VIII PROLÉGOMÈNES
rétendue et de la complexité des questions que j'ai dû aborder et des matériaux qu'il m'a fallu utiliser. Je crois pourtant n'avoir jamais oublié ma modeste situation de commentateur, gardant fidèlement cette règle de ne soulever aucun débat en dehors de ce qui me paraîtrait indispensable pour faire connaître le biographe de Martin de Tours et pour placer sous leur vraie lumière les actes de son héros. Peut-être jugera-t-on que les notes et. les petits essais consacrés à ce second livre de la Chronique dépassent le nécessaire. En tout cas, le compte que j'avais ouvert me semble dressé et réglé définitivement. Je sais, à un scrupule près, dans la mesure des documents disponibles, ce que pensait, ce que sentait, ce que savait, ce que valait Fhomme qui nous a fourni nos plus sûres informations sur Tévangélisation de la Gaule (cf. infra, p. 422 sqq.); et qui aussi, chose plus précieuse, a donné le premier une représentation esthétique à la sainteté catholiquement conçue. Un tel résultat aurait déjà de quoi me contenter. Mais il y en a d'autres.
' En étudiant avec pertinacité un opuscule tenu jusqu'ici pour insignifiant, j'ai acquis la certitude qu'il signifiait quelque chose; même qu'il signifiait beaucoup de choses, ne fût-ce que par l'heure exceptionnellement solennelle qui le vit naître. Avec ma manière de concevoir l'utilité morale et sociale de l'histoire, je pourrais être plus satisfait de ce second résultat que de la rédaction de quelque brillant volume sur les chefs-d'œuvre des grands siècles littéraires. On verra clairement désormais, du moins