‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 164 sur 198 · Sylviae Peregrinaiio, etc., édit. Gaxnurrini · texte numérisé non relu

Sylviae Peregrinaiio, etc., édit. Gaxnurrini

Goo^^

trop de finesse que de niaiserie, quand cet homme c avancé », comme on dirait aujourd'hui, affirme sans ambages que si Jésus s^était abstenu de faire des miracles, on se serait moqué de lui, son opinion est très importante. Sans les prodiges, dit-il, les peuples païens habitués à honorer la force et la puissance n'auraient eu que des railleries pour un Dieu qui, en fin de compte, s'était laissé insulter et supplicier. Au contraire, les virtutes du Messie, ayant montré son pouvoir sous un haut relief, firent de la crucifixion, un acte d'humilité voulue, préméditée, par cela même surnaturelle.

Ctqu^en disait h) Eusèbe écrivait dans le premier tiers du iv« siècle; au début du Augustin, siècle suivant, Augustin autrement instruit, intelligent et philosophe que l'évêque de Césarée, se déclare, lui aussi, convaincu que toute la bataille religieuse doit porter sur cette question du miracle. L'athéisme, le théisme, le philosophisme, le paganisme ne préoccupent point l'opinion. Ce qui est urgent, c'est d'établir devant elle que les prodiges opérés par le vrai Dieu l'emportent sur tous les prodiges connus afin de démontrer la supériorité de la nouvelle foi. En conséquence, Augustin narre avec minutie et détail vingt et un miracles dont il a été le témoin ou qu'il a recueillis sur place ^ Son but est très précis: il veut établir par analogie la crédibilité des miracles évangéliques vis-à-vis des esprits hésitants; et voici à peu près conune il argumente: «Vous ne croyez » pas que Jésus ait été engendré par des organes virginaux restés » intègres; il vous en coûte d'admettre que Notre Sauveur ait pu péné-

> trer jusqu'à ses disciples à travers une porte close ; mais, prenez au

> moins la peine de vérifier ce que je viens de raconter» (N. B. qu'il fournit les noms et les adresses); c et si vous le trouvez vrai, ajoutez foi » au reste ^. » Le reste c'est, en bloc, la totalité des actes thaumaturgiques du Christ et de ses apôtres. Je confesse que ce langage n'a rien de bien profond ni de bien relevé, mais c'est le ton que nous verrons prendre à l'humble auteur de la Vita et des Dialotrues, J'ai précisément voulu faire toucher du doigt que le miracle, aspiration constante des âmes simples, avait le privilège d'amener les plus hauts esprits à des naïvetés de petit enfant. Le grand penseur de la Cité de Dieu proclamant du haut de sa philosophie la nécessité du miracle, conçu non comme cas exceptionnel, mais à titre de procédé normal et de méthode fondamentale; ce puissant créateur de dogmes reconnaissant que les thaumaturges ont plus entraîné et subjugué d'âmes que les dogmatistes et les docteurs n'en ont convaincu, quoi de plus décisif pour la thèse

1. Cf. dans Cité de Dieu, X, i8, p. 244, de la tradaction, le chapitre intitalé : Contre ceum qui nient que l'on doive croire aux miracles de l'Ancien TestO' ment:

2. Lire ibidem le chapitre 22 intitulé : Des miracles qui ont été opérés pour Jaire croire le monde en Jésus^hrist et qui ne cessent p<ts de s'opérer depuis qu'il y croit.

que je soutiens ' ? Augustin semble bien n'avoir rien su de ce qui se

passait de son temps dans le pagus Turonensis. Cependant à Pinsis- Comme qim

tance qu^il met à établir que les anciens prodiges ont besoin d'être ^^ thaumaturges

rafraîchis par des prodiges nouveaux, au ton de conviction qu'il adopte ,^^

pour soutenir la supériorité du miracle directement perçu au regard du '^pp^"^^PJ^

miracle lointain et raconté, on dirait qu'il devine qu'à l'heure même la .^^

gprande région des Gaules est en train d'émerger rapidement des ténè- les dogmatisus

bres païennes, secouée par la thaumaturgie de Martin; et aussi qu'il n^enoRt

prévoit qu'une partie de l'Occident va bientôt, pour de longs siècles, confuincu, tirer le meilleur de sa vie morale des petits livres où Sulpice racontait les miracles du vieil évêque de Tours.

