‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 179 sur 198 · Voir Code» TheodosiaHUs,XU, i · texte numérisé non relu

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2. Le 8 juillet, séance du soir, l'Assemblée nationale adopte un décret, proposé par son comité ecclésiastique, et fixant le nouveau système sur le principe d*an évêché par département et d'une métropole par un certain nombre d'évêchéa. Ces circonscriptions reproduisent les limites des civUaies de Tanclenne Gaule, k quelques différences près.

3. Ce titre est donné au dignitaire qui présidait aux cérémonies de l'autel d& Lyon, comme représentant des ires firovinciae Galliae, Voir le marbre de Torigny, onzième ligne de la face latérale gauche, dans Desjardins, t. ni, p. 202. Sur les sacerdotes coronaii Orelli est à consulter, Titul. 2866.

4. Paulini Opéra, Epist, III. — Augtist. Opéra, Episi. XXIV, n* 3. — J7t#ronym. Opéra, t. IV, p. 188.

NOTES ET NOTULES 5oi

1 principe Si je m'arrêtais ici, laissant le lecteur sous l'impression du précédent électif paragraphe, où les caractères dépendants et officiels de PÉpiscopat dans sont mis en relief, on pourrait se demander comment il est possible àomination qu'un corps aussi strictement lié à l'administration et aux affaires ait pu !■ éTéqnes assumer parfois tant d'initiative et d'esprit d'opposition. La clef de ce Que NUction IV* siècle, phénomène se trouve dans les origines électives et représentatives explique

de la fonction épiscopale'. J'ai essayé de montrer que les évêques de toatuncâtidurâle Trêves avaient peut-être été les vrais électeurs de Maxime; mab, en ce l^Spucopat. cas, ils agirent au second degré.

I . Entrer dans la controverse sur le rôle joué par l'élection dans le Lu Mques recrutement du personnel sacerdotal n'est pas trop de mon goût. reprisentaRts élus Cependant, de même que je viens d'insister sur la nature initialement ^" peuple, administrative et économique de l'épiscope, jusqu'ici insuffisamment indiquée, afin de montrer que Martin ne comprit rien ou ne voulut rien comprendre à ce côté capital de sa mission, et pour cela mérita le dédain de ses contemporains ; de même je dois faire voir pour quels motifs les évêques ressemblèrent souvent plus à des chefs de parti ou à des représentants du peuple qu'à des directeurs spirituels comme nous les comprenons aujourd'hui'. J'ajoute que, en l'absence de cette étude, Nécessité l'extraordinaire élévation de Martin à l'épiscopat resterait difficilement ^<

intelligible, et il serait même impossible de comprendre l'espèce de *''" cmprendre ressemblance qu'on essaya un moment d'établir entre lui et Priscillien. pourapliquer L'un comme l'autre, ils avaient été élus par le seul suffrage populaire; /^ conduite ils étaient par 'suite tous les deux suspects de pseudo-épiscopie -^ un de Martin. nouveau délit alors en train de s'établir 3. — Ce n'est donc point une

1. I. Ad epiacopatum Turonicae eccleaiae petebatar. (Vita, IX, i.)

n. Unua e civibus, oxoria langore aimulato..., ut egrederetur obtinait.

ilbid.,i.) m. Incredibilis multitude... ad auffragia ferenda convenerat. (Ihid., 2.) lY. Martinum episcopatua eaae digniaaimum... indignum eaae epiacopatu.

(IHd., 3 et 7.) V. Clamorpopttli toUitur, par diveraa confonditur. (Ihid.y 6.)

2. n y a dea écrivaina que cea aaaimilationa acandaliaent ; maia je voudraia bien savoir quel nom on peut donner à Ambroiae raaaemblant le peuple de Milan dans la baailique pour paralyaer Faction adroiniatrative de Valentinien II, ou à Jean Bottche-d*Or prétendant annuler lea déciaiona de la cour impériale par le aoulèvement de la population conatantinopolitaine. C*eat de lui que Zozime a dit : c il était homme habile à manier la foule. » {Histor. V, 33.) Je ne veux pas croire qu'il ait poussé aea partiaana à brûler l'égliae conaacrée à THagia Sophia. lia la brûlèrent néanmoina, eapérant ainai le rappeler d'exil, comme ila y avaient réuad une première foia par l'émeute. Je répète ici que je ne me ' aéra qu'à la dernière extrémité des documents orientaux; ils euaaent pourtant été bien commodes pour ma thèae.

3. Cf. lea deux premiera tractaiua de Priaclllien, dana Schepas,

5oa PETITS ESSAIS

question oiseuse dans l'ensemble de notre recherche d'essayer de fixer à quelles conditions une élection épiscopale était pleinement valable, et dans quelle mesure l'intervention prépondérante du peuple pouvait la fortifier ou la vicier.

