‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 20 sur 198 · XXVI PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

XXVI PROLÉGOMÈNES

travers des mœurs? La toute-puissante volonté du constituant de Nicomédie n'y pouvait rien. La légitimité continua sa marche. Il n'est pas douteux qu'au nombre des causes qui amenèrent le succès de Constantin et assurèrent la transmission du pouvoir dans sa famille, on doive compter la parenté de Constance Chlore avec Marcus Aurelius Flavius, dit le Gothique. Que ce terrible Pannonien/qui cassait toutes les dents d'une mule d'un seul coup de poing* et écrivait au sénat des lettres où il affirme avoir tué trois cent vingt mille Goths en une journée, ait eu le moindre droit de se réclamer des Flavii de l'an 70, la question ne se pose même pas. Dans un récit dont la vivacité et le pittoresque tranchent sur les contes d'almanach de VHistoire Auguste, Trebellius PoUion insinue négligemment que Claude, selon quelques-uns, descendait de Dardanus, roi des Troyens d'ilion^. Mais comme ce qui importe au biographe, c'est d'établir que Constance Chlore, à qui son livre est dédié, sort d'une famille vraiment auguste, une souche d'empereurs, il insiste plus spécialement sur le praenomen de Flavius. Pollion était trop Romain pour ne point savoir que toutes les fables royales ne pesaient guère auprès d'un fait, fortuit ou non, rattachant ou ayant l'air de rattacher la famille de Constance à une gens, authentique bien que plébéienne, et qui avait fourni de très populaires empereurs. Nous voyons ici fonctionner à l'œil nu cet actif facteur des généalogies illustres, « la nuit des temps ». La seconde dynastie

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