Maintenant, cet exposé n'a pas pour unique but, je l'avoue, de reven- Et comment diquer la justesse des appréciations de mon auteur sur la manière dont cette ririti le christianisme fit son chemin dans le monde. La vérité, c'est que si * ^^ puissamment j'avais réussi à rédiger le présent petit essai tel que je Tai conçu, il en ' "^ devrait ressortir certaines conclusions d'un intérêt bien plus direct. J'ai ^^ y^^ d^ Martin, voulu, en effet, rappeler que l'intervention d'êtres supérieurs à l'homme dans les affaires humaines, avec capacité d'influer sur elles en bien et en mal, admise de tous dès le début, puis tout le long de l'évolution générale, y a occupé une telle place que le refus d'étudier les faits de cet ordre conmie indignes d'attention |ie tend à rien moins qu'à représenter l'immense série des prédécesseurs et des ancêtres comme un troupeau d'idiots menés par des aliénés ou des fourbes. Cette première observa- Essai tion d'ensemble est peut-être de nature .à nous faire méditer utilement d'application sur la façon dont nous avons longtemps apprécié l'histoire. Je l'ai, en ti^ ces recherches second lieu, étayée en constatant distinctement que l'hypothèse théolo- ^^'^risem^^ gique — d'abord maîtresse spontanée et nécessaire de l'esprit humain, ensuite son guide indispensable dans les phases qu'il traverse avant d'atteindre à la connaissance positive — aurait failli à sa mission et serait restée stérile si on ne l'eût complétée en concédant aux dieux la faculté d'agir à tout instant, à toute date, sans obstacle constitutionnel quelconque, en vue d'aider, de récompenser et de punir. Ce deuxième point est, lui aussi, d'un grand intérêt immédiat. Il forme le fond solide du concept de Providence et fut toujours la justification de la pratique de la prière. Or prière et providence représentent le plus net de notre bagage religieux, moral et philosophique circulant. On peut s'en assurer par les dramaturges et les romanciers de ce pays, qui aime passionnément le théâtre et ne lit que des romans. De ces constatations impartiales et difficilement discutables découle une conséquence non moins malaisée à contester : c'est que l'abandon de la foi au miracle, tendance quotidiennement grandissante, entraîne avec une rigueur inexorable l'abandon

1 . c La puiisance captive le peuple plus que rintelligence ; les faits éclatants plus qne les paroles élégantes, les prodiges plus que les discours. » {La Vie dé Jisut, par le père Didon« 1893.)

Ce que deviennent

Dieu et la Providence

après la suppression du surnaturel.

Pourquoi

il est très utile

de s* en bien

rendre compte.

34a PETITS ESSAIS

de la foi en Dieu. Thaumaturgie et théologisme sont termes liés de telle sorte que l'un ne saurait subsister sans Tautre. Il faut un Dieu pour faire des miracles. Un Dieu qui ne pourrait faire de miracles ne serait pas un Dieu.

Telle a été ma démonstration. Le goût de critiquer et de nier n'y entre pour rien. Ce n'est point par raillerie que je réclame une attitude plus respectueuse devant le miracle. Je ne ressens aucun plaisir à prouver que, sur ce terrain, le fétichiste primitif et Bossuet ont une doctrine identique ; et aussi que Bossuet et le fétichiste primitif ont raisonné en cette matière plus correctement que Voltaire ou Renan, qui se moquent des miracles mais s'opiniâtrent à croire en Dieu. La critique négative uniquement préoccupée de démolir, triste besogne, si elle n'a pour excuse l'urgence et l'espoir de rebâtir. Je souhaiterais amener les gens à se rendre compte de ce qu'ils font quand ils touchent, d'un air plaisant et détaché, à ce problème du surnaturel. Il recouvre d'immenses intérêts moraux. On ne s'en débarrassera pas avec un haussement d'épaule. Le miracle a servi de base à la morale universelle. Partout où l'on a pu signaler une prescription destinée à diriger la conduite privée ou publique, que ce soit parmi des civilisés ou chez les sauvages, soyez sûr qu'elle a été suscitée par des motifs extra-humains et qu'elle ne s'est maintenue que grâce à la sanction de pouvoirs surhumains. Ce fait, non moins général que l'usage de manger et de boire, il vous est loisible de l'expliquer par la rouerie et l'imbécillité, selon une méthode très employée au xvm^ siècle ^ Mais il y a aussi parfois bien de la niaiserie à vouloir être trop malin et spirituel. La chrétienté — ce mot, englobant les peuples qui ont cru, croient, ou s'imaginent croire en Jésus, peut signifier l'élite de l'humanité — la chrétienté, dis -je, a vécu et continue de vivre, sauf quelques exceptions, sous un régime moral impliquant la foi au miracle. Les hommes qui se guident à l'aide du

