L. II
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Tryphon, qui partium Alexandri fuerat, praefectus Syriae regno
.... eum bello prohibituras. Contra Jonatha in proe-
2 lium descendit, terribilis xl milium exercitu. Tryphon, 5 ubi se imparem cernit, pacem simulât, receptumque in amicitiam invitatumque Ptolemaidam interfecit. Post Jonatham summa rerum ad Simonem fratrem defertur. Is funus fratris magnifiée curavit, septemque illas pyramidas nobilissimi operis extruxit in quibus et fratrum et lo
3 patris ossa condidit. Tum Demetrius, refecto cum Judaeis foedere, contemplatione cladis a Tryphone illatae — nam, post Jonathae necem, urbes eorum atque agros bello va-
et qui était gouverneur de Syrie, [songea à se /aire roi d'Asie. Mais craignant que Jonathas ne l'en empêchât en tournant ses armes contre lui, il se rendit à Baethsan] pour essayer de Tempêcher de faire la guerre. Jonathas marcha contre lui avec une armée redoutable, qui s^élevait à quarante mille hommes. Tryphon, s'apercevant qu'il est inférieur en forces, feint de désirer la paix, propose son alliance à Jonathas, qui Taccepte, l'attire à Ptolémaïs, et là le fait mettre à mort. Après Jonathas, le pouvoir passa aux mains de Simon, qui célébra magnifiquement les funérailles de son frère, et fit élever ces sept pyramides d'un travail remarquable, où furent déposés les ossements de son père et de ses frères. Démétrius renouvela alors son alliance avec les Juifs. En compensation des terribles dégâts que Tryphon avait infligés à leurs villes et à leurs campagnes, en les ravageant après la mort de Jonathas, décharge perpétuelle leur fut
parler des lois nationales des Juifs; elles étaient contenues tout entières dans les livres sacrés d'IsraËl, et la pleine indépendance religieuse avait été conquise par Juda dit le Machabée. Notre auteur a entendu indiquer la suppression du tribut annuel payé aux rois de Syrie, ou, du moins, sa diminution.
2) regno..». H y a ici une lacune que Halm comble à Taide du chapitre 12, 3(j et sqq., du livre I"'' des Machabées: ...regno [Asiae inhians, veritus ne Jonatha sibi arma inferret, profectus est Baethsan] eum bello prohibitnr us. Contra Jonatha, etc.
5) milium B; milib. V.
7) interficit Pr.
10) in quibus matris et fratrum Pr. Halm préfère : et fratrum et matris
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CHRONICORVM LIBER SEGVNDVS Sg
stâverat — annua eis vectigalia in perpetuum renlittit;
i5 etenim usque ad id tempus regibus Syriae, nisi cum armis restiterunt, stipendium pensitaverant. Id gestum Demetrii 4 régis anno secundo, quod ideo signavimus, quia usque in hune annum per tempora Asianorum regum cucurrimus, ut ratio temporum digesta luceret. Nunc autem, per tem- 5
ao pora eorum qui Judaeis vel pontifices vel reges fuerunt, usque ad Christi nativitatem rerum ordinem digeremus.
Igitur, post Jonatham, Simon, frater ejus, ut supra dictum 26 est, Hebraeis praefuit jure pontificis. Id enim ei tum et a suis et a populo Romano honoris delatum. Hic, cum 2
95 secundo Demetrii régis anno civibus praeesse coepisset, post octo annos, insidiisPtolemaeicircumventus, occubuit.
accordée du tribut annuel qu'ils avaient toujours payé aux rois de Syrie, sauf pendant les périodes où ils étaient avec eux en guerre ouverte. Ceci se passait la seconde année du règne de Démétrius, et je le marque ici parce que j'ai utilisé, jusqu'au moment présent, les dates de règne des rois d'Asie pour mettre en lumière l'ordre des temps. Maintenant je vais me servir des dates des pontifes et des rois Juifs, afin de conduire les événements dans leur succession régulière jusqu'à la naissance de Jésus-Christ.
XXVI. Donc, ainsi qu'il a été dit plus haut, quand Jonathas fut mort, son frère Simon gouverna les Juifs en qualité de pontife. Tel est, en effet, le titre qui lui fut donné, tant par ses compatriotes que par le peuple romain. Il commença à exercer ce pouvoir la seconde année du règne de Démétrius; huit ans plus tard, il succombait sous les embûches que Ptolémée lui
et pairis. Voir chapitre i3, verset 28 du Livre premier des Machahées.
16) restiterunt V; restiterent B.
21) nativitatem. Cf. infra, 27, 5. Nativitas se rencontre fréquemment dans les auteurs ecclésiastiques. Les écrivains du iv« siècle se plaisent à créer des substantifs terminés en tas, • Les langues modernes ont une propension à former les substantifîB abstraits que le latin n'avait pas. Ce fut à la basse époque que les noms abstraiu en tcu, en tttdo ou en antia, se multiplièrent. > Michel Bréal, cf. Darmesteter et Harrison.
23) Id enim et tum et a suis et a populo V; Id enim ei tum a suis, tum et a populo B. Halm modifie le texte de de Prato en supprimant tum après suis et en interposant et avant a suis.
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6o SVLPICII SEVERI
Huîc Johannes filius successit. Qui, cum adversum Hyrcanos, gentem validissimam, egregie pugnasset, Hyrcani cognomen accepit. Mortuus est annos vi et xx rerum
3 potitus. Post hune Aristobulus, pontifex substitutus, primus omnium post captivitatem, regium nomen as- 5
4 sumpsit capitique diadema imposuit. Exacto anno diem functus est. Alexander deinde, filius ejus, rex pariter et pontifex fuit, regnavit annos vu et xx : in cujus actibus nihil praeter crudelitatem memoria dignum repperi. Hic cum Aristobulum et Hyrcanum parvos filios lo reliquisset, Salina sive Alexandra, uxor ejus, regnum
5 per novem annos tenuit. Post hujus obitum foeda inter fratres de regno certamîna. Ac primum Hyrcanus împerium obtinebat : mox, ab Aristobulo fratre pulsus, confugit ad Pompeium, qui tum, Mitridatico bello con- i5
avait tendues. Son fils Jean lui succéda. Il avait reçu le surnom d'Hyrcan, en se battant glorieusement contre la très vaillante nation hyrcanienne. La mort le prit après qu'il eut régné vingtsix ans. Aristobule, qui le remplaça comme pontife, fut le premier, après la captivité, à prendre le nom de roi et à ceindre le diadème. Il mourut au bout d*un an, laissant le trône à son fils Alexandre, qui fut, lui aussi, roi et pontife pendant vingtsept années. Je ne trouve rien à signaler dans ses actes que sa cruauté. Il laissait deux fils en bas âge, Aristobule et Hyrcan, de sorte que sa femme Salina (ou Alexandra) dut, pendant neuf ans, gouverner le royaume. Lorsqu'elle mourut, une lutte odieuse s'engagea entre les deux frères pour la possession du trône. Ce fut d'abord Hyrcan qui se rendit maître de l'État ; mais, bientôt battu par Aristobule, il se réfugia auprès de Pompée, qui venait de terminer la guerre contre Mithridate et de pacifier
3) annos VI ei xx rerum potitus Giselin.
i3) pritn*û (c'est-à-dire primum) V.
i6) Victor,., Velléius parlant aussi de Pompée : c Victor omnium quas adierat gentium (II, 40, 2). » Cf. avec Runckenius, éditeur de Velléius. On sait que cet historien est mentionné pour la première fois par Priscus. Évidemment, on le lisait dans les écoles gauloises, et c'est ce qui Ta sauvé.
17) aderat V. — introrsum V; ultrorsum B. — Quaeque, Uni à un adjectif au deçré du positif, quisque est, dit Lonner^reen (p. i3), une expression
CHRONICORVM LIBER SECVNDVS 6l
fecto pacataque Armenia et Ponto, victor omnium gentium quas adierat, introrsum pergere et vicîna quaeque Romano imperio adjungere cupiens, causas belli et materiam vîncendi quaerebat. Igitur Hyrcanum libens 6
ao excepit ductuque ejus Judaeos aggreditur : urbe capta atque eruta, templo pepercit. Aristobulum vinctum Romam mittit, Hyrcano jus pontificatus restituit : imposito Judaeis stipendie procuratorem eis Àntipatrum quendam Ascalonitem praeposuit. Hyrcanus quattuor et triginta 7
35 annos rerum potitus, dum adversum Parthos bellum gerit, capitur.
Tum Herodes alienigena, Antipatri Ascalonitae filius, 27 regnum Judaeae a senatu et populo Romano petiit accepitque. Hune primum Judaei extemum regem coeperunt
3o habere. Etenim, jam adventante Christo, necesse erat
l'Arménie et le Pont. Vainqueur de toutes les nations qu'il avait attaquées, désireux de marcher plus avant et d'ajouter à Tempire romain les régions avoisinantes, Pompée cherchait des motifs de guerre et des occasions de victoire. Aussi fit-il un très bon accueil à Hyrcan; conduit par lui, il attaque les Juifs, prend leur ville, la démolit, mais épargne le Temple. Aristobule fut envoyé à Rome chargé de chaînes, et la dignité pontificale revint à Hyrcan. Pompée mit ensuite un tribut sur les Juifs et leur imposa, à titre de procurateur, un certain Ascalonite nommé Antipater. Hyrcan gouverna la Judée pendant trente-quatre ans ; il fut fait prisonnier dans une guerre contre les Parthes.
XXVII. A cette époque, Hérode, un étranger, fils d' Antipater TAscalonite, sollicita et obtint du Sénat et du peuple romain le gouvernement de la Judée. Pour la première fois, un roi de race étrangère allait régner sur les Juifs ; la venue du Christ était
empruntée par Sulpice Sévère aux poètes et aux écrivains poBt-> classiques. Cf. avec contigiia quaeque (Chr. II, 34, 2).
19) vincendi V; incendii quelques éditions récentes.
20) excipit Pr.
21) eruta V; arce B. — victum V; vinctum Sigonius.
24) Ascalonitem. Âscalon était, dit Josèphe, une ville de Tldumée supérieure. 3o) adventante. Le participe présent seipble ici être employé pour le futtir (Lonnergreen, p. 84).
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secundum vaticinia prophetarum suis eos ducibus privari,
a ne quid ultra Christum expectarent. Sub hoc Herode,
anno imperii ejus tertio et xxx, Christus natus est Sabino
3 et Rufino consulibus, viii Kal. Januarias. Verum haec, quae evangeliis ac deinceps Apostolorum actibus conti- 5 nentur, attingere non ausus^ ne quid forma praecisi operis
4 rerum dîgnitatibus deminueret, r cliqua exequar. Herodes post nativitatem Domini regnavit annos IIII : nam omne imperii ejus tempus vii et xxx anni fuerunt. Postque eum Ârchelaus tetrarcha annis viiii, Herodes annis xx et lo
5 un. Hoc régnante, anno regni ejus octavo et decimo, Dominus cruci fixus est Fufio Gemino et Rubellio Gemino consulibus : a quo tempore usque in Stiliconem consulem sunt anni ccclxxii.
proche, ils devaient, selon les prophéties, être privés de leurs chefs, pour n^avoir plus à compter que sur le Christ. La trentetroisième année du règne de cet Hérode, le huitième jour des calendes de janvier, sous le consulat de Sabinus et de Rufinus, le Christ naquit. Je n^ai pas osé toucher aux faits que contiennent les Évangiles et ensuite les Actes des Apôtres par peur de diminuer la dignité des choses, en les abrégeant, et je passe tout de suite aux autres faits. Après la naissance du Seigneur, Hérode régna quatre années encore ; la durée totale du règne fut, en effet, de trente-sept ans; elle fut de neuf ans pour Archelaiis le Tétrarque, qui lui succéda, et de vingt-quatre ans pour [le second] Hérode. Il régnait depuis dix-huit ans, lorsque, Fufîus Géminus et Rubellius Géminus étant consuls, notre Seigneur fut mis en croix. Depuis cette époque jusqu'au con-
6) operis, c Excedere propositi formam operis.» VeUéius, 2, 63, 3, et aussi I, 16, I.
7) deminuerit V; diminueret B.
10) annis, xz V; an. zz B.
11) ejus v, omis par B.
12) Rebellio V, correction de Leclerc et de Prato. i3) a, omis par V.
17) Inmanium. Cet adjectif est employé un peu vaguement par Sulpice. Néron est qualifié: immanium bestiarum sordidissimus (Chr, II, 28, z, 22). En parlant des paysans rassemblés autour du pin sacré (Vt/a, XIII, 9, 19). Sulpice dit : Nam nemo fere, ex immani illa multitudine gentilium, fuit qui
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CHRONICORVM LIBER SECVNDVS 63
i5 Apostolorum actus Lucas edidit usque in tempus quo 28 Paulus Romam dedugtus est Nerone imperante; qui, non dicam regum, sed omnium hominum et vel inmanium bestiarum sordidissimus, dignus extitit qui persecutionem primus inciperet : nescio an et postre-
ao mus explerit, siquidem opinione multorum receptum sit, ipsum ante Antichristum venturum. Hujus vitia 2 ut plenius exponerem res admonebat, nisi non esset hujus operis tam vasta ingredi : id tantum annotasse contentus sum, hune, per omnia foedissima et crudelis-
a5 sima, eo processisse ut matrem interficeret; post etiam Pythagorae cuidam in modum sollemnium conjugiorum denuberet, inditumque imperatori fiammeum, dos et genialis torus et faces nuptiales, cuncta denique, quae
sulat de Stilicon, trois cent soixante -douze ans se sont écoulés. XXVIII. Les Actes des Apôtres que Luc a composés vont jusqu'au temps où Paul fut amené à Rome, sous le principat de Néron, le plus abominable, je ne dis pas non seulement de tous les rois, mais de tous les hommes, et même la plus immonde des bêtes féroces. Il était digne d'être le premier persécuteur; je ne sais s'il ne sera pas aussi le dernier. En tout cas, beaucoup admettent que c'est lui qui reviendra avant l'Antéchrist. Le sujet m'inviterait à retracer ses crimes en détail, mais, pour un abrégé, trop vaste serait la matière. Il me suffira de constater qu'après s'être souillé des forfaits les plus révoltants et les plus atroces, jusque-là qu'il fit tuer sa mère, Néron célébra ses noces solennelles avec un certain Pythagore et parut en public la tête couverte du flammeum nuptial. On put voir la dot, la couche
non impositionê tnanus. L'esox péché dans la Loire par le diacre Caton est immanis. Ce sont là des spécimens de l'exagération gasconne.
20 explerit. c Libri omnes explerit, quod Sigonius positum vult pro expieturus sit. » Pr. — receptus V.
21) Antechristum V; Antichristum B. Voir plus haut 7, 6, 24.
26) Pythagorae. H faut rapprocher ces quatre lignes de i'extrait suivant de Tacite : c Uni ex illo contaminatorum grege (nomen Pythagorae fuit) in modum solemnium conjugiorum denupsisset, inditum imperatori flammeum, missi auspices, dos et genialis torus et faces nuptiales cuncta denique spectata, quae etiam in femina nox operit. > Annal, XV, 3 7.
27) denuberet V; nuberet B.
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vel in feminis non sine verecundia conspiciuntur spe-
3 ctata. Reliqua vero ejus incertum pigeât an pudeat mag^s disserere. Hic primus Christianum nomen tollere aggressus est : quippe semper inimica virtutibus vitia sunt, et optimi quique ab improbis quasi exprobantes aspi- 5
4 ciuntur. Namque eo tempore divina apud urbem religio invaluerat, Petro ibi episcopatum gerente et Paulo, posteaquam ab injusto praesidis judicio Caesarem appellaverat, Romam deducto. Ad quem tum audiendum plures conveniebant, qui, veritate intellecta virtutibusque Apo- lo stolorum, quas tum crebro ediderant, permoti, ad cultum
5 Dei se conferebant. Etenim tum illustris illa adversus Simonem Pétri ac Pauli congressio fuit. Qui, cum magicis artibus, ut se deum probaret, duobus suflultus
conjugale, les flambeaux de Thymen, et tout ce que, même dans les mariages réguliers, on ne regarde pas sans quelque honte. Je ne saurais dire si c'est plus par dégoût que par pudeur que je cesse de poursuivre ce sujet. Néron fut donc le premier qui essaya d'abolir le nom chrétien. Le vice est par nature l'ennemi de la vertu, et les méchants considèrent les gens de bien comme un reproche. En ce temps-là, la religion chrétienne avait déjà fait des progrès dans la ville de Rome, où Pierre occupait le siège épiscopal, et où Paul avait été conduit en suite d'un appel à César, présenté par lui contre une sentence injuste du gouverneur [de Judée]. Plusieurs s'assemblaient autour de lui pour Técouter, et, après avoir compris la vérité, sous Témotion des miracles très fréquemment opérés par les Apôtres, ils adoptaient le culte de Dieu. Alors eut lieu cette lutte fameuse de Pierre et de Paul contre Simon. A l'aide des arts magiques, Simon, pour
8) posteaquatn,,, Caesarem appellaverat. César est ici, dans le sens de chef de rÉtat romain, pour itnperator. On le trouvera plus loin avec la signification de vice-empereuryou empereur délégué. Ainsi Vespasien éleva Titus au rang de César {Chr, II, 3o, 2). Constance donna ce titre à Julien {VUa, IV, 1,7). — praesidis V; praesulis B.
1 1 ) ediderant V, B ; ediderunt plusieurs éditions.
19) Sed opinio,,. Les huit lignes qui suivent doivent être comparées à ce passage des Annales: c Videbaturque Nero condendae urbis novae... gloriam
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CHRONICORVM LIBER SECVNDVS 65
daemoniis evolasset^ orationibus Apostolorum fugatis i5 daemonibus, delapsus in terram, populo inspectante, disruptus est.
Interea, abundante jam Christianorum multitudine, acci- 29 dit ut Roma incendio confiagraret, Nerone apud Ântium constituto. Sed opinio omnium invidiam incendii in prinao cipem retorquebat, credebaturque imperator gloriam innovandae urbis quaesisse. Neque uUa re Nero effîciebat, 2 quin ab eo jussum incendium putaretur. Igitur vertit invidiam in Christianos, actaeque in innoxios crudelissimae quaestiones; quin et novae mortes excogitatae ut, 95 ferarum tergis contecti laniatu canum interirent, multi crucibus affixi aut flamma usti, plerique in id reservati, ut cum defecisset dies, in usum noctumi luminis urerentur.
prouver qu'il était dieu, s^envola en Pair, soutenu par deux démons; mais les prières des Apôtres les mirent en fuite, et Simon, précipité sur le sol aux yeux de tout le peuple, eut les membres brisés.
XXIX. Les chrétiens étaient déjà très nombreux à Rome lorsque le feu prit à la ville. Néron séjournait alors à Antium. Néanmoins, Popinion unanime lui imputa le crime d'incendie parce que l'on croyait qu'il recherchait la gloire de rebâtir Rome. Rien de ce que Néron pouvait dire ou faire n'empêchant de penser qu'il avait ordonné de mettre le feu, il essaya de rejeter l'odieux du désastre sur les chrétiens. Des hommes innocents furent soumis aux plus cruelles tortures; on inventa même de nouvelles morts : les uns, revêtus de peaux de bêtes fauves, expiraient sous les morsures des chiens; les autres étaient attachés sur des croix ou livrés au bûcher; le plus grand nombre fut mis en réserve pour servir de flambeaux noc-
quaerere... — Sed non ope humana, non largitionibus principis aut deum pla:camentis decedebat infamia, quin jussum incendium crederetur. Krgo, abolendo rumori, Nero subdidit reos et qttaesitissimis pœnis affecit, quos, per flagitia invisos, vulgus christianos appellabat...; et pereuntibus addita ludibriaut ferarum tergis conteoti, laniatu canum, interirent; aut crucibus affixi aut flammandi atque ubi defecisset dies in usum nocturni luminis, urerentur. » Tacite, Annales, XV, 40 et 44.
21) affioiebatY.
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3 Hoc initio in Christianos saeviri coeptum. Post etiam datis legibus religio vetabatur, palamque edictis propositis Christianum esse non licebat. Tum Paulus ac Petrus
4 capitis damnati : quorum uni cervix gladio desecta, Petrus in crucem sublatus est. Dum haec Romae geruntur, s Judaei, praesidis sui Festi Flori injurias non ferentes, rebellare coeperunt. Âdversus eos Vespasianus, proconsulari imperio a Nerone missus, multis gravibusque proeliis devictos coegit intra muros Hierosolymae confu-
5 gère. Intérim Nero jam etiam sibi pro conscientia scelerum lo invisus, humanis rébus eximitur, incertum an ipse sibi mortem consciverit : certe corpus illius non repertum.
6 Unde creditur, etiam si se gladio ipse transfixerit, curato vulnere ejus servatus, secundum illud quod de eo scri-
turnes, après la chute du jour. Cest ainsi que Ton commença à sévir contre les chrétiens. Un peu plus tard, des lois formelles frappèrent d'interdit leur religion, et il ne fut plus permis d'être ouvertement chrétien sans violer les édits. Pierre et Paul furent condamnés à mort : Paul eut la tête tranchée ; Pierre fut mis en croix. Pendant que ceci se passait à Rome, les Juifs, ne pouvant supporter les vexations de leur gouverneur Festus Florus, commencèrent à se soulever. Néron envoya contre eux Vespasien, après l'avoir investi du pouvoir proconsulaire. Celui-ci les battit en de nombreuses et sanglantes rencontres et les contraignit à se réfugier derrière les murs de Jérusalem. Â ce moment Néron, qui s'était pris lui-même en haine par le sentiment de ses crimes, disparut de la scène du monde, sans que l'on sache avec certitude s'il mourut de sa propre main. Le fait certain, c'est que son corps ne fut pas retrouvé. D'où la croyance que, même en admettant qu'il se soit frappé lui-même de son épée, sa blessure
2) « Apud Sulpicium pro datis legibus latis legendum censeo. > Sigonius.
N.-B. — A partir de p. 63 Je donne une série d^extrai la comparatifs, principalement les emprunts textuels faits par Snlpice auLx Annales et aux Lettres de Paulin, mais ils n'ont pu tous trouver place en bas de page. (Voir aux Notes historiques.)
6) Festi Flori. Josèphe Tappelle Gessitts Florus, et Eusébe, Cestius Florus. lo) Nero V; vero B.
12) non repertum (sic nreptu) V; interemptum B. Tillemont, sur Néron, article 32, avait proposé irrepertnm.
CHRONICORVM LIBER ' SECVNDVS 67
i5 ptum est : et plaga mortis ejus curata est, sub saeculi fine mittendus, ut mysterium iniquitatis exerceat.
Igitur, post excessum Neronis, Galba imperium rapuit; 30 mox Otho, Galba interfecto, occupavit. Tum Vitellius, e n Gallia fretus exercitibus quibus praeerat, Urbem in-
ao gressus, Othone interfecto, summam rerum usurpavît. Quae posteaquam ad Vespasianum delata, licet malo exemplo, bono tamen aifectu rei publicae ab improbis vindicandae, cum Hierosolymam obsideret, sumit imperium et, ut mos est, diademate capiti imposito ab exercitu
33 consalutatus. Titum iïTium Caesarem facit; eidem pars copiarum et obsidendae Hierosolymae negotium datum. Vespasianus Romam profectus, summo favore senatus et 3 populi receptus, cum se Vitellius interfecisset, imperium
guérit, et il survécut selon qu'il a été écrit de lui : la plaie de sa mort a été guérie. Il sera envoyé, vers la fin du monde, pour exercer parmi nous le mystère d'iniquité.
XXX. Après la disparition de Néron, Galba s'empara de Pempire; mais bientôt il fut tué et Othon le remplaça. Vitellius, confiant dans les troupes qu'il commandait en Gaule, quitte ce pays à leur tête, entre en vainqueur dans Rome et se saisit du gouvernement, Othon étant mort. Quand ces choses parvinrent à Vespasien, par un exemple certes mauvais, mais que Thonnête désir d'arracher la chose publique aux méchants lui dicta, il prit le pouvoir suprême; il assiégeait Jérusalem et l'armée le proclama en lui mettant, comme il est d'usage, le diadème sur la tête. Il donna alors le titre de César à son fils Titus, lui laissa une partie de ses troupes en le chargeant de mettre le siège devant Jérusalem, et partit pour Rome, où le Sénat et le peuple Taccueillirent avec enthousiasme. Le suicide de Vitellius était
i3) et V. «Porte ee, id est esse. » Halm. — plaga mortis, la plaie de sa mort a été guérie; ») îcXtiyyj xoO Oavaxo'j «utoO êQEpaTîe'jd/). Ce texte n^autorise pas d'autre traduction que la nôtre.
24) diademaie. Cf. infra^ 3, 3t.
33) consalutatus V; imper ator consalutatus B.
28) Vitellius,., Le suicide de Vitellius est une imag^ination de Sulpice, ou plutôt» brouillant ses souvenirs, il a attribué à Vitellius ce qu'il eût dû dire d*Othon, et attribué à ce dernier, Othone interfecto, ce qu'il aurait dû dire de
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cônfirmavit. Interea Judaei obsidione clausi, quia nuUa neque pacis neque deditionis copia dabatur, ad extremum famé interibant, passimque viae oppleri cadaveribus coepere, victo jam offîcio humandi; quin, omnia nefanda esca super ausi, ne humanis quidem corpo- 5 ribus pepercerunt, nisi quae ejusmodi alimentis tabès
4 praeripuerat. Igitur defessis defensoribus irrupere Romani. Ac tum forte in diem Paschae omnis ex agris aliisque Judaeae oppidis multitudo convenerat : nimirum ita Deo placitum ut, eo tempore quo Dominum lo
5 cruci affîxerat, gens impia intemecioni daretur. Pharisaei aliquantisper pro templo acerrime restiterunt, donec, obstinatis ad mortem animis, ultro se subjectis
venu confirmer sa prise de possession de Tempire. Sur ces entrefaites, les Juifs, bloqués dans Jérusalem, ne pouvant ni obtenir la paix ni se rendre, succombaient aux extrémités de la famine. Les rues commençaient çà et là à s'encombrer de cadavres, les ensevelissements ayant déjà cessé. On ne reculait pas devant les aliments les plus horribles; les corps des morts mêmes n'étaient pas épargnés, sinon quand la putréfaction empêchait d'en approcher. Les défenseurs de la Ville étant à ce point épuisés, les Romains donnèrent l'assaut. Comme c'était le jour de Pâques, tous les habitants des campagnes et des autres villes de Judée étaient accourus. Évidemment, Dieu avait voulu que cette nation impie fût livrée au massacre le jour même où elle avait crucifié le Seigneur. Pendant quelque temps les Pharisiens défendirent le Temple avec une énergie désespérée, jusqu'à ce que, résolus à mourir, ils se précipitèrent dans les flammes
Vitellius. De la mdme manière (3o, 2, 17), il fait ceindre le diadème à Vespasien à une époque où les empereurs n'usaient pas de cet ornement des rois d'Asie, visiblement parce qu'il avait lu dans Suétone que Titus, songeant à se» faire roi d'Orient contre son père, se coiffa d'un diadème à Memphis, en visitant le bœuf Apis.
2) copia,,. Cette phrase, d'une concision obscure, devient plus claire quand on se souvient que le parti des Zélotes terrorisait la population et rendait toute capitulation impossible, neque deditionis copia dahatur. Quant au neque piicis, il s'explique de lui-môme; Titus ne pouvait se retirer qu'après la soumission ou l'écrasement des Juifs, opinion contraire à celle de Josèphe, mais puisée par Sulpice dans Tacite.
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ignibas intulerunt. Numerus peremptoruih ad undecies ^5 centena milia réfertur, capta vero C mîlia ac venundata. ^ Fertur Titus^ adhibjto consilio, prius délibérasse an 6 '^ {^fj
'^ templum tanti operis everteret. Etenim nonnullîs vide- ^j 1^ w> / û batur aedem sacratam ultra omnia mortalia illustrem ! | non oportere deleri, quae servata modestiae Romanae »o testimonium, diruta perennem crudelitatis notam praeberet. At contra aliî et Titus ipse evertendum in primis 7 templum censebant, quo plenius Judaeorum et Christianorum religio toUeretur; quippe has religiones, licet contrarias sibi, isdem tamen ab auctoribus profectas; 2^ Christianos ex Judaeis extitisse : radice sublata stirpem facile perituram. Ita, Dei nutu accensis omnium animis, 8
allumées sous leurs pieds. Le nombre des morts s^êleva, dit-on, à onze cent mille ; il y eut, d'autre part, cent mille assiégés pris et vendus. On 'rapporte que Titus tint conseil pour savoir s'il détrairait ou non le Temple, œuvre d'un si merveilleux travail. Plusieurs étaient d'avis qu'il convenait d'épargner un édifice sacré, renommé entre toutes les œuvres de la main de l'homme. Resté debout, il attesterait la modération des Romains; détruit, il porterait un témoignage étemel contre leur implacable violence. D'autres, au contraire, et 'Titus lui-même, soutenaient qu'avant tout la destruction était nécessaire afin d'anéantir plus pleinement la religion des Juifs et des chrétiens. Quoique divisés, [disaient-ils] ces deux cultes procèdent d'une même origine; les chrétiens sont issus des Juifs; la racine une fois extirpée, tout ce qui en est sorti devra périr. [Sur ces considérations], les esprits s'échauffèrent, comme c'était la volonté de
3) interiehant V.
5) etca super V; insuper B.
i5) CB, omis par V.
18) mortalia. Cet adjectif, juxtaposé à un autre adjectif employé substanti- ▼ement, n'est pas rare chez Sulpice.
ig) oporiêre V; debere B.
22) peniius Beniays.
25) stirpem facile perituram. Cf. st&pes tantae fruticaverunt (Epist. III, 18, 10). Ces importants détails, en pleine contradiction avec Josèphe, sont tirés de la portion perdue des Annales. (Voir la note historique : le siège de Jérusalem.)
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templum dirutum abhinc annos trecentos triginta et unum. Atque haec ultima templi eversio et postrema Judaeorum captivitas, qua extorres, patria per orbem terrarum dispersi cernuntur, cotidie mundo testimonio sunt, non ob aliud eos quam ob illatas Christo impias s manus fuisse punitos. Nam saepe alias, cum propter peccata captivitatibus traderentur, numquam tamen ultra Lxx annos servitutis poenam pependerunt.
31 Interjecto dein tempore, Domitianus, Vespasiani filius, persecutus est Christianos. Quo tempore Johannem, apo- to stolum atque evangelistam, in Pathmum insulam relegavit; ubi ille arcanis sibi mysteriis revelatis librum sacrae Apocalypsis, qui quidem a plerisque aut stulte aut impie a non recipitur, conscriptum edidit. Non multo deinde intervallo tertia persecutio per Trajanum fuit. Qui, cum i5
Dieu, et le Temple fut jeté bas il y a de cela trois cent trente et un ans. Or, cette destruction définitive, cette dernière capti* vite des Juifs, — qui nous les montre bannis, sans patrie, dispersés par toute la terre, — témoignent tous les jours aux yeux de l'univers que ce peuple est ainsi châtié uniquement parce qu'il a porté sur le Christ des mains sacrilèges. Autrefois et à plusieurs reprises on Tavait vu traîner en servitude à cause de ses péchés; mais jamais la punition n'avait dépassé soixante-dix années.
XXXI. Quelque temps après, Domitien, fils de Vespasien, persécuta les fidèles du Christ. Jean, apôtre et évangéliste, fut alors relégué par lui dans Tîle de Pathmos. Là, ayant eu la révélation des mystères cachés, il écrivit et publia l'Apocalypse sacrée, livre que beaucoup refusent d'admettre, les uns par manque de sens, les autres par impiété. Au bout d'un certain nombre d'années, sous le règne de Trajan, commença la troisième persécution; mais, comme ni les tourments ni les procès ne
3) quae V. — patria V.
2o) injuria,.. Cf. Vita, V, 2, lo. Sulpicea emprunté ce passag^e à la lettre que Paulin lui écrivait en 408 : Nam Hadfianus imper ator se fidem christianam loci injuria perempturum, in loco passionis simulacrum lovis consecravit, Paulin, Epi9t. XXXI. De Prato pense, non sans raison, qu'il y a ici une lacune dans le texte. (Voir aux Notes historiques.) Les mots et in templo ne se ratta-
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tormentis et quaestionibus nihil in Christianis morte aut poena dignum repporisset, saeviri in eos ultra vetuit. Sub 3 Adriano deinde judaeî rebellare voluerunt, Syriam ac Palaestinam diripere conati : misso exercitu, subacti sunt. Qua tempestate Âdrianus, existimans se Christianam
3ofidem locî injuria perempturum, et in templo et loco Dominicae passionis daemonum simulacra constituit. Et 4 quia Christiani ex Judaeis potissimum putabantur — namque tum Hierosolymae non nisi ex circumcisione habebat ecclesia sacerdotem — militum cohortem custo-
3^ dias in perpetuum agitare jussit, quae Judaeos omnes Hierosolymae aditu arceret. Quod quidem Christianae 5 fidei proficiebat, quia tum paene omnes Christum Deum sub legis observatione credebant. Nimirum id Domino
^oordinante dispositum ut legis servitus a libertate fidei
firent découvrir parmi les chrétiens rien qui méritât la mort ou un châtiment [quelconque], Trajan défendit de sévir contre eux plus longtemps. Sous Adrien, les Juifs essayèrent de se révolter et il y eut des tentatives de pillage en Syrie et en Palestine, mais l'envoi d'une armée suffit pour soumettre la rébellion. Ce fat alors qu'Adrien — supposant que la profanation du lieu [où était née] la foi ruinerait la religion chrétienne — fît élever, sur remplacement de l'ancien temple et à l'endroit où le Seigneur subit sa passion, des simulacres de démons. Comme on croyait que les chrétiens procédaient surtout des Juifs — en fait, il n'y avait eu jusque-là que des évêques circoncis à Jérusalem, — Adrien fit établir dans cette ville une garnison permanente chargée d'en interdire l'entrée à quiconque était Juif. La mesure, d'ailleurs, tourna au profit du culte chrétien : presque tous les croyants en Jésus observant encore la Loi, ce fut évidemment une disposition inspirée de Dieu que celle qui allait faire disparaître la servitude de cette Loi, au profit de la liberté de la foi et de
chent à rien de ce qui précède, outre que iemplum, rapproché de et loco passionis, reste ab&olument énigmatique. — Bemays croit que cet emprunt à Paulin a été opéré postérieurement à la rédaction de la Chronique; ce serait une intercalation dans un texte non encore publié : de la ligne 2 , p. 7 1 , à la ligne 3, p. 73. Rapprochez, en effet, les mots saevire in eos vetuit de la phrase quarta sub Adriano persecutio, en supprimant les quinze lignes intercalaires, et
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6 atque ecclesiae toUeretur. Ita tum primum Marcus ex gentibus apud Hierosolymam episcopus fuit. Quarta sub Adriano persecutio numeratur, quam tamen postea exercer! prohibuit, injustum esse pronuntians ut quisquam sine crimine reus constitueretur. 5
32 Post Âdrianum, Antonino Pio imperante, pax ecclesiis fuit. Sub Aurelio deinde, Antonini filio, persecutio quinta agitata. Ac tum primum intra Gallias martyria visa, serius trans Alpes Dei religione suscepta. Sexta deinde, Severo
2 imperante, Christianorum vexatio fuit. Quo tempore Léo lo nida, Origenis pater, sacrum in martyrio sanguinem fudit. Interjectis deinde annis viii et xxx, pax Christianis fuit, nisi quod medio tempore Maximinus nonnullarum eccle-
3 siarum clericos vexavit. Mox, Decio imperante, jam tum septima persecutione saevitum in Christianos. Inde Vale- i5
4 rianus octavus sanctorum hostis fuit. Post eum, interjectis
l'Église. Marcus, qui devint alors évêque de Jérusalem, fut le premier des gentils qu'on vit occuper ce siège. Cette persécution, sous Adrien, est classée comme la quatrième; seulement l'empereur ne la laissa pas durer longtemps; il lui semblait injuste que l'on traitât en criminels des gens qui n'avaient pas commis de crime.
XXXII. Après Adrien, les églises jouirent de la paix aussi longtemps qu'Antonin le Pieux dirigea l'empire; mais, sous Aurelius, fils d'Antonin, éclata une cinquième persécution. On vit alors pour la première fois des martyrs en Gaule. La religion de Dieu avait été adoptée tardivement de ce côté des Alpes. Sous l'empereur Sévère, se produisit la sixième persécution, au cours de laquelle Léonide, père d'Origène, vit couler par le martyre son sang sacré. Pendant les trente-huit années qui suivirent, la paix fut laissée aux chrétiens, si ce n'est que, vers le milieu de cette période, Maximin tourmenta les clercs de quelques églises. Mais lorsque Décius prit le gouvernement, la septième persécution se déchaîna. Vint ensuite Valérien, le huitième
la narration gagne grandement en clarté. Voir plus bas une explication du même genre. — et in templo et loco V; et in templo ac loco B.
4) pronuntians. Cf. avec Vita, XXIV, 2, et Dial. 1,22,2. Dans ces divers textes
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annis fere quinquaginta, Diocletiano et Maximiano imperantibus, acerbissima persecutio exorta, quae per decem continues annos plebem Dei depopulata est. Qua tempe-
ao State omnis fere sacro martyrum cruoreorbis infectus est; quippe certatim gloriosa in.certamina ruebatur, multoque avidius tum martyria gloriosis mortibus quaerebantur quam nunc episcopatus pravis ambitionibus appetuntur. NuUis umquam magis bellis mundus exhaustus est, neque 5
35 majore umquam triumpho vicimus, quam cum decem annorum stragibus vinci non potuimus. Extant etiam, 6 mandatae litteris, praeclarae ejus temporis martyrum passiones, quas conectendas non putavi, ne modum operis excederem.
3o Sed finis persecutionis illius fuit abhinc annos viiii et 33 Lxxx, a quo tempore Christiani imperatores esse coeperunt. Namque tum Constantinus rerum potiebatur, qui
ennemi des saints. Après lui cinquante années s* écoulèrent dans le calme. Puis, sous Dioclétien et Maximin, on vit s'élever une persécution extrêmement violente, qui, pendant dix années, décima sans interruption le peuple de Dieu. En ce temps-là, l'univers presque entier fut teint du sang sacré des martyrs. C'est qu'en effet on se jetait alors à Tenvi dans ces glo- - rieuses batailles et on ambitionnait la mort glorieuse du martyre avec beaucoup plus d'ardeur qu'on ne met aujourd'hui de coupable convoitise à rechercher les sièges épiscopaux. Jamais guerre n'épuisa le monde à ce point; jamais non plus victoire ne fut plus grande : dix années de massacre ne purent nous vaincre. Les passions que souffrirent alors les plus illustres martyrs ont été consignées par écrit; je ne les insérerai pas dans ce travail, elles en accroîtraient trop l'étendue.
XXXIII. Cette persécution a pris fin il y a maintenant quatre* vingt-neuf ans. A partir de ce temps-là, les empereurs ont été chrétiens. Le pouvoir appartenait alors à Constantin qui, le
ut le présente avec le subjonctif, alors que le cas exigeait la proposition infinitive. 14) jam tum.,. vix sanum est Halm.
27) praeclarae B; praecarae V.