‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 19 sur 198 · PROLÉGOMÈNES XXV · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES XXV

vaises, ne laissent aucun doute sur son opportunité et, par suite, sur sa légitimité. Elle n'est pas la monarchie moderne; elle ne pouvait ni ne devait l'être : c'est une monocratie, d'où l'élément électif n'a certes pas disparu; — le sénat et, plus encore, l'armée considérée comme les citoyens romains sous les armes, Senatus Populusque KgmanuSy font de loin en loin œuvre électorale ; — mais elle fonctionne d'autant mieux que cet élément est plus tenu à l'écart. Son mode de formation vraiment normal et efficace, c'est la cooptation; quand le dictateur en titre, dignement pénétré des besoins publics et éclairé par son expérience personnelle, désigne lui-même son successeur. Les meilleurs gouvernants sont sortis de cette pratique supérieure; en tout cas, seule réellement apte à faire face aux nécessités de l'Empire. Mais il était inévitable que l'exercice du pouvoir d'un seul suggérât rhérédité. A vrai dire, elle entre en scène, plus ou moins directement, dès les premiers temps impériaux; et rien que son allure de débutante donne à deviner le rôle prépondérant que lui réserve l'avenir.

Dioclétien avait conçu sa tétrarchie comme un pouvoir absolu, sans contrepoids d'aucune sorte, entouré de l'éclat et de la terreur des monarchies orientales, mais toujours exercé temporairement. Ce grand esprit, pénétré des besoins du temps, n'admettait pas même que la dignité augustale pût durer toute une vie d'homme. Mais en temps révolutionnaire, et le IV® siècle en dépit de son calme comparatif mérite certainement cette épithète, que sont les lois et les institutions quand elles se mettent en

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