Retour Nous savons qu'aux débuts de l'Église la totalité de ses membres

sur le faisait partie du xXTjpo; ou élite : à ce moment, les fonctions d'ensei-

carûcière originel gnement et d'édification découlent de l'inspiration personnelle. Les lacome, ^q^^^^jj^ q^ prophètes n'ont pas à être choisis, leur vocation intérieure les pousse; s'ils s'en acquittent au contentement de la communauté, celle-ci les accepte. Il n'en est pas de même en ce qui concerne les fonctions d'ordre matériel : pour désigner le diacre qui tiendra la caisse commune, réglera les repas, fera les approvisionnements, distribuera les aumônes, chaque fidèle ou membre du xXvipoc a voix au chapitre. C'est ainsi que se justifie ce que j'ai dit de l'origine économique du ministère, de la diaxov(a selon le mot grec. Or, l'évèque est un diacre ou ministre épiscopant, comme dit l'épitre I de Pierre (5, i), c'est-à-dire surveillant les services et le juste emploi des ressources. Cette organisation repose en entier sur cinq ressorts qu'on ne peut bien apprécier qu'en leur donnant, comme je l'ai fait plus haut, leurs noms grecs, qui les expriment pour le présent et contiennent la totalité de leur développement à venir: Vlxxkr^oL ou réunion se compose du xX^poc, ou peuple des Choisis (parmi les infidèles) au sein desquels le presbytre jouit de l'influence attachée d'ordinaire à Tâge, aux anciens; le groupe a des besoins de diaconie^ c'est-à-dire d'administration; il élit donc des diacres; et les nécessités communes s'élargissant, il confie à des épiscopes le soin de la surintendance générale. Tableau 2. Cet état de choses commence à se modifier à la fiii de la période

de la vie cléricale apostolique. Un document contemporain cité plus haut, la Aidaxv) ^«i>v primitive *a«ooptA><i>v, montre d'une façon singulièrement vivante cette période de lf\?'^ transition. On y voit d'abord des prophètes itinérants qui portent '^^' partout la sainte parole. Ils sont prophètes parce < l'esprit les anime > avec plus d'intensité. Leur trait caractéristique, c'est de circuler. < Quant aux apôtres et aux prophètes, voici comment il faut agir suivant le précepte de l'Évangile : que tout apôtre venant vers vous soit reçu comme le Seigneur, s'il reste un jour, et, s'il est nécessaire, le lendemain; mais s'il reste toujours, c'est un faux prophète. » H y a ensuite les prophètes-docteurs, dont l'enseignement était, à ce qu'il semble, plus calme et plus posé. Puis, au-dessous, viennent les évêques et les diacres, lesquels n'ont, alors, rien de commun avec la prédication ni avec les fonctions religieuses. Ce sont les prophètes qui « rendent grâce», détail essentiel dans le culte du temps. Aussi sont -ils qualifiés gtands-prêtres. Pour eux, il ne saurait être question d'élection, d'autant plus qu'ils mènent une existence perpétuellement errante. En ce qui concerne les évêques et les diacres, placés à un rang très inférieur, ils sont indubitablement choisis par le cleros composant Vecclesia, dont ils

NOTES ET NOTULES 5a3

font partie ; et ce choix, purement utilitaire, est pratiqué en dehors de toute idée mystique : c Élisez-vous des évêques et des diacres dignes ViUction du Seigneur, doux et désintéressés ^ véridiques et éprouvés; eux aussiy ^'J fnontre ils vous rendent le service des prophètes et des docteurs; ne les mé- *" P^ntacHyiti. prisez donc pas, car ils sont vos dignitaires avec les prophètes et les docteurs.» (§ i3.)

Le premier des mots soulignés rappelle le aischrokerdes^ ou le turpis lucri gratia de Pierre et montre que la fonction épiscopale correspond aux intérêts matériels. La forme : eux aussi^ indique l'effort qui s'accomplit et qui rehaussera la situation des diacres et des évêques. Le prophédsme baisse, témoin les défiances qu'il commence à inspirer >. Le mot dignitaires^ bien que très éloigné du terme grandsprêtres^, marque fort clairement qu'un premier succès a été réaUsé en ce sens. Quant au principe de l'élection, tout ce texte le fait apparaître dans sa pleine simplicité et sans aucun mélange autre que l'approbation nécessairement accordée par Dieu à tout acte dont son omnipotence permet l'accomplissement 3.

3. Cependant la communauté s'élargit. Devenue plus nombreuse, les Naissance \ | services, plus compliqués, demandent plus de spécialité et d'aptitude, àe la distinction 1 1 Le cleros ou totalité des membres de Vecclesia commence à se dédou- ^^^ laïques | bler : ceux qui, par leurs fonctions permanentes, concourent plus ' ^^ "^ '^"*** immédiatement à la vie commune prennent peu à peu la physionomie d'une Élite dans l'Élite. Ils ont été choisis et triés dans l'ensemble du cleros; ils sont comme la crème de la crème, les clerici par excellence. Comme ils donnent tout leur temps et tous leurs soins aux intérêts de Vecclesia, ils sont, en quelque sorte, plus spécialement ecclesiastici qne la masse inassidue et inactive du peuple chrétien, cette masse, ou

1 . c Tout prophète qm ne fait pas ce qu*il dit est un faux prophète. > (§ 1 1 .)

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