‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 175 sur 198 · I. Dt ObUu Theodosii, Migne, XVI, col · texte numérisé non relu

I. Dt ObUu Theodosii, Migne, XVI, col

NOTES ET NOTULEÇ 459

sans retard, lui apprend que le Christ fut crucifié entre deux larrons; de là les trois gibets. Sans doute, celui du milieu doit être le véritable. Oui, mais les trois croix ont pu être mêlées parmi les ruines. U y a donc possibilité de se tromper. Heureusement, l'Évangile de Jean est là ( 1 9, 1 9) pour apprendre à Pintelligente directrice des fouilles qu'au-dessus de la tête du Saint Crucifié se lisaient ces mots : Jésus Nazarenus rex fudeorutn, Hélène cherche l'inscription, la déchiffre et sans secours miraculeux entre en possession de la précieuse relique. Alors elle eut une idée admirable, continue Ambroise qui me paraît être le père de cette ingénieuse imagination : prenant deux des clous de la croix, avec l'un elle fit forger un mors de cheval, avec l'autre elle orna un diadème, puis elle expédia le tout en don à l'empereur son fils : de uno clavo fr$nos fieri praecipit^ de altero di€ulema intexutt. C'est ainsi que les louanges qui auraient pu être faites en l'honneur de Théodose se trouvèrent fort avantageusement remplacées. Certainement, l'auditoire milanais de cette singulière oraison funèbre n'y perdit pas. J'ajoute que quiconque souhaiterait prendre de c l'éloquence > d'Ambroise une opinion un peu plus précise que celle qu'en a donnée M. Villemain, devra lire ce morceau : De Obitu Theodosii, principalement (dans §40 à 49), les extraordinaires jeux d'esprit consacrés à ces deux clous, à ce diadème et à ce mors. Si ensuite on prend la peine de se < gargariser >, — ainsi que faisait la princesse de Liéven, avec c du Guizot » quand elle avait lu c du Thiers, > — en lisant un ou deux chapitres de notre Chronique, il sera facile de mesurer la distance qui, au point de vue de la clarté, de la simplicité et du goût, sépare Sulpice de ses plus éminents contemporains, Jérôme peut-être excepté.

Hélène est la figure la plus franchement originale de cette époque-là. Lorsque Ambroise, par recherche du contraste, la qualifie de stabularia^ il n'est pas tout à fait exact. Elle était la fille d'un maître d'auberge, et dans cette humble situation elle plut au prince le plus cultivé, le plus distingué, le plus aimable de tous les seconds Flaviens, Constance le pâle. Constance fit d'Hélène non pas sa femme, mais sa concubine, en sorte que Constantin naquit bâtard. Ces détails ayant paru de trop peu de valeur à Baronius, le cardinal aristocrate a jugé bon d'attribuer pour père à Hélène un roitelet, regulus, de l'île de Bretagne. En tout cas, de quelque souche qu'elle fût issue, la mère de Constantin eut l'honneur d'exercer une incontestable influence sur l'esprit non médiocre de son fils dans les affaires religieuses. En outre, pour son propre compte, elle inaugura avec éclat l'usage de ces c pérégrinations > en Palestine qui devinrent la grande mode du iv« siècle finissant. (Cf. t. III la note sur Posthumianus, ami intime de Sulpice, et aussi la Peregrinatio Sylviae, découverte il y a quelques années par M. Gamurrini.)

Curieusefigure

de rimpératrice

Hélène.

Et comment elle inaugure

la mode des yoyages en Palestine.

PETITS ESSAIS NOTES ET NOTULES

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