‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 153 sur 198 · L. U. xo · texte numérisé non relu

L. U. xo

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primus omnium Romanorum principum Christianus fuit.

2 Sane tum Licinius, qui adversum Constantinum de imperio certavit, milites suos litare praeceperat : abnuentes militia rejiciebat. Sed îd inter persecutiones non computatur : adeo res levions negotii fuit quam ut ad ecclesiarum 5

3 vulnera perveniret. Exinde, tranquillis rébus, pace perfruimur ; neque ulterius persecutionem fore credimus, nisi eam quam sub fine jam saeculi Antichristus exercebit. Etenim sacris vocibus decem plagis mundum afficiendum pronuntiatum est : ita cum jam viiii fuerint, quae superest lo

4 ultima erit. Hoc temporum trac tu mirum est quantum invaluerit religio Christiana. Tum siquidem Hierosolyma,

premier parmi les princes romains, embrassa la foi chrétienne. Il est vrai que Licinius, pendant sa lutte avec Constantin pour la possession de Tempire, obligea ses soldats à sacrifier [aux idoles] et chassa du service public ceux qui s'y refusaient; mais ce fait ne saurait être compté au nombre des persécutions. La tentative eut trop peu d'importance pour que les églises en souffrissent beaucoup. Depuis, nous vivons dans le calme et la paix. Je ne crois pas qu'aucune persécution se produise, excepté celle que provoquera l'Antéchrist vers la fin du monde. Effectivement, les Saintes Écritures annoncent que le monde aura à subir dix plaies successives. Or, neuf de ces plaies se sont déjà produites; celle qui reste à venir sera la dernière. C'est chose merveilleuse combien la religion chrétienne s'est

2) quia ttdversum V, correction de Vonck.

1 1) traciu... Ici commence un récit, tiré comme on va voir, de lettres de Paulin dont la date est postérieure à la rédaction de la Chronique. Manifestement, Sulpice a intercalé ces Sy lignes (depuis 1 1 de pag^ 74 jusqu'à 1 1 de pagfe 78) un certain temps après que son travail était terminé. Bernays montre très bien où se trouve le point de suture, comme toujours marqué par des maladresses de style. Ainsi, les mots êed longe atrocius periculum, liés à la suite de la trouvaille miraculeuse d'Hélène, sont tout à fait absurdes. Au contraire, supprimez les 40 lignes, et vous verrez qu'ils s'appliquent le plus congrûment du monde: «Depuis lors, nous jouissons de la paix: et la persécution future de l'Antéchrist sera la dernière (page 87, ligne i3); mais voici qu'un danger plus atroce (que les persécutions) fut engendré par cette paix, etc. » (page 88, ligfne 20.)

i3) horrens ruinis. Cf. Hilaire, in Psalm. i3i.

i5) Augusta.., Sulpice donne ici, pour la seule et unique fois, le titre exact des femmes associées à l'empire. Partout ailleurs, il dit Regina. Cf. infra 34, i,

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horrens ruinis, frequentissimis ac magnificentissimis ecclesiis adornata. Namque Helena, mater principis 5

«5 Constantîni, quae Augusta cum filio conregnabat, cum Hierosolymam agnoscere concupisset, reperta ibi idola ac templa protrivit : mox, usa regni viribus, basilicas in loco Dominicae passionis et resurrectionis et ascensionis constituit. lUud mirum quod locus ille in quo postre- 6

»<> mum institerant divina vestigîa, cum in caelum Dominus nube sublatus, continuari pavimento cum reliqua stratorum parte non potuit, siquîdem quaecumque applicabantur, insolens humana suscipere, terra respueret, excussis in ora apponentium saepe marmoribus. Quin 7

affermie pendant ce laps de temps. Ainsi Jérusalem, cet affreux amas de ruines, a été ornée d^églises nombreuses d^une grande magnificence. Il faut savoir qu'Hélène, la mère de Tempereur Constantin, qui, à titre d'Augusta, partageait Tempire avec son fils, eut le désir de voir cette ville et fit détruire les temples et les idoles qu'elle y trouva. Ensuite, usant des ressources du gouvernement, elle construisit des basiliques sur les lieux témoins de la passion, de la résurrection et de Tascension du Seigneur. Chose admirable, cette place, où pour la dernière fois posèrent les pieds divins quand une nuée emporta Jésus vers le ciel, n'a jamais pu être reliée par un pavé avec les autres dallages. La terre impatiente s'est refusée à supporter du travail d'homme, et souvent les marbres furent rejetés au visage des ouvriers.