t . c Le premier devin fat le premier fripon qui rencontra un imbécile. * Voilà du Voltaire de vive et leste qualité ! Cependant quand on se remémore ce que fut la divination dans ses vingt formes différentes avec, parfois, des organes tels que cette Pythie qui disait aux Sybarites homicides : c éloifi^nez-vous de mes trépieds, le meurtre est encore autour de vos mains ; > quand on considère que Tacte de deviner ou de prévoir fut Tessor initial de la recherche scientifique et qu'il est resté Tobjet essentiel de la science constituée, on est confondu de rencontrer tant d'esprit môle à tant d'inintelligence historique et à tant de pauvreté mentale. L'excuse, c'est qu'il y avait urgence à déshonorer sous tous leurs aspects les éléments divers de la Foi, afin de se débarrasser d'une certaine foi intolérablement oppressive. Tacite, pourtant, à une époque assez semblable au xviii« siècle, jugeait et méprisait les charlatans lui aussi ; mais il ne leur faisait pas la part large à ce point. Discernant avec profondeur le double aspect de la nature humaine, il disait des sorciers: finj^unt aimul creduntque^ ils sont aussi crédules que menteurs, ce qui est autrement juste que la plaisanterie de Voltaire. J'ai rencontré dans ma vie un certain nombre de devineresses qui n'étaient pas précisément le dessus du panier social. Néanmoins il m'a paru que, presque toutes, elles s'abusaient elles-mêmes, autant qu'elles abusaient leur clientèle.

Goo^^

fameux impératif catégorique de Kant, sont quelques milliers. C'est par

centaines de millions que l'on compte ceux qui se règlent ou essaient de

se régler d'après le Décalog^e. Or, ce document législatif a été édicté

dans des conditions exceptionnellement miraculeuses ; et les corollaires

divers qu'on y a successivement rattachés ont été, eux aussi, formulés

au milieu des prodiges. Là est pourtant la source unique de la moralité

chrétienne. En la transgression du Décalog^e et de ses corollaires

consiste exclusivement le péché (crime ou délit). C'était l'opinion de la /> miracle

Synagogue, c'est aussi celle de Paul et d'Augustin. Il n'y avait pas de est à l'origine

péché avant la Loi; la coulpe n'est rien qu'une désobéissance; la vertu, ^^

rien qu'une soumission à la Loi. Ces prémisses posées, il est évident que ^^"^ fotre édifice

douter, pour cause d'invraisemblance et d'absurdité, de la promulgation

des dix articles au son des trompettes, parmi les éclairs et le tonnerre,

c'est frapper la morale mosaïque de suspicion; de même refuser de

croire que Dieu ait fait engendrer son fils par une vierge, et ne pas

admettre les prodiges au moyen desquels ce ^Is a préparé le monde à

considérer le discours sur la montagne comme un développement de la

parole sinaîtique, c'est décréter de déchéance la morale chrétienne

comme née dans l'illusion et la fausseté. Tout au moins ne peut-on nier Le doute

que la primitive Loi, les préceptes qu'y avaient ajoutés les prophètes, le /^'^ ^^ '<"'

couronnement glorieux que Jésus leur avait donné, sortent de cette ^^^^ ^ bdtisse

aventure dangereusement compromis. Ne dites pas que ces belles ^^ '*

maximes ne cesseront point de resplendir de leur beauté propre et de

leur intrinsèque éclat, ceci est bon pour les esprits émancipés et pour

les philosophes qui affirment l'existence d'une morale spontanée, issue

du développement de la sociabilité. C'est très humain, très positif;

mais ce n'est ni chrétien ni théologique. Constater qu'en morale comme

pour les autres sciences, l'homme a tout fait, alors que la donnée de la

théologie chrétienne est qu'il n'existe rien dont Dieu ne soit l'auteur et

que nos vertus elles-mêmes sont surnaturelles, c'est-à-dire qu'elles ne

sauraient se produire sans son bon plaisir, quel plus grand échec à la

théologie et au christianisme ! C'est pourquoi, jeunes gens qui êtes

actuellement dans les écoles, ô mes chers amis, — je vous donne ce nom

comme les seuls par qui j'aie chance d'être lu, — gardez-vous de l'erreur

déplorable dont Renan fût le plus séduisant interprète. Vingt autres l'ont Incohérence,

exposée et soutenue avec plus de science et d'autorité réelle que \m\\ fausseté et danger

mais ils n'avaient pas comme lui le charme pour se faire lire ; le charme ^^^ théories

et aussi la sincérité, car cet esprit loyal ne se douta jamais qu'il nous sur U pieu

poussait vers le très vilain vice anglais, le cant ou régime de l'hypocrisie ^^'^ ''<»'>

religieuse. Tout fin qu'il fut, et certes il le fut beaucoup, il ne suspecta ,^„^ do^me

pas davantage que le Dieu prôné par lui ressemble à faire peur à celui et sur la religion

que Voltaire se déclare prêt à c inventer t, et à cet autre que Béranger sans culte,

