‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 181 sur 198 · c Per vim inâammatae plebls sacrattti sum. > (Ibid · texte numérisé non relu

c Per vim inâammatae plebls sacrattti sum. > (Ibid

5. c Subita vox fertur infantia in populo aonuiaae : Ambrosium episcopum/ > (Vita Ambrosii, 6.)

6. c Contra conauetudinem auam tormenta j usait. »(Ibid., 7.)

7. < Pttbiicas mulieres publiée ad ae ingredi fecit. > {Ibid., 7.)

Les élections

de Paulin

à Barcelone

et d* Ambroise

à Milan,

Prédominance de VinUryention

populaire dans tous ces faits.

Goo^^

5lO PBTITS ESSAIS

Âmbroise de céder. Il fut baptisé, puis ordonné lecteur, diacre, prêtre, enfin évêque, le tout en huit jours ^

Remarquez avec quelle précision ces deux faits éclatants tombent sous le coup 'de l'anathème dirigé par les conciles et par Sirice contre les laïques ambitieux qui aimaient à couronner leur carrière mondaine en acquérant les honneurs ecclésiastiques : qui posteaquatn pompa seculari excuUaverunt (cf. supra). Le méticuleux cardinal Baronius, que ces irrégularités provoquées par la plèbe interloquent, s^en tire en les traitant d'exceptions. Quand il s'agit d'hommes éminents, le crime est véniel, dit-il >. L'argument pourrait sembler valable, si Ambroise et Paulin avaient eu, à l'époque de leur élection, la notoriété qu'ils obtinrent plus tard. Mais, à ce moment, Paulin était simplement un patricien très riche, et Ambroise un fonctionnaire distingué. Au surplus, les cas d' Ambroise et de Paulin n'ont rien d'exceptionnel. Si, contre mes conventions, j'étendais cette recherche à l'Orient, on verrait que la Démagogie violation des règles était alors la vraie règle 3. C'est qu'en vérité ces tt corruption, faits résultent non de telle circonstance accidentelle, mais de la revivis* cence d'un système de vie publique tombé en désuétude, et qui renais- . sait au sein de l'Église, parce que, dans l'Église seule, la vie publique subsistait encore. Rien que chez Sulpice, je pourrais recueillir en grand nombre des formules attestant l'étonnante activité démocratique de cette curieuse époque. Il y est parlé sans cesse de la lutte des partis, des dissensions qui s'élèvent parmi eux, de l'importance de leurs chefs, du rôle capital joué par c la plèbe » dans les incidents quotidiens. Les mouvements de rue et les émeutes y sont présentées comme provoquant la solution des questions les plus graves. On peut même voir un pape {Chr, II, 39, 8, 7), l'évêque de Rome Libérius exilé d'abord, puis rappelé oh seditiones romanas. J'ai aussi dressé une liste des laïques introduits de force dans la cléricature et devenus prêtres ou évêques malgré

1 . c Baptizatas itaque fertur omnia ecclesiattica officii implease atque, oclavo die, episcopos ordinatus eat. » (Ibid., 9.)

2. < In tanto viro (il a'agit de Paulin de Noie) crimen veniale hoc, sicot in Ambrosio et aliis, qui non ad pretbyteratum tantum venim etiam ad epitcopatum ex lalcis catechumenis inviti provecti sunt. * {Annal, ad ann, 394, t. VI, p. 173.)

3. Grégoire de Nazianze, qui blâmait la tendance à restreindre le principe électoral et la qualifiait de détestable, rappelle que, < par le suffrage de tout le peuple, Athanase fut élevé sur 16 zihge de Marc.» (Orat. 3 1.) Voici en quels termes Zonaras, qui écrit à une époque où le système électif avait to^lement disparu, commente le premier des Canons attribués aux Apdtres : c Lorsqu'il appartenait à la multitude des villes d'élire le pontife, elle se réunissait, et il y avait un parti pour tel candidat et un parti pour tel autre. Or, afin que le suffrage du plus grand nombre prévalût, on votait à mains levées. » Sur ce point encore, si j'utilisais les faits orientaux, je pourrais entasser les documents caractéristiques. Jean Chrysostome déposa quarante occupants de sièges épiacopaux placés sous sa juridiction métropolitaine, parce qu'ils s'étaient fait élire & prix d'argent. Le plaisant, c'est qu'ils demandèrent d'être remboursés de lenn dépenses électorales.

NOTES ET NOTULES 5ll

eux ' . Après tout, ces procédés donnèrent au peuple chrétien des représentants que l'ordination n'eût certes pas fait surgir. Ces voix populaires, s'élevant au milieu d'une démocratie purement spirituelle, dotèrent d'un pouvoir, purement spirituel lui aussi, des hommes vraiment grands par le cœur, l'éloquence ou le génie. Le principe électif justifiait une fois de plus sa nature foncièrement révolutionnaire et sa juste prétention à être une sûre méthode pour consacrer le mérite.

