fond essentiel de la gens; et en dépit des obstacles qu'elle rencontra dans le développement des mœurs républicaines, on la retrouve pleine d'énergie au milieu des troubles qui préparèrent la fin de la république. Elle contribua
Goo^^