LIV PROLÉGOMÈNES
faisait régler par ses ministres les affaires d'Italie aussi bien que celles de Gaule et d'Espagne. Au moment où nous sommes, mieux eût valu pour le jeune empereur se trouver à Trêves qu'à Milan.
Maxime ne marcha pourtant pas sur la capitale, ainsi que cela semblait indiqué. Le lecteur a bien compris que les détails qui viennent d'être exposés font déjà assez clairement apparaître un complot tramé de longue main. C'est pourquoi je les ai relevés avec tant de minutie. On en saisira bientôt toute la portée. Seulement, comme les affiliés étaient moins nombreux et moins sûrs à Trêves ou dans les campements de la Germanie première (Mayence, Worms, Strasbourg), l'envahisseur jugea sage de laisser ces postes derrière lui. L'itinéraire qu'il suivit nous reste d'ailleurs inconnu. Nous le retrouvons devant Paris, où Gratien avait concentré ses troupes. On ne voit pas que, pour parvenir au cœur de la Gaule, Maxime ait eu à livrer aucun combat. A Paris, la lutte, si un tel mot est ici applicable, conserva le même caractère. La partie de, l'armée restée, en réalité ou en apparence, fidèle à Gratien, était « non petite», ditZosime*, ce qui, dans les habitudes de l'écrivain, implique une majorité. Néanmoins, aucun fait de guerre ne se produisit. Tout au plus y eut- il quelques escarmouches. En revanche, si les soldats vivaient inactifs, les intrigants travaillaient. Des négociations clandestines furent entamées. Des défections nombreuses suivirent. Jour à jour, l'armée augustale s'effritait, se débandait par
I . « Quod non escigua pars exercUu^ (|ispoc pv p.ixp6v) ab ipso 9t0rêt, » (llb. IV).