LVI PROLÉGOMÈNES
chaste ; il ne connut jamais que sa femme légitime, dit Ambroise; et Ausone, garant il est vrai moins solide en pareille matière, s'exprime de la même façon». En général, les seconds et les troisièmes Flaviens pratiquèrent la chasteté matrimoniale. Les insinuations de Zosime, en sens contraire, n'ont aucune valeur. Valentinien P', bien que fort ardent, ne connut, lui aussi, que sa femme Severa. Seulement, très débridée de langue et encore plus avaricieuse, Severa commit deux grosses fautes. Elle vanta, en de longues descriptions, les beautés secrètes de Justine, veuve charmante, avec qui elle prenait souvent le bain, allumant ainsi une flamme intérieure des plus dangereuses. Néanmoins, Valentinien était homme à résister aux tentations de cette espèce : il savait se vaincre. Mais Severa lui fournit le moyen de céder à la passion sans cesser d'être vertueux. Elle convoitait une maison, située dans le voisinage du Palais, à Milan, et, par intimidation et menace, elle contraignit le propriétaire à la lui vendre pour un prix dérisoire. Les abus de ce genre mettaient Valentinien hors des gonds; le sentiment exalté qu'il se faisait de son rôle de justicier les lui rendait odieux. Il les punissait avec une furie qui s'accroissait avec le rang du coupable; et Dieu sait si les sénateurs et autres clarissimes avaient besoin de ce frein. Severa put se juger heureuse d'être simplement chassée du palais et
I. c II n'y a pas de prêtre plus frugal, aucun vieillard ne boit moins de vin; l'autel de Vesta n'est pas plus pur que le lieu où tu dors ; > non saKciior ara Ve^alis, non pouiificis cubile castius, nec Pulvinar flaminis tam pudicutn. (Ausone, Gratiarum Aciio.) '