XXXII PROLÉGOMÈNES
dates s'y opposent; le sens commun plus encore. Le fils du supplicié de Syô aurait -il accepté en 879, sans un mot de réhabilitation ou de regret, de devenir le collègue de celui qui, trois ans plus tôt, avait livré son père à l'exécuteur? Cela est parfaitement absurde'. En dehors de ce fait, s'il y eut du sang répandu, nul n'en rendit Gratien responsable. D'ailleurs, les favoris du défunt monarque furent seuls atteints; et comme Valentinien, très peu prodigue de sa sympathie, ne l'accordait qu'à des agents aussi impitoyables que lui, leur suppression fut fort bien accueillie. On peut y voir une des raisons qui faisaient dire que « le palais » avait cessé d'être terrible et était devenu aimable 2. Presque au même moment furent prises plusieurs mesures déplorablement u cléricales » qui, elles aussi, ne soulevèrent aucune réclamation, précisément parce qu'elles déviaient de la ligne de ferme tolérance et de rigide égalité suivie par Valentinien à l'égard des diflférents cultes. Constantin, dans la première ardeur de l'évolution à laquelle il présida, avait accordé au clergé chrétien des immunités dangereuses pour les finances et pour les services publics. Il s'en aperçut et essaya de les atténuer. Son fils Constance, au contraire, les amplifia, Julien les ayant supprimées, Jovien, qui ne pouvait guère ne pas les rétablir, s'y prit avec beaucoup de mesure, et Valentinien se mon-
1 . Cette décision doit appartenir à Valentinien, qui fut frappé d*apoplezie le 1 7 novembre à Sirmium, pour avoir appris que certains hauts fonctionnaires, notamment le célèbre Probus, parent et protecteur d'Âmbroise, honorés de sa confiance, étaient de grands voleurs : immensum excanduii, dit Ammien Marcellin, XXX, 5.
2. c ... PalatiutH, quod tu, quum ierribilû acceperis, amabilâ praestitisH. » (Auson., Grat, Actio,)
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