PROLÉGOMÈNES LV
petites masses. Détail intéressant au point de vue du prétendu antigermanisme, les cavaliers numides furent les premiers * à s'unir aux révoltés. Si Gratien avait encore été l'homme qu'Ammien Marcellin nous décrit animant et enlevant les soldats à Colmar, il eût trouvé quelque chose à faire au lieu de se laisser manger lambeau par lambeau. Mais le représentant de la légitimité naissante n'était plus que Tombre de luimême, usé, fatigué, détendu à vingt -quatre ans. Le cinquième jour, sentant le terrain se dérober et la trahison Fenvelopper*, il monta à cheval et, suivi de trois cents cavaliers restés fidèles, ses Âlains sans doute, il s'enfuit courant vers le sud.
L'homme de main de Maxime, Andragathius, qui joua dans toutes ces affaires un rôle résolu et sans scrupules, se mit aussitôt en chasse 3. Il y avait un intérêt majeur à empêcher le fugitif de gagner l'Italie, où il retrouverait une cour, une armée, un personnel impérial. Andragathius avait le genre d'intelligence nécessaire pour comprendre les difficultés de cet ordre et y faire face coûte que coûte. La finale latine de son nom ne doit pas nous tromper, il était né sur les bords méridionaux de l'Euxin. Il poursuivit sa proie avec une ardeur extrême et la rejoignit aux approches de Lyon. Il existe deux manières de raconter cette lugubre histoire. L'une, d'un réalisme romanesque, qui l'aurait fait préférer par Michelet. Gratien était
I. c Primo, MauroB équités.,. Maximum Augueium conclamcisse, > (Ibid.) a. Zocime. Ru&n dit auui : c suorum magis proditione quam vi hasHum p^emptus» (Hiêt. Ecoles,, II, i3).
3. c Dux MctHimi » (Socrate *et Sosomène). c Magisier equitum » (Zosime).