I, et Dto/. II, 6, i6. Le mot imperatrix existait dans la langtie; classiquement, il signifie celle qui commande; Cicéron le dit de Clodia. Jamais imperatrix n'a été employé au sens de notre mot : V impératrice, — conregnabat pour regna^ bat, comme infra, congaudere, conaepelire; aux bas siècles, les verbes composés n*expriment que l'idée contenue dans les verbes simples.

19) mirum.,. Ce récit est tiré presque mot pour mot de la trente et unième lettre de Paulin, dont voici un extrait : < Mirum vero inter haec quod in basilica Ascensionis locus ille tantum de quo in nube susceptus ascendit captivam in sua carne ducens captivitatem nostram, ita sacratus divinis vestigiis dicitur, ut nanquam tegi marmore aut paviri receperit, semper excussis solo respuente, quae manus adomandi studio tentavit apponere. Itaque in toto basilicae spatio solus in sui cespitis specie virens permanet; et impressam divinorum pedum venerationem calcati Deo pulveris perspicua simul et attigua venerantibus arena conservât, ut vere dici possit : adoravimus ubi steterunt pedes ejus. > Paulin ne parle pas du renouvellement de la poussière enlevée par les pèlerins.

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etiam calcati Deo pulveris adeo perenne documentum

8 est ut vestigia impressa cernantur. Et, cum cotidie conflu-

entium fides certatim Domino calcata diripiat, damnum

tamen arena non sentiat, et eandem adhuc sui speciem,

velut impressis signata vestigiis, terra custodit. 5

34 Ejusdem reginae beneficio, crux Domini tum reperta :

quae neque in principio, obsistentibus, Judaeis potuerat

consecrari, et postea dirutae civitatis oppressa ruderibus,

3 non nisi tam fideliter requirenti meruit ostendi. Igitur

Helena primum de loco passionis certior facta, admota 10

militari manu atque omnium provincialium multitudine in

studia reginae certantium, effodi terram et contigua

quaeque ac vastissima ruinarum purgari jubet : mox, pre-

Comme preuve éternelle qu'en ce lieu Dieu foula la poussière, on y voit encore ses traces. Et quoique, chaque jour, les empreintes soient mises au pillage par la foi des visiteurs qui affluent, le sable ne souffre pas de diminution; il conserve sa même apparence ; les vestiges restent imprimés sur le sol comme un cachet.

XXXIV. C'est encore à cette reine que Ton dut la découverte de la croix du Seigneur. Dans les premiers temps, les Juifs n'avaient pas permis qu'elle fût consacrée; plus tard, enfouie sous les décombres de la ville détruite, elle ne pouvait désormais se montrer qu'à ceux qui le mériteraient en la cherchant avec foi. Hélène voulut d'abord s*assurer du lieu de la passion; puis, employant le travail des soldats et le concours des habitants de la province, ardents à seconder les desseins de leur reine, elle fît fouiller le sol et déblayer les ruines sur un très vaste espace.

10) pctssionis,.. Ce récit est, en partie, tiré de la cinquième lettre de Paulin, dont voici les termes : cTum omnium una de loco testifîcationis confirmata jnssit illico, urgfente sine dubio conceptae revelationis instinctu, in ipsum locum operam fossionis accing^ parataque mox civium pariter et militari manu, brevi laborem istius molitionis hausit; et, contra spem omnium, sed secundum ipsius tantum reg^inae fidem, alta egestione reseratis terrae senibus, abditae cnxcis arcana patuerunt. Sed cum très pariter cruces, ut quondam fixae Domino et latronibus steterant, repertae fuissent; gratulatio repertarum cœpit anzia dubitatione confundi, justo piorum metu, ne forsitan aut pro cruce Domini patibnium latronis abjiciendo violarent. Respexit pias fideliter aestuantium curas Dominus et ipsi potissimum quae tam piae sollicitudinis princeps erat hujus consilii lumen