Cependant ces choix tumultuaires ne tombaient pas toujours sur des VÈpiscopat Paulin et des Ambroise. Ce n'était pas sans raison que les conciles se p^ certains côtés défiaient des candidats mondains saisis, sur le tard, par le désir de '^^ ^'^> passer des vanités du siècle à la dignité épiscopale. De vieux bureau- ''*'^„J'"^/*^' crates, riches et madrés, se faisaient un jeu d'utiliser leurs clients et d'exciter une cohue vénale aux jours d'élection : cLdhibita sibi quorumdam manu et proximorum favore siipati^ dit l'évêque Sirice, dans une lettre fort courageuse, car elle semblait dirigée contre des personnages tels qu' Ambroise et Paulin. Son but était, en effet, en exigeant un long stage dans les grades inférieurs, de fermer les portes de la cléricature aux aspirants de cette catégorie. La forme dangereusement démagogique qu'affectaient leurs intrigues ne lui échappe pas^. Il proteste que le sacerdoce doit être gagné par de longues épreuves, non par une élection précipitée, c apostolico ordinefultus, non praecipiti voluntate ». (Ibid.) C'est souiller la chasteté de l'Église que de permettre au peuple de braver présomptueusement les règles traditionnelles, voluntatem populi sequentes, Dei judicium non ttmentes, » Mais ces protestations de l'énergique prélat romain, loin d'ébranler notre thèse, la confirment. On peut voir par les élections de Martin et de Priscillien, racontées ailleurs avec plus de détails, à quel point prédominaient dans l'usage les procédés condamnés par Sirice. Sulpice n'expose aucune doctrine, mais la totalité de son récit atteste la suprématie de l'élément populaire, agissant en contradiction avec les évêques. Priscillien, plus homme de parti et placé dans un milieu plus turbulent, formule la théorie élective en un axiome très net que j'ai déjà signalé et dont voici le texte exact : c Dedicationem sacerdotis in sacerdote, electionem in plèbe, » dit-il. (Cf. Tractctùus II, 40, 20, dans Schepss.)

6. Sur le terrain que je viens de parcourir, les faits connus permettent Nombre de conclure à l'existence certaine de faits non connus en nombre près- extravagant que illimité : surtout quand on songe au chiffre fabuleux des sièges ^^ Mques, épiscopaux. Il y a dans la lettre VI de Sirice un passage fort singulier

I. Pariium conflictus, 3g, 3. Partium secêssio, 41, S. Une lettre impériale ■ur un point de dogme est accueillie motu plehis; une autre repoossée, pôpnlus averaaius. C'est le peu maniable Valentinien qui, à propos de Libérius, recule devant les séditions de la populace romaine.

a. cExtiterant nonnulli qui, statuU majorum non timentes, castitatem Ecdesiae praesnmptione sua violarunt, voluntatem populi sequentes. » (Epist, X ad êpi' scopas Africtiê XIII, p. nhC),)

5l2 PETITS ESSAIS

à propos des moines vagabonds (vagi) dont il voudrait qu'on réprimât l'avidité et l'impudence. Il reproche à certains prélats de conférer à ces déclassés de l'Église les ordres sacrés, uniquement pour se dispenser de leur faire l'aumône. Ce trait, qui semble une boutade plaisante, jette un jour caractéristique sur la composition du corps épiscopal, considéré en bloc. J'ai relevé quelque part qu'un évêque d'Alexandrie avait ordonné, pour sa seule province, cinquante-six épis- Us iviques copes en quatre ans '.Pour l'Afrique, les détails fournis par les divers d'Afrique conciles de Carthage et la correspondance d'Augustin donnent un ^^Jp ^^"" résultat analogue a. En étudiant la situation de l'Église d'Espagne, au ip^gfu, moment où éclata l'affaire de Priscillien, on voit que des bourgs sans la moindre importance sont pourvus d'un évêque 3. Le nombre des évêchés Eforu redoublés atteignait ainsi des proportions extravagantes. Le concile de Sardique pour (347) avait essayé d'élever des barrières contre ce débordement qui

arrêter ces abus, menaçait l'Italie (la Gaule semble avoir été plus modérée); mais la restriction imaginée témoigne à quel point le mal était grand. Les villes où un seul prêtre peut suffire au service ne devront pas avoir d'évêque, dit le quatrième canon; d'où il résulte que toute viUe exigeant la présence de deux presbytres pouvait se donner un épiscope. Un tel état de choses devait étrangement favoriser les basses ambitions, les mauvaises pratiques, les corruptions de tout genre. J'ai dit que l'épiscopat était une élite : ces détails nous le feraient voir comme une tourbe, formée en grande partie d'hommes qu'animait la convoitise des privilèges du cléricat, presque exclusivement concentrés aux mains de l'évêque.

La c<H>plation, Seulement, il va de soi que cette foule de petits épiscopes, touchant de très près aux électeurs et vivant de leur vie quotidienne, exprimait aussi, avec une exactitude parfois terrible, leurs opinions et leurs passions. C'est une nuance en plus à ajouter à cette couleur démocratique» dont l'activité reb'gieuse était alors si fortement imprégnée. Je vais la mettre en relief par une dernière citation qui concerne non plus des faits irréguliers, surgis inopinément^ mais des actes intervenus dans l'exer- Comnunt cice calme et normal de la procédure électorale. En l'année 41 5, Augustin fit élire Augustin voulut se donner un coadjuteur. Ses occupations le déborson successeur daig^t mais surtout, il croyait prévoir sa mort prochaine, et il redoutait ^d'HioMne^ les troubles, accompagnement obligé de toute élection épiscopale^.

d'Hippone,

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