appelle le c dieu des bonnes gens>, ses deux antipathies les mieux

prononcées et non les moins légitimes. Le concept religieux est avant

tout social. Son aptitude la plus précieuse, le concours individuel qu'il

Goo^^

prête à tout homme ne saurait se produire que par voie de prédominance collective. On parle sans cesse d^une prétendue religion que les esprits honnêtes, sincères et élevés construiraient librement et à leur guise sous des formes variées à l'infini, la variété^ l'originalité, la mobilité en représentant le meilleur mérite. Le nombre de lettrés qui se payent de cette prétentieuse logomachie, pour échapper à l'ennui de paraître irréligieux, chose mal portée, est, hélas! très grand. La foi partagée, une platitude ! Être d'accord avec plusieurs, quelle vulgarité I Que U religion « Si j'étais chef d'école, je n'aimerais que les disciples qui se sépareindividueUe » raient de moi, » disait Renan; et il pensait être suprêmement libéral est une ^n présentant comme un idéal cette idolâtrie de la dispersion. C'est le égoiite moquerie, fj^meux t culte intérieur >, le seul qui compte, nous affirme-t-on, chaque âme un peu noble l'élaborant pour son usage privé et personnel. Quoi de plus délicieusement aristocratique ! Seulement un tel individualisme n'est rien que la négation insolente de la notion même de religion. Ce qu'il faut, Un ensemble de vérités qu'on a cessé de contester, qui ne se discu- <^est posséder tent plus et dont le nombre, à mesure qu'il augmente, étend et garantit en commun davantage la sécurité et le bonheur des hommes, voilà la religion. ne doute C'est la dernière des misères intellectuelles de faire de ce mot admiet qui, par là, rable un jouet pour les esthètes sans occupation, un tremplin pour les procurent à tous dilettantes de l'anarchisme mental et moral. Ce n'est pas de disputes le contentement que nous avons besoin, mais de convictions unanimes telles que les et la paix, souhaitait le noble Spinoza. Toute divergence d'opinion qui s'efface est pour la religion un accroissement. Son progrès consiste en l'accord acquis sur des points chaque jour multipliés, car la profonde parole € l'homme devient de plus en plus religieux > n'a pas, je suppose, d'autre sens. La religion effectivement a pour objet essentiel sinon unique de régler les cœurs et de rallier les âmes; toutes les âmes; celles des ignorants et celles des instruits; les cœurs simples et les esprits d'élite, ceux-ci garantissant la rationalité du dogme, ceux-là la réchauffant de leurs robustes ardeurs et de leurs naïves tendresses, afin que, tous, nous puissions vivre dans le repos joyeux d'une solide et commune foi.

Sur DUOBUS SUFFULTUS DAEMONIIS (Chr. II, 28, 5, 14). — Dans mes

les démons précédentes notes concernant l'angélologie il n'a été parié que très et incidemment des anges mauvais; et je n'ai pas poussé ma recherche sur

sur la diable le satan biblique au delà du moment où il apparaît dans l'avant-demier chrétien, des prophètes, Zacharie, sous des formes qui commencent à se rapprocher du diable chrétien. Les esprits mauvais et leur chef tiennent trop de place. dans les opuscules martiniens pour qu'il ne soit pas utile de relever et de bien fixer les divers traits que la littérature évangélique et apostolique a pu fournir pour la formation de ces personnages. On a vu que les anges conçus comme méchants et malfaisants, très nombreux dans l'Âvesta, beaucoup moins rares qu'on ne l'a dit longtemps dans la religion hellénique, étaient totalement absents de l'ancienne Bible.