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tiumfidei et laboris, très pariter cruces, sicut olim Domino i5 ac latronibus duobus fixae fuerant, reperiuntur. Hic vero 3 major dinoscendi patibuli quo Dominus pependerat, diiBcuItas omnium animos mentesque turbaverat, ne errore mortalium forsitan pro cruce Domini latronis patibulum consecrarent. Capiunt deinde consilium ut aliquem & 90 recens mortuum crucibus admoverent. Nec mora; quasi Deinutu, funus extincti sollemnibus exequiis deferebatur, concursuque omnium feretro corpus eripitur. Duabus 5 prius frustra crucibus admotis, ubi Christi patibulo attactum est, dictu mirabile, trepidantibus cunctis, funus s5 excussum et inter spectatores suos astitit : crux reperta dignoque ambitu consecrata.

Bientôt, en récompense de sa foi et de son labeur, on trouva trois croix, précisément autant qu'il en avait été dressé pour le Christ et les deux larrons. Mais alors une difficulté considérable

— reconnaître le gibet sur lequel le Seigneur avait été suspendu— troubla le cœur et l'esprit de tous; Terreur humaine pouvait faire consacrer, au lieu de la croix de Jésus, celle de VvLW des larrons. On résolut de mettre le cadavre d'un homme récemment décédé en contact avec les [trois] croix. Cela se fit sans retard; un convoi funèbre passait, comme amené par la volonté de Dieu ; tous s'emploient à retirer le corps du cercueil. Deux des croix sont successivement approchées sans résultat; mais aussitôt que le mort fut touché par le gibet du Christ, il s'éveilla vivement : chose admirable dont tous tremblèrent, et se tint debout parmi ceux qui le regardaient. Ainsi fut trouvée la vraie croix. On la consacra en grande pompe.

mfiidit,nt aliquem recena mortuum inquiri et inferri juberet. Nec mora^rerbum factum : cadayer iUatum est ; deponitur, jacenti una de crucibus admovetur, et altéra : sed reomm li^a mors sprevit. Postremo dominicam crucem prodit resurrectio ; et ad salutaris ligni tactum morte profuga funus (id est cadaver vel mortuus excitatus est) excussum et corpus erectum est; tremefactisque viventibus stetit mortuus, et funebribus, ut Lazarus quondam, viuculis expeditus, illico inter ezspectatores suos ridiviyus incessit. > — Bernays pense que ces détails ont été intercalés par Solpice lui-même, postérieurement à la première rédaction de la Chronique.

i6) dignoscendi B. — quo V; in quo B.

2 1) funus\\ funeris B.€ Funus pro cadaver e passim usurpatur a Sulpicio.» Pr.

— efferebatur Hofmeister.

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35 His per Helenam gestis, principe Christiano libertatem atque exemplum fidei mundus acceperat : sed longe atrocius periculum cunctis ecclesiis illa pace generatum. Namque tum haeresis Arriana prorupit, totumque orbem

2 injecto errore turbaverat. Etenim duobus Ârriis,acerrimis 5 perfidiae hujus auctoribus, imperator etiam depravatus, dum sibi religionis officium videtur implere, vim persecutionis exercuit : actique in exilium episcopi, saevitum in clericos, animadversum in laicos, qui se ab Ârriorum

3 communione secreverant. Quae autem Arrii praedicabant, 10 erant hujusmodi : patrem Deum instituendi orbis causa genuisse filium, et, pro potestate sui, ex nihilo in substantiam novam atque alteram Deum novum alterumque

Afecisse : fuisse autem tempus, quo filius non fuisset. Igitur hujus mali causa synodus apud Nicaeam ex toto orbe i5

