CLXXVIII PROLÉGOMÈNES
niaises maladresses de Gratien, si les fautes sectaires de Justine lui avaient livré la Gaule et l'Italie, c'est que dans les deux cas il ne s'éleva pas Fombre d'une résistance. Mais dès que Théodose, même très mollement, s'avisa d'armer et d'entrer en campagne, la fortune de Maxime s'évanouit. A Theure où tout l'esprit du monde ne pouvait le dispenser de faire preuve de nerfs et de muscles, la simple appréhension du danger prochain annula le ressort nerveux qu'il possédait et le priva de toute vigueur musculaire. Rien de plus ignominieux que les dernières heures de cet Auguste redevenu « tyran » . Nous n'en parlerons pas — ici, du moins — plus longuement. •
Martin aurait pu se croire vengé, s'il eût été capable d'un sentiment de cette espèce. Mais ni lui ni Sulpice ne semblent avoir fait peser sur Magnus Maximus la responsabilité de ce qui se passa en Gaule et en Espagne après la mort de Priscillien. Les « saints « ruinés et exterminés, l'ascétisme anéanti, ce double grief qui seul leur tenait à cœur, ne leur paraissait pas devoir être imputé à l'homme, excellent, sane bonus, mais dévoyé, qui avait une femme si pieuse et qui sympathisait si chaudement avec les partisans du christianisme épuré et austère; dévoyé, pensaient- ils, gangrené, « dépravé, » pour avoir trop prêté l'oreille aux évêques. Sur ce chapitre, Sulpice ne tarissait pas; et là est, en eflfet, le point de départ de sa haine intense contre le personnel épiscopal comme aussi de Tinguérissable pessimisme qui lui faisait croire à l'insuccès complet de la réforme chrétienne. Son maître, après le désastre, s'était retiré à Marmoutiers,
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