Ils 8'y introduisirent néanmoins par Pintermédiaire des Juifs alexan- Des

drins, traducteurs de l'Écriture sainte et connus sous le nom de Sep- iransformatiûns tente. C'est une filiation curieuse à établir; elle se rattache original- ^^^^ démon. rement à ce mot < démon » que Sulpice» racontant l'histoire des apôtres, emploie pour la première fois dans le texte que nous commentons présentement. Je viens de rappeler que l'existence d'êtres surnaturels, méchants et voués par nature aux inspirations vicieuses et aux agissements funestes n'était pas complètement étrangère à l'antiquité polythéiste. Homère emploie les termes dieu et démon, 0e6ç, dai'ijuiov, indifiéremment pour exprimer une même idée. Aai|i.ovtov signifie ce qui est divin. Dans l'Odyssée, Télémaque est qualifié tantôt 8a{|&ovi tboc, tantôt t<r&6eoc et M. Guignant prétend que la première de ces locutions : c semblable à un démon », renferme l'idée d'une puissance obscure et mystérieuse qu'il ne retrouve pas dans les mots: c semblable à un dieu». J'ai essayé par des rapprochements multipliés de saisir quelque nuance de ce genre. J'avoue n'y avoir point réussi. Cependant les faits ne Qut les démons manquent pas pour indiquer à des époques très reculées la croyance mauvais en des êtres aimant, par vocation et plaisir, à faire du mal aux mortels, nefurimtpas Il y a des héros méchants dans Hérodote (voir V, 6, l'histoire de Déma- ^^fj^^xmas" rate). Les lois de Zaleucus et de Charondas font mention de démons jf Vanûquiti, funestes chargés de venger les crimes contre la famille et la patrie (cf. Stobée ad verbùm). Quand Hippocrate parle de malades, en proie à des terreurs nocturnes et qui s'enfuient de leur lit à travers la campagne en criant que les héros les poursuivent (cf. 1. 1 de l'édition Littré), il faut bien croire que l'opinion admettait l'existence de divinités intermédiaires malfaisantes; ce que confirme, d'ailleurs, la légende du méchant héros de Tumesse (Elien, VIII, i8). De même lorsque Pausanias raconte la vengeance que < les héros » tirèrent de Cléomène qui avait corrompu la Pythie {Laconica, IV, i3), son récit fait pendant aux irruptions de héros constatées par Hippocrate. Néanmoins, ces faits une fois relevés par excès de scrupule, il reste certain que, même après l'introduction des idées orientales dont Platon paraît devoir être rendu responsable plus que personne, le mot démon, de tout temps admis avec une signification favorable, la conserva très tard, même pour Platon. C'est ainsi que l'Être suprême, que ce philosophe présente Le mot démon comme le gouverneur de l'univers et qu'il n'avait certainement pas le prit surtout dessein de maltraiter, est appelé par lui c le plus grand des démons » "" f*"* /^"^™* [uyusnç da({i(dv. Cette interprétation se maintint dans le meilleur langage ^»^^^ chr£eniie. grec jusqu'aux temps de l'ère chrétienne. On peut s'en assurer par la manière dont les Athéniens de l'Aréopage jugent la doctrine exposée devant eux par saint Paul : c Que veut ce semeur de paroles, disaient les philosophes épicuriens et stoïciens; il semble un prêcheur (annonciator) de démons nouveaux » {Acta apost, 17, 18). En réalité, le sens péjoratif du mot n'apparaît, je crois, pour la première fois un peu nettement que dans Plutarque, qui écrivait à la fin du premier siècle de notre

Cest Plutarque qui inaugure

le sens mauvais

sous l'infiuena de ses idées

zoroastriennes.

A l'imitation

de la Bible,

les

démons méchants

lui servent

à innocenter

les dieux.

Premiers indices

depéjoration

dans l'Ecriture

traduite par les Septante,

ère. Je ne pense pas me tromper en attribuant cette tendance à deux causes principales : le contact que Plutarque avait pris avec les idées du Mazdéisme ; la position polémique qu'il avait adoptée en sa qualité de conservateur très éclairé et très c avancé > du polythéisme grécoromain. Les preuves de la familiarité de l'auteur du traité sur Isis et Osiris avec le dogme zoroastrien ressortent de la simple lecture de ce curieux opuscule, et c'est évidemment sous l'influence des idées mazdéennes que Plutarque commença à jeter une certaine nuance d'odieux sur le mot qui nous occupe ' en établissant deux catégories de démons : les uns ministres des intentions bienveillantes des Dieux, les autres vengeurs et punisseurs des crimes commis par les hommes. C'est là que se montrait la seconde des deux préoccupations de Plutarque en cette matière. Tout comme les écrivains bibliques, quand surgit la difficulté de rendre plus longtemps Jahveh responsable de la misère et du mal, Plutarque utilise les démons pour innocenter le haut personnel divin des petitesses, des vices, des bassesses et des méchancetés dont il était d'usage de le charger, c Ce sont les démons qui ont subi l'exil d'Egypte, enlevé les filles, adultéré les femmes, > disait-il; c ce sont eux aussi et non les Dieux, qui, leur nature étant plus crasse, se nourrissent de la fumée, de la graisse et du sang des sacrifices. La peste, la famine, la stérilité, les séditions sont toujours fomentées par eux. >

Mais si la transformation du mot démon fut très lente à s'opérer dans le langage polythéiste et même ne s'y manifesta jamais très franchement, les choses dans le milieu juif se passèrent d'une tout autre manière. Le premier indice qu'on en puisse indiquer se rencontre, comme il a été dit tout à l'heure, dans la bible des Septante, où les Dieux des peuples non juifs, gentesy sont toujours désignés par le mot 8a(i(u&vtoi. c Vous avez sacrifié aux démons, dcsemoniis, 9 crie le prophète Baruch aux Israélites qu'il accuse d'idolâtrie. Dans le psaume CV, après avoir décrit l'état de ces renégats qui poussent l'égarement jusqu'à adopter les mœurs des gentils en honorant d'un culte les figures sculptées, le poète ajoute sur le ton d*une violente indignation : c Iminolaverunt filios suos et filias suas daemoniis : ils ont immolé leurs fils et leurs filles aux démons > (27). En tenant ce langage, les traducteurs alexandrins n'obéissaient certainement pas à un système réfléchi. On les eût fort étonnés de leur dire qu'ils posaient ainsi le principe de la philosophie de l'histoire catholiquement conçue. La vérité, c'est qu'ils

