XXII PROLÉGOMÈNES
puissamment à imprimer la direction dictatoriale au mouvement plébéien. Croire en un chef, se dévouer à lui, à ses fils, à sa famille, vénérer passionnément, aveuglément le nom qui rappelle ce chef, cette famille, les rejetons qui la représentent, mais c'est le mobile prédominant pendant la première phase impériale! L'attachement voué aux Julii, le prestige quasi magique du nom de César, devenu synonyme de dignité suprême, et à ce point respecté qu'il abrite inviolablement des êtres tels que Caligula et Néron, voilà l'histoire de la dynastie julio-claudienne. Aussi longtemps qu'il se trouva des candidats au trône en parenté avec les Jules, l'armée leur fut dévouée et fidèle. On le vit bien à la chute de Caligula. Le sénat, profitant de l'exécration soulevée par ce maniaque, décréta de mort ou d'exil tout membre quelconque de la famille julienne. C'était la fidélité au nom qu'on voulait détruire; et ce fut elle, précisément, qui valut à Claude — un idiot, du moins passait-il pour tel — d'être revêtu de la pourpre, son unique titre étant celui-ci : petit -neveu d'Auguste. Quelques années plus tard, on put constater un phénomène analogue comme résultant de la juste popularité conquise par les dignes gouvernants qui se succédèrent depuis Néron jusqu'à Marc-Aurèle. Le nom de celui d'entre eux qui avait été le plus aimé devient, à son tour, un brevet de légitimité. Commode, le premier porphyrogénète ' , fut supporté vingt ans parce
I. Il faut noter qa*aacttn des membres de la famille julienne n*était c né dans la pourpre», c'est-à-dire marqué pour l'empire dès le berceau. La nouveauté du cas de Commode est bien indiquée par le discours qu'Hérodien lui fait
Goo^^