‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 38 sur 198 · XLVIII PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

XLVIII PROLÉGOMÈNES

armé » . Or, ce point une fois admis, il devient possible de prendre une idée approximativement exacte des forces dont Maxime disposait. Si, en eflfet, il se fit suivre de la totalité du personnel militaire romain de Tîle, nous n'avons plus qu'à rechercher de quels éléments ce personnel était composé ; et l'annuaire militaire et civil cité tout à l'heure {Notitia dignitatum et administrationum) nous renseignera à cet égard avec une réelle précision. Rédigé vers 38o, ce très prodigieux monument de stabilité et de régularité administrative est peut-être, plus que le Code Théodosien, un des traits saillants de la physionomie du iv* siècle. Nous allons en faire un ample usage, non sans avoir d'abord imploré l'indulgence pour tant de détails arides qui vont suivre. Leur excuse, c'est qu'ils introduiront pour la première fois l'exactitude et la règle en des événements où jusqu'ici la fiction avait régné en maîtresse. Sur l'épisode parfaitement réel de Maxime, ont été effectivement greflfées les fameuses aventures de Conan Meriadeck, fondateur de la maison royale de Bretagne, et celles des onze mille vierges de Cologne. Dans des livres qui, chez nous, se réimpriment tous les ans, vous pouvez apprendre que ce Conan, prétendu lieutenant de Maxime, peupla notre Armorique avec ses compagnons en 383; et des écrivains récents tels que Henri Martin, même Michelet, ont pris ce fatras pour de l'histoire'.

I . Pour détails complémentaires sur Gildas, les onze mille vierges, la fondation du régime féodal par Maxime, la dignité, soit royale, soit ducale, de Conan Meriadeck (Michelet préfère Murdogh comme de couleur plus celtique), lequel Conan fut c l'héroïque tige d'une des plus grandes reines de France > ; — et aussi sur l'étrange façon dont nos livres classiques, nos manuels, nos dictionnaires,

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