I . Il ne Tavoue pas, il est vrai, préférant avoir Tair de tout tirer de sa chère tradition hellénique : c Mon cher Héracléon, Empédocle nVst pas le seul qui ait écrit que les démons sont vicieux; c'est aussi Platon, Xénocrate, Chrytippe, Démocrite lui-même. » {De Defêciu oraculorum.) Fort bien. Mais est-ce aussi Platon et les autres qui lui font raconter sur la Pythie une scène qu*on dirait tirée de TAvesta ou des évangiles synoptiques et où Ton voit la prêtresse c saisie d'un esprit muet et malin » hurlant, écumant, se roulant à terre et jetant tout le personnel du temple dans l'épouvante?

se servaient tout simplement de la langue grecque, laquelle après le terme 0c6c, réservé aux cas plus spécifiés, n'a pas d'autre mot que da(|Mi>v pour désigner génériquement les êtres divins ; et ce mot, les Septante remployaient sans y attacher un autre sens que celui de divinités étrangères. Seulement» plus le contact avec le monde non juif fut fréquent Cat le point et prolongé, plus s'accentua l'idée d'infériorité, de mépris et de malfai- ^< ^ip^»^ sance appliquée aux Dieux, autres que Jahveh. La conséquence ne se ^^^ P^^osophie fit pas attendre. Elle se produisit en premier lieu, à ce qu'il semble, à ^ 'mondTûtaiqtu l'occasion des tentatives faites par Ântiochus Épipbane pour convertir tout entier les JuifiB au polythéisme. J'ai dit ailleurs qu'en cette affaire l'intention gouverné propagandiste de l'Épiphane était plus que douteuse. Mais il y a un par les d(mons. détail tout à fait certain» la formation parmi les fils d'Israël d'un parti helléniste composé de juifs émancipés, désireux de convertir leurs compatriotes aux pratiques religieuses de la Grèce. C'est en parlant de ces apostats que l'auteur anonyme de Macchabées I dit : c Qu'ils se sont installés dans Sion pour dresser des pièges contre le sanctuaire et devenir un diable mauvais, diaSo>o; icovep6c» dans Israël» (i» 38). Tel est le texte que l'on peut considérer comme ayant fourni son point initial au développement rapide qu'allait prendre chez les juifs la théorie démonologique, entre la moitié du second siècle avant Jésus et la ruine de Jérusalem. C'est à cette époque, en effet, que les germes contenus dans quelques rares parties de l'ancienne Bible se mirent à bourgeonner. Parmi les nouveautés qui surgirent alors, il faut signaler ce passage du livre de la Sagesse où il est dit que Dieu avait créé l'homme pour l'immortalité en le façonnant à son image, c mais l'envie du diable introduisit dans ce monde la mort qui devint alors l'héritage de tous les hommes : c Jnvidia autem diaboli mors iniravit in orbent » (2, 23). On doit remarquer ici une nuance capitale. Dans Macchabées II pour que le mot diable prenne un sens sinistre, il a fallu lui appliquer l'épithète de mauvais. Dans la Sagesse, au contraire, il est parlé du Premier diable tout court; et ce terme, ainsi unifié et concentré, désigne un <^' Mlique être redoutable, puisqu'on le montre comme ayant infligé aux hommes concernant le plus grand des maux qu'ils puissent connaître. J'insiste sur cette jiable'mauyais, nuance uniquement pour marquer avec quelle promptitude les théories semi*dualistes firent leur chemin entre le livre des Macchabées et celui de la Sagesse. Le mot démon, dont l'histoire est pour le moment seule à nous occuper, ne manqua pas de s'en ressentir; et l'espèce de vague synonymie qui le rapprochait du mot diable hâta considérablement sa définitive métamorphose.

Aux approches de la venue de Jésus, le juif platonicien Philon pense que les démons, — auxquels il accorde d'ailleurs une attention fort restreinte ; je ne connais qu'un seul passage précis dans le traité De Gigantîhus, 4, — Philon, dis-je, pense que les démons sont des êtres intermédiaires dont la fonction essentielle consiste à attiser dans le cœur humain le penchant à l'impureté. Cette appréciation, de source évidem-

Etat de Popinion

en cette matière

un peu avant

et un peu après

Jésus.

Le double sens

de démon subsiste encore.

