‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 18 sur 198 · XXIV PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

XXIV PROLÉGOMÈNES

Caracalla. Cest ainsi qu'Elagabal, bizarre et répugnant représentant de ce que l'Orient religieux avait de plus ignoble, fut chargé de gouverner ï Or bis Romanus. Il s'appelait Marcus Aurelius Antoninus.

Ces faits ne représentent assurément pas la légitimité royale telle que nous la connaîtrons plus tard ; ils ne laissent pourtant aucun doute sur l'importance qu'il faut, dès lors, attribuer en politique à la notion d'hérédité; et pendant tout l'empire chrétien, il devint manifeste que révolution historique marchera en ce sens. La vérité, c'est que le iv* siècle reessaie et remet à neuf pour l'usage de l'Europe moderne deux grands procédés que les constitutions antiques avaient connus et partiellement employés, l'héréditaire et l'électif, en leur accordant tour à tour la prépondérance. En Grèce et à Rome, l'hérédité posa les premières assises; puis ce fut l'élection qui présida aux plus brillants progrès. Au contraire, après l'incorporation romaine, l'Europe, devenue une vaste unité, ne peut plus vivre sous le régime qui avait suffi à des républiques, dont la plus considérable n'avait jamais été qu'une municipalité, constamment grossissante il est vrai et bientôt démesurément élargie. On peut dire que les temps écoulés depuis la guerre civile sont un effort, inconscient peut-être mais continu, pour répudier l'élection, laquelle n'est plus qu'une source d'anarchie et une entrave au progrès. Aussi la dictature impériale, premier pas décisif accompli dans cette nouvelle voie, constitua-t-elle un immense soulagement. L'accueil qu'elle reçut partout, l'adhésion qui invariablement l'accompagna même dans ses heures les plus mau«

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