‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 4 sur 198 · X PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

X PROLÉGOMÈNES

quences. En revanche, j'ajoute une portée considérable à Toeuvre accomplie par lui comme historien particulier; je veux dire comme biographe du premier saint et premier héraut de la sainteté. La sainteté, c'est l'aspiration constamment grandissante de l'espèce humaine vers un idéal assuré de se réaliser, non dans un monde ultérieur plus que problématique, mais sur cette notre planète, berceau et tombe de nos destinées. Le saint, c'est la preuve visible, même tangible, de l'élan ininterrompu vers la perfection qui constitue notre très noble, très précieux et très exclusif attribut. Quand donc on parle d'elle et de lui, c'est comme si on s'occupait de la religion du « demain » le plus proche, retrouvée dans les croyances de « l'hier » le plus lointain, le culte préhistorique des ancêtres ayant eu, lui aussi, cette double signification. Or, nul autant que Martin de Tours n'a rendu le fait que je signale ici pleinement concret et observable en le personnifiant sous ses deux aspects. C'est pourquoi mon souci majeur serait de placer en son vrai relief cette grande figure, telle que m'ont appris à la connaître les opuscules de Sulpice Sévère persévéramment étudiés et médités.

Il est vrai que Ton conteste à Martin d'être une grande figure : je lui aurais prêté des proportions imaginaires. Ce n'est pas mon défaut, je crois, de me trop préoccuper des mots ; je m'attache aux faits. Bien décrits, classés et pesés, ils peuvent établir que ce n'est pas moi qui ai grossi les choses : ce sont mes contradicteurs, qui semblent myopes, une myopie d'ailleurs très répandue au regard des questions de

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