‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 37 sur 198 · PROLÉGOMÈNES XLVII · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES XLVII

soldats de Bretagne avaient élevé à la pourpre un certain Magnus Maxîmus dont on ne disait pas même le rang dans Tarmée ' .

Cette rumeur, d'abord sourde et indistincte, démens y dit Sulpice, devenait bientôt une certitude. Avant même que l'hiver eût pris fin, Maxime débarquait aux embouchures du Rhin ^ à la tête d'une armée où la jeunesse bretonne occupait, a-t-on dit plus tard, une place considérable. J'écarte ce dernier détail, qui s'appuie uniquement sur le Liber Querulus rédigé cent ans plus tard par un moine de race celtique^. J'inclinerais cependant à en croire Gildas, c'était son nom, quand il dit que le « tyran » entraîna avec lui toutes les troupes régulières sans laisser dans l'île un seul « soldat

1. 2So8Îme attribue Tinitiative aux soldats, (TTpaTiûtati sans plus de précision, c McMimum impêratorem (Bao'ùéai) adpellant, tradita illi cum diademate purpura. > (IV.) — Théodoret, Hisi. Eccles,, V, la, dit : c quidam Maximus. »

2. Ad osiia Reni adpuUrtmi, (Zosime, p. 760.) Il y avait, en eifet, près des boaches du fleuve un port d'embarquement où séjournait une classis germanica. Cf. Desjardins interprétant une inscription d'Oreilli, t. III, p. 405. Sur le démens sainstien, transmuté en prénom par une bévue de l'édition priuceps de la Chronique, que tous les historiens anciens et récents, — y compris Richter, Das Westromische Reich, i865, et Duruy, Histoire des Romains^ t. VII, — ont fidèlement reproduite, consulter ma note sous-pag^inale infra, p. i lo-i i .

3. Gildae Sapientis, De Excidio Britanniae, liber querulus, Gambrldg^e, tyby. Je crois voir un fond de vague réalité traditionnelle dans cette bizarre élucubration qui fait partir du soulèvement de I^gnus Maûmus la fin de la domination romaine en Grande -Bretag^ne. La formule : Britannia, omni armato milite spoliaia, en constatant le départ des troupes régulières, lesquelles ne purent que difficilement être remplacées, marque ainsi la déromanisation de l'île, bien que ce fait ns as soit produit que soixante * quinze ans pliu tard après l'invasion des Saxons d'Heoglst.

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