‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 140 sur 198 · PROLÉGOMÈNES CLXXV · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES CLXXV

manœuvres d'une incroyable habileté, moyennant lesquelles le diplomate chargé de représenter à Trêves les intérêts de Valentinien, enguirlandé le plus drôlement du monde, prit soin lui-même de conduire à travers les passages des Alpes l'avant -garde de Magnus Maximus '; — l'Italie, dis-je, comme naguère la Gaule, se trouva conquise sans qu'une goutte de sang eût été versée. L'opération s'accomplit si lestement que la cour milanaise — empereur, reine -mère, hauts bureaucrates, généraux — dut se disperser comme un parc de brebis inopinément assailli par le loup. Justine eut tout juste le loisir de s'embarquer sur l'Adriatique avec le petit Auguste et ses autres enfants. Nous retrouverons ailleurs ces singulières péripéties, qui pesèrent notablement sur la conversion à l'ascétisme de Pontius Méropius Paulinus; et, par répercussion, sur celle de Sulpicius Severus. Mais c'est la fin de l'aventure qui est étonnante.

Je viens de comparer Maxime à un loup; il put vraiment paraître tel jusqu'après sa seconde « conquête », ses facultés mentales ayant eu seules occasion d'être mises en jeu. Seulement, cette physionomie de fauve ne se maintint plus dès qu'il y eut une résistance réellement matérielle à affronter. Certes, Théodose n'avait apporté dans la défense de Valentinien qu'une ardeur assez faible*, soit naturelle inertie, soit défiance

évêqne. 9 Monté sur le siège de Milan, Ambroise, renversant les termes, se conduisit souvent moins en évdque qu'en magistrat

1. n ûiut écouter Zosime exposant la stupidité du syrien Domninus, diplomate connu pourtant pour sa finesse, mais que les suggestions de Maxime avaient plongé dans une totale hallucination. (Liv. IV, 33, p. 767.)

2. Cf. Zosime. p. 768 : « DicebtU poUus legatos êsse miftendas. » Voir aussi Théodoret, Hisi, eccUs,, V, 14.

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