C'at Origène qui commence d lui donner une couleur exclusivement sinistre.

ment populaire, sous la plume d'un philosophe aussi spiritualiste que Philon, fournit la preuve qu'il s'agit de croyances très générales et très répandues. En tout cas, les documents, apocryphes ou canoniques, qui précédèrent immédiatement la venue de Jésus comme ceux qui la suivirent, n'exigent pas un bien long examen pour établir quel était alors l'état de Topinion publique. La croyance en des êtres surnaturels, spécialement chargés d'assaillir les hommes pour les perdre, est universelle. Dans les évangiles synoptiques notamment, le mot démon est toujours pris en un mauvais sens. Il s'en faut pourtant que la transformation de ce vocable fût alors complète. J'ai déjà cité plus haut un passage des Actes des Apôtres où l'expression M\Lbn est employée comme pleinement synonyme de Mç; et la rédaction des Actes ne remonte guère plus haut que les premières années du ii« siècle. Cette manière de parler est encore celle des apologistes, aussi longtemps qu'ils n'emploient que la langue grecque. Loin de prêter à c démon t une signification radicalement et exclusivement mauvaise, ils le font toujours précéder d'un adjectif qui en marque la valeur. Origène est le premier d'entre eux, à ce que je crois, qui ait fait exception à cette règle; et je vais m'expliquer sur ce point avec quelque détail, espérant ainsi fixer le moment exact où s'opéra la petite révolution philologique dont je recherche les traces. Ce ne sera pas du temps perdu.

Le médecin Celsus, grand adversaire des chrétiens, en se moquant des théophanies racontées dans les deux bibles, avait dit : « Ni Dieu, ni le fils de Dieu ne sont descendus sur la terre ; ils n'y descendront jamais. Au fond, peut-être, vous autres, juifs et chrétiens, quand vous dites ces choses, vous entendez désigner des messagers divins? En ce cas^ que peuvent-ils être sinon des dieux, à moins pourtant qu'ils ne soient des démons» (c'est-à-dire des divinités intermédiaires)? Sur ce propos, Origène entre dans une grande irritation; il accuse Celse de n'avoir pas lu les Écritures sacrées, en quoi, je crois, il se trompait. Mais ce qui lui déplaît tout particulièrement, c'est de voirie mot démon ainsi employé : c Celse ne sait pas, s'écrie-t-il, que le mot démon n'est point un nom indifférent comme celui d^homme, qui puisse se donner sans distinction aux bons et aux méchants et qui soit susceptible de marquer des qualités favorables comme celui de Dieux, Non, le mot démon s'applique toujours à des puissances (duva(ieic) malfaisantes; à des êtres dégagés de tout corps grossier, mais occupés à ruiner les hommes, à les asservir en les détournant* de Dieu et des choses supra-célestes, à les perdre par attachement à ce qui est terrestre et bon '. »

Cette fois le cordon ombilical qui rattachait l'interprétation ancienne

t. Cf. Admonitio contra Calaum, 1. 1 de rédition Delame. Origène y discute cette question des démons à plusieurs reprises. Le texte que je viens de citer se lit au livre V, g 5 in fine, p. 5 80. Il dit aussi livre VIII, § 26 : c DaamouMm nullum ê9i dUcrimeu; omnes dicuntur eua mali* (p. 761).

et la nouvelle est nettement coupé. Pour la langue ecclésiastique tout au moins, la seule qui va garder quelque influence pendant de longs siècles, le démon fera désormais exclusivement partie du personnel infernal. Les Pères latins ne le connaîtront que comme un être méchant et funeste. Ils auront d'autant moins de peine à le voir ainsi que même pour ceux d'entre eux, bien rares, qui auront lu Homère et Hésiode dans l'original, cette sentence générale portée contre les dafpiovec quels qu'ils soient, paraîtra toujours juste et vraie, les plus pures et les plus nobles divinités païennes n'ayant jamais été que des types d'immoralité et de dégradation. La théorie, implicitement contenue dans le procédé de traduction des Septante^ devait effectivement atteindre à la hauteur d'une interprétation générale de tout le passé religieux. Au début du Au début iV siècle, Lactance s'attache à démontrer, savamment et éloquemment, àulV^sUcU, qu'aucune différence n'existe entre les dieux païens et les démons '^'^'^^^ (Institutions divines, liv. 4, c. 27). C'est ce qu'Eusèbe répète à satiété .^^ j^ Septante et parfois non sans une pointe comique, par exemple, lorsqu'il s'échauffe triomphe contre € l'infâme démon nommé Vénus». Au début du V» àècltj sur toute U ligne. Augustin, infiniment plus sérieux que Lactance et qu'Eusèbe, donne à cette thèse sa valeur définitive. C'est, au fond, l'inspiration essentielle de son grand ouvrage la Cité de Dieu, Quand il veut établir l'indignité des rois et des princes de l'antiquité, il leur reproche d'avoir introduit parmi les hommes le culte des démons. Antérieurement à Jésus, toutes les nations étaient soumises aux démons. C'est pour eux que les temples se construisaient et que les sacrifices étaient célébrés^. Son dessein tend manifestement à déshonorer d'une manière irrémédiable ce nom qui, selon lui, a été pris en horreur par les païens eux-mêmes, au point de devenir une injure aux yeux de tous. Jadis, pour marquer que quelqu'un avait de l'esprit, on disait : il a le démon. Aujourd'hui nul païen Acharnement n'oserait louer ainsi fût-ce son esclave. S'il lui disait \ tu as le démon, particulier on croirait qu'il veut le maudire. Dans l'opinion d'Augustin, quand son qu'Augustin compatriote Apulée, pour qui il professait une véritable admiration, ^parachever intitula : De Deo Socratis le traité qu'il avait écrit sur l'intimité de ^^^^ évolution, Socrate avec un être surnaturel, ce fiit par honte de placer en tête d'un livre : De Demone Socratico, comme la grammaire l'eût exigé. Chacun à la vue d'un tel titre se fût écrié que l'auteur avait perdu le sens (Ibid., VIII, 14). Sulpice seconda énergiquement Augustin dans son entreprise pour donner au mot démon une signification complètement défavorable. Il avait même pris à cet égard l'initiative, sans préméditation aucune il est vrai, alors que ce père illustre agissait de dessein délibéré ; et l'on peut ajouter que, plus que lui, il contribua au succès, les opuscules martiniens ayant été, pendant le premier moyen âge,