XXXV. Quand Hélène fît cette découverte, le monde avait reçu d^un prince chrétien la liberté et Pexemple de la foi. Mais cette paix engendra pour toutes, les églises un danger bien plus atroce. L'hérésie arienne éclata, troublant Tunivers de ses erreurs partout répandues. Deux ariens, instigateurs très audacieux de cette abomination, en avaient infecté Tempereur lui-même, au point qu'il violentait et persécutait, pensant remplir son devoir envers la Religion. On exilait les évêques, on sévissait contre les clercs, on châtiait les laïques qui refusaient d'entrer en communion avec les ariens. Or les doctrines que les ariens soutenaient étaient celles-ci : Dieu le Père a engendré son Fils pour qu'il formât le monde ; et, par sa puissance, de rien [il a fait] en une substance nouvelle et autre un dieu nouveau et autre ; il fut donc un temps où le Fils n'était pas. Pour remédier à ce mal, un concile fut rassemblé à Nicée de

4) Arriani V. Le Vaticanus dit toujours Arrius, bien qu'il s'agisse du mot grtQ Apeîo;.

5) iniecto V; invecto B.

6) depravatiis dum V; depravatur dumque B.

1 1 ) deum V; domini B. Ce passage est emprunté à saint Hilaire : < Tradehant autem trii talia : patrem Deum instituendi orbis causa genuisse filium et pro potestate sui e» nihilo in substantiam novam atque alteram Deum novum alterumque fecisse, » (Fragm. II, n* 26, in Coutantii editione.)

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contrahitur, ccc siquîdem et duodeviginti episcopis congregatis : fides plena conscribitur, haeresis Arriana damnatur, imperator decretum episcopale complectitur. Ar- S riani nihil contra sanam fîdem retractare ausi, se quoque,

ao tamquam adquiescentes nec aliud sentientes, ecclesiis miscuerunt; manebat tamen in pectoribus eorum insîtum în catholicos viros odium, et adversus quos de fide disceptare non poterant, eos subornatis accusatoribus fictisque criminibus appetebant.

a5 Itaque primum Athanasium, Alexandriae episcopum, 36 virum sanctum, qui apud Nicaenam synodum diaconus adfuerat, aggrediunturabsentemquecondemnant. Etenim a ad crimina quae falsi testes congesserant aggregabant quod Marcellum atque Photinum haereticos sacerdotes,

3o synodi judicio condemnatos, pravo studio recepisset.

tous les points du monde. En effet, trois cent dix-huit évêques s'y trouvèrent réunis. Un symbole complet fut adopté; l'hérésie arienne fut condamnée; l'empereur approuva les décisions épiscopales. Alors les ariens, n'osant disputer contre la saine croyance, feignirent d'y acquiescer et se mêlèrent aux églises comme étant d'accord avec elles; mais la haine des hommes catholiques persistait au fond de leur cœur, et ils firent poursuivre par des accusateurs subornés, sous prétexte de crimes imaginaires, ceux qu'ils n'avaient pu attaquer sur le terrain de la foi. XXXVI. Pour commencer, ils s'en prirent à Athanase, évoque d'Alexandrie, homme saint, qui avait assisté en tant que diacre au concile de Nicée, et le condamnèrent en son absence. Aux crimes accumulés contre lui par de faux témoins, ils joignirent l'accusation d'avoir protégé avec un zèle détestable Marcellus et Photinus, prêtres hérétiques, condamnés par jugement

12) et Galesinius.

14) fecisse, ajouté par Halm, d'après Hilaire.

l'j) fides plena atque perfecta dicitur ab Hilario; fides, seu symholum,

22) adversum B.

26) virù sanctum y;juris consultum B. Impossible de comprendre pourquoi Flaccius a lu ainsi sanctum, ce mot étant dans V en toutes lettres. En voici la reproduction graphique : ^ic^AniTrttf €pni niru Aivm Sur cette inexplicable bévue de copiste, M. de Broglie a transformé Athanase en un homme

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3 Sed de Photino dubium non erat merito fuisse damnatum ; in Marcello nihil tum damnatione dignum repertum videbatur, maximeque ei a studiis partium innocentia accesr serat, quod eosdem illos judices, a quibus fuerat condem-

4 natus, haereticos esse nemo dubitabat. Ceterum Arriani & non hos potius quam Athanasium removere cupiebant. Itaque imperatorem eo usque compellunt, ut Athanasius

5 exulatum ad Gallias mitteretur. Mox in Aegypto lxxx episcopi congregati Athanasium injuste condemnatum esse pronuntiant. Res ad Constantinum refertur : jubet i» ex toto orbe apud Sardicam episcopos congregari, atque omne judicium quo Athanasius damnatus fuerat retra-

6 ctari. In ter haec Constantinus moritur : synodus, congre* gâta jam Constantio imperatore, Athanasium absolvit; Marcellus quoque episcopatui redditur ; nam de Photino >& episcopo Sirmiensi non est rescissa sententia, qui etiam

du synode. A Pégard de Photinus, le bien<fondé de sa condamnation ne faisait aucun doute ; mais, quant à Marcellus, rien ne prouvait encore qu^il eût mérité Tarrêt qui Tavait frappé : ses partisans se croyaient d^autant plus autorisés à proclamer son innocence, que personne ne doutait que les juges qui l'avaient condamné ne fussent eux-mêmes hérétiques. Au surplus» les ariens se souciaient assez peu de ces deux évêques et ne songeaient qu'à écarter Athanase. En conséquence, ils poussèrent Tempereur à exiler en Gaule Tévêque d'Alexandrie. Aussitôt quatre-vingts évêques se réunissent en Egypte et déclarent qu' Athanase a été injustement puni. Quand le fait fut rapporté à Constantin, il ordonna de réunir à Sardique les évêques de tout le globe, avec mission de reviser les divers jugements qui avaient atteint Athanase. Pendant que cet ordre s'exécutait, Constantin mourut, et Constance était empereur lorsque le concile s'assembla. Athanase y fut absous; Marcellus se vit rétablir dans son siège épiscopal; mais on ne cassa pas la sentence de Photinus , évêque de Sirmium ; les nôtres eux-

profondément versé dans la connaissance du droit et même expert en chicane. Un de mes prédécesseurs traduit jurisconsuUum c bon canoniste ». Le droit canon en 33o!

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nostrorum judicio haereticus probatur. Et tamen hoc ipsum Marcellum gravabat, quia Photinus auditor ejus fuisse in adolescentia videbatur. Verumtamen ad Atha- 7

ao nasii absolutionem etiam illud accesserat quod Ursatius et Valens, principes Arrianorum, cum post synodum Sardicensem viderentur a communione secreti, coram positi a Julio, Romanae urbîs episcopo, venîam poposcerunt quod innoxium condamnassent, meritoque eum

35 sententia concilii Sardicensis absolutum professi sunt.

Interjecto deinde tempore, Athanasius, cum Marcellum 37 parum sanae fidei . penitus comperisset, a communione suspendit. Habuitque ille hanc verecundiam ut, tanti viri judicio notatus sponte concederet. Ceterum antea inno- 2

3o cens, postea depravatus, videri poterat jam tum nocens fuisse, cum de eo fuerat judicatum. Nacti ergo Arriani istiusmodi occasionem conspirant penitus Sardicensis

mêmes avaient souscrit au jugement qui le déclarait hérétique. Évidemment, cette décision devait peser sur Marcellus : car il avait été, dans sa jeunesse, le disciple de Photinus. En tout cas, l'absolution d'Athanase eut le résultat que voici : quand, après le concile de Sardique, les chefs ariens, Ursace et Valens, se virent séparés de la communion [orthodoxe], ils se présentèrent devant Jules, évêque de la Ville Romaine, lui demandèrent de leur pardonner d'avoir condamné un innocent, et confessèrent que le concile avait eu grandement raison de l'absoudre.

XXXVII. Au bout d'un certain temps, Athanase, ayant constaté que Marcellus avait une foi, au fond, très peu saine, le retrancha de sa conmiunion. Celui-ci, en s'inclinant devant la décision d'un homme si considérable, fît assurément preuve de respectueuse déférence ; mais, enfin, hier innocent, criminel aujourd'hui, ne pouvait -on pas croire de lui qu'il était déjà coupable quand, naguère, un concile l'avait jugé tel? En tout cas, l'occasion était belle pour les ariens, et ils complotèrent d'en tirer l'abrogation totale des décrets rendus à Sardique.

14) Constantio V; Consiantino B.

16) quia eiiam V; qui etiam Halm.

17) probatur V; prohahatur B.

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