I. Omnêa génies sub dêtnan^ms erant,,, dsfÊtonihuê tampia fàbr^coia ; demO' nihuM araê construuntur,,, oblata sacrificia damonibus. Cf. De CiviiaU Dei, pas9im. Le« textes de ce genre y sont si nombreux qull eat inutile de les spécifier.

35o PETITS ESSAIS

Et comment infiniment plus lus que la Cité de Dieu beaucoup trop savante. Or, les SulpiceU seconda êtres surnaturels que Pévêque de Tours dompte et domine dans la Vita, très pubsamment ^eux avec lesquels il lutte et dispute dans les dialogues sont toujours

C'est amsi que ce terme se trouva définitivement inscnt au vocabulaire avec la signification dénigrante à lui conférée par des récits qui se

Ubique démon, rencontraient dans toutes les mains. A ce point de vue il serait permis, telle est ^^3 maintenant, d'adopter la formule que le moine marseillais Salvien

^ del'ipoaue^'^^ n'émit que cinquante années plus tard ; tMque démon! Les démons sont partout, comme s'ils n'eussent attendu que le triomphe de l'unité catholique pour semer à l'envi la corruption, le vice, la malice et l'hérésie, — surtout l'hérésie, la plus grande des malices, le résumé de tous les vices et de toutes les corruptions. Voilà donc notre recherche philologique sur l'évolution du mot démon parvenue à sa fin. Je dois cependant expliquer la réserve posée tout à l'heure, quand j'ai dit que Sulpice employait ce terme pour désigner les esprits mauvais non pas toujours, mais presque toujours.

Les opuscules martiniens, comme d'ailleurs les autres écrits de l'époque, au milieu de la troupe grouillante et malfaisante par laquelle les pauvres Chrétiens sont assaillis, tentés et tourmentés, font fréquemment intervenir un être porteur d'un nom en apparence individuel, à physionomie assez personnelle pour qu'il semble seul de son espèce. Par exemple, quand Sulpice raconte la première rencontre de Martin avec l'esprit du mal, il dit : c Le diable se présenta à lui dans le chemin; Diabolus in itinere se eo obtulit, > Puis, il prête à ce nouveau venu un langage impliquant manifestement des prétentions à la direction et à l'unité. Le Diable, —et non pas un diable^ notez cela; Padjectivation et la pluralité ne se produisirent que plus tard, — le Diable, dis-je, est bien réellement un nouveau venu dans le chapitre de la Vita que je viens de citer. Sans doute, il avait déjà été nommé une fois par la Chronique, — *

Des difflrencts une seule fois à propos de Job. On a vu que c'était là un anachronisine àiiablir résultant de l'évocation injustifiablement prématurée d'un être qui

entre lesdimons n'existait pas encore (cf. 1. 1, p. 181). Depuis cette très antique date, le

et e table, gn^j^^ comme Job l'appelle en hébreu, — l'opposant, le contradicteur»

i StâSoXoç, ainsi que traduisent les Septante, — est devenu tout autre

chose qu'un membre quelque peu tracassier de la cour de Jahveh. Le pro*

phète Michée avait d'abord donné une vague esquisse de sa nouvelle

figure. L'un des derniers petits prophètes, Zacharie, s'était ensuite plus

sérieusement mis en frais pour le rendre capable d'atteindre au rang de

Les origines représentant du principe du mal. Puis était venu le livre de la Sapience

bibliques qui l'avait poussé très loin dans cette voie, — je l'ai remarqué plus haut,

et ivangitiques ^ g^ l'identifiant avec le serpent tentateur de la Genèse, le promoteur du péché originel. Â leur tour, les écrits apocryphes S notamment le

I , La SageuB est un écrit en dix-neaf chapitres de la période hellénistiqtte

de Satan,

NOTES ET NOTULES